La Chanson du Carnaval des Spectres
Quelque part dans la brume, une voix s’élève.
C’est Lady Bug qui chante, juchée sur le dos d’Equinos, lors du grand défilé. Sa chanson porte les mémoires du Bassin Minier — les fosses, les corons, les âmes qui n’ont jamais vraiment quitté la poussière.
Fermez les yeux. Écoutez.
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C’était un matin sans soleil,
Le coron pleurait sans bruit.
Le père est descendu pareil,
Dans l’fosse qu’on appelait la nuit.
La mère a noué son béguin,
Les galibots jouaient pas bien loin…
Et dans l’briquet un peu d’chicon,
Du pain noir et du charbon.
Le coron pleurait sans bruit.
Le père est descendu pareil,
Dans l’fosse qu’on appelait la nuit.
La mère a noué son béguin,
Les galibots jouaient pas bien loin…
Et dans l’briquet un peu d’chicon,
Du pain noir et du charbon.
· · ·
C’est l’Carnaval des Spectres,
Là où l’grisou chante encore.
On y retrouve ceux qu’on respecte,
Et les mémoires qu’on adore.
Suis la lueur dans la veine,
Là où la poussière t’emmène.
Là où l’grisou chante encore.
On y retrouve ceux qu’on respecte,
Et les mémoires qu’on adore.
Suis la lueur dans la veine,
Là où la poussière t’emmène.
· · ·
Dans l’halette un vent de suie,
Les cafus trient sans relâche.
Eul’ mineur veille sans un bruit,
Sous son casque en forme d’attache.
Une taïette au fond d’la main,
Un clin d’œil lancé au loin,
Et Lady Bug sur l’accordéon,
Joue l’air d’eune vieille quinchon.
Les cafus trient sans relâche.
Eul’ mineur veille sans un bruit,
Sous son casque en forme d’attache.
Une taïette au fond d’la main,
Un clin d’œil lancé au loin,
Et Lady Bug sur l’accordéon,
Joue l’air d’eune vieille quinchon.
· · ·
C’est l’Carnaval des Spectres,
Où l’on danse avec les absents, entre les fumerolles.
Dans l’ombre, les lampes se respectent,
Et brillent comme des lucioles.
Monte dans la berline usée,
La mémoire va défiler.
Où l’on danse avec les absents, entre les fumerolles.
Dans l’ombre, les lampes se respectent,
Et brillent comme des lucioles.
Monte dans la berline usée,
La mémoire va défiler.
· · ·
On dit qu’la rouille a tout mangé,
Mais j’crois qu’les flammes l’ont embobiné.
Le Nord est noir, mais il est fier,
Il a des feux dans la poussière.
Mais j’crois qu’les flammes l’ont embobiné.
Le Nord est noir, mais il est fier,
Il a des feux dans la poussière.
· · ·
C’est l’Carnaval des Spectres,
Pas besoin d’carillon.
Y’a qu’à s’laisser porter par l’reste,
Et l’chant d’la dernière lampion.
Pas besoin d’carillon.
Y’a qu’à s’laisser porter par l’reste,
Et l’chant d’la dernière lampion.