✦ Qui se cache derrière le Carnaval ?

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Caroline Soreau devant le chevalement d'Arenberg

Caroline Soreau
au site minier d'Arenberg

Caroline Soreau

Doctorante en SIC · Artiste · Capitaine du Studinano

Petite-fille de tisseuses d'Haspres, née un 1er mai dans le Nord, première de sa famille à faire un doctorat. Chercheuse en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université CY Cergy Paris Université, artiste steampunk, raconteuse d'histoires.

Le Carnaval des Spectres est à la fois son terrain de recherche, son atelier de création et, d'une certaine façon, une lettre d'amour à sa région et à ceux qui l'ont façonnée.

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✦ D'où vient tout ça ?

À l'origine de cette thèse — et du Carnaval des Spectres — il y a la volonté de raconter des histoires. Des histoires vraies mais aussi des fictions, en lien avec l'Histoire, la grande, avec un grand « H », et d'autres plus secrètes, moins célèbres.

Une poignée de mois avant la naissance de Caroline, le 20 décembre 1990, la dernière berline de charbon remontait de la fosse n°9-9 bis d'Oignies, marquant la fin de l'exploitation minière dans le Nord-Pas-de-Calais. En grandissant, elle a vu des plaies encore ouvertes, des regards perdus dans le labyrinthe de l'incertitude, et des sourires se remémorant des temps plus prospères. Elle a écouté. Elle a amassé des pièces de puzzle sans s'en rendre compte.

Son grand-père paternel était ouvrier. Il lui a appris à dessiner, à aimer la lecture et l'écriture, la musique et l'art. Sa grand-mère avait travaillé dans une usine de textile — et en avait gardé la marque : l'une de ses phalanges lui manquait, emportée par une machine à coudre. Sa mère, Roselyne, est décédée en 2016. C'est en passant devant l'usine où elle avait travaillé toute sa vie que l'idée de cette recherche a vraiment pris forme.

« Sa maman serait sa "rose ligne" et non son "fil rouge", elle qui s'appelait Roselyne. »

En reconstituant son arbre généalogique, elle a découvert que nombre de ses ancêtres étaient tisseuses et tisserands. Le fil, la couture, le tissu — tout cela semblait faire partie de son ADN. Tout comme, peu à peu, le pixel art : la patience de composer image après image, point par point, comme ses ancêtres composaient tissu après tissu.

⚙ Le Bassin Minier, le Steampunk, et pourquoi les deux ensemble

Le Steampunk est un mouvement rétrofuturiste né dans les années 1980. Il propose de réécrire l'Histoire à partir de la vapeur et de la mécanique, d'explorer ce qui aurait pu être, de mélanger Jules Verne et les héros de la pop culture, la grande Histoire et celle des gens ordinaires. Si l'Histoire est écrite par les vainqueurs, dans le Steampunk, elle est inventée par les rêveurs.

Caroline a commencé à s'y intéresser pendant son master en arts plastiques. Et elle a réalisé quelque chose d'évident : on parlait des corons anglais comme source d'inspiration steampunk, mais personne ne semblait regarder les corons du Nord. Les terrils, les chevalements, les lampisteries, les fanfares des fosses — tout ce patrimoine était là, à portée de main, encore trop souvent méconnu ou méprisé, pourtant en partie classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le Steampunk offre une façon originale et créative de s'intéresser à l'Histoire, d'en démêler le vrai du faux, de la réinventer, de lui donner de nouvelles voix. C'est un mouvement de la « récup' », de la transformation, du regard de côté. Et c'est exactement ce dont le patrimoine minier du Nord-Pas-de-Calais avait besoin.

🎭 Le Carnaval des Spectres, c'est quoi exactement ?

Le Carnaval des Spectres est un dispositif transmédia immersif : à la fois site web interactif, fiction en ligne, expérience de médiation patrimoniale et outil de recherche scientifique.

Il mêle conte et visites contées, illustrations, objets numériques, mécanique de jeu de rôle et narration collective. Les visiteurs y incarnent des spectres qui explorent l'Entre-Mondes — un espace fictif ancré dans l'histoire réelle du Bassin Minier. Ils y découvrent des lieux, des personnages, des fragments de mémoire.

Derrière l'expérience immersive, il y a une thèse de doctorat en Sciences de l'Information et de la Communication. Le Carnaval des Spectres est aussi un terrain d'étude : les données de navigation sont analysées de façon totalement anonymisée, sans aucun moyen de relier un comportement à une personne réelle, pour comprendre comment les visiteurs s'approprient les récits patrimoniaux et s'y engagent.

« Réimaginer la mémoire au prisme du présent, non pour la figer, encore moins pour la réécrire, mais pour mieux inventer l'avenir plutôt que regretter hier. Et ainsi, devenir pleinement les ancêtres de demain. »

🐞 Et Lady Bug, dans tout ça ?

Lady Bug est un personnage steampunk créé et interprété par Caroline Soreau. Capitaine du Studinano, passeuse d'histoires, guide de l'Entre-Mondes — elle est à la fois la voix narrative du Carnaval des Spectres et le fil conducteur de toute la recherche-création.

Elle est aussi la narratrice de la Gazette du Carnaval des Spectres, la newsletter mensuelle du projet, où elle raconte à la première personne les nouvelles de l'Entre-Mondes — y compris, depuis peu, l'étrange affaire du numéro 4471 et les mystères qu'il traîne dans son sillage.

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