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[Work in Progress] Dessin : La Fée Électricité

Informations

Titre : La Fée Électricité
Médium : Peinture acrylique sur papier Canson
Dimensions : 21 x 29,7 cm
Date : 2015


Ce dessin montre à quel point mes idées peuvent évoluer radicalement au cours de leur réalisation ! Du premier croquis à la réalisation finale, ce dessin a beaucoup changé. Il ne ressemble plus vraiment à ce qu’il était au tout départ : ce qui n’était qu’une idée lointaine s’est concrétisée au fur et à mesure du travail que j’ai réalisé. Et ça n’est pas pour me déplaire car je suis assez satisfaite du résultat que finalement j’ai obtenu (pour une fois).

Initialement, ma Fée Électricité avait un visage. Et elle n’avait d’ailleurs rien d’une “Fée Électricité” ! Mon but premier était de lui faire porter une sorte de scaphandre (elle devait, en tout cas, avoir la tête dans une sorte de bulle ou de bocal). Je visais donc plutôt un thème aquatique.
Thème que je n’ai d’ailleurs pas complètement abandonné : ma Fée semble avoir un poisson comme animal de compagnie et sa robe lui donne l’air de flotter. Et ce sont bien des bulles qui gravitent autour de ses étranges ailes.

Toutefois, avec sa tête d’ampoule, je ne me voyais pas la surnommer autrement ! Et je trouve, au final, que cela ne fait qu’accentuer son étrangeté.

Au final, j’ai choisi de la laisser sans visage. J’aurais effectivement pu réaliser ce qui était prévu au départ (c’est-à-dire, représenter ses cheveux semblant flotter autour de son visage, dissimulés en partie ou complètement sous cette masse informe). Mais une fois parvenue à ce point, j’ai décidé de m’arrêter là car le résultat me paraissait plus intéressant, plus mystérieux, plus surréaliste. Et puis, avec la multiplication des bulles autour de son casque, qui a la même forme, elle m’a donné l’air d’être une hydre : pas vraiment humaine, donc, et un peu monstrueuse dans son genre. Je l’ai donc laissée ainsi.


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Les Fontaines Wallace : ces illustres inconnues de Paris

J’ai deux amouuuurs, mon pays et Pariiis ! (oui, j’ai une culture de vieille bique alors que je n’ai que 24 ans, mais j’assume)
Pour les mous du ciboulot et les cerveaux lents, oui, je vous emmène une nouvelle fois au cœur de la Capitale, à la découverte d’œuvres d’art public urbain : les Fontaines Wallace ! Nous quittons le street art d’un de mes précédents articles et plongeons dans le passé de la Capitale française. Direction le XIXe siècle, mais pas tout à fait celui de l’Eléphant de la Bastille dont je vous avais également parlé. Nous quittons Napoléon Ier pour son neveu, Napoléon III et débarquons donc en pleine seconde moitié du XIXe siècle.

Go, go, go !


Sommaire de l’article

Les Fontaines Fantômes
Des Fontaines pour tous
Reconnaître les Fontaines Wallace
Les Fontaines Wallace aujourd’hui
Paris n’en a pas fini avec ses fontaines !


Les Fontaines Fantômes

Edicule Guimard de la sortie du métro Abbesses, Place des Abbesses, Paris
Edicule Guimard de la sortie du métro Abbesses, Place des Abbesses, Paris
Jean-Beraud-rue-parisienne-colonne-morris-1885
Jean Béraud, Vue d’une rue parisienne, 1885.
La tour qu’on peut y voir est une Colonne Morris.

Je suis à peu certaine que vous connaissez tous les Colonnes Morris et vous avez sûrement en tête les Édicules Guimard. Au moins voyez-vous à quoi ressemble ce mobilier urbain en fonte si caractéristique de la vie parisienne. Mais les Fontaines Wallaces sont beaucoup moins célèbres. Allez savoir pourquoi !

Sur le site Un jour de plus à Paris, j’ai lu que vous pouviez passer un jour entier à interroger, au hasard, des parisiens dans la rue et que la majorité d’entre eux vous répondrait qu’ils ne connaissaient pas les Fontaines Wallace. C’est assez fou !
Bon, après, je ne suis pas à Paris actuellement et si j’y étais j’aurais mieux à faire que d’interroger des parisiens pour savoir s’ils connaissent ou non ces fontaines, donc je ne peux pas vous dire si cela est vrai  de vrai ou pas… Ceci dit, mon parisien d’amoureux ne connaissait pas ces Fontaines. Disons que c’est un “bon” début (enfin, façon de parler).

Comme c’est le cas pour beaucoup d’autres oeuvres d’art public urbain (comprenez des œuvres qui se trouvent dans nos rues), peut-être passe-t-on simplement à côté des Fontaines Wallaces sans y prêter attention. Rien d’étonnant à cela : il y a déjà tellement d’autres choses à voir à Paris ! Et puis, me direz-vous, ce ne sont que des Fontaines. Rien de bien folichon. C’est pourtant dommage parce que ces “simples” fontaines ont une histoire bien singulière.

Des Fontaines pour tous

Photographie de Sir Richard Wallace, créateur des Fontaines qui portent aujourd'hui son nom.
Photographie de Sir Richard Wallace

C’est le philanthrope anglais Richard Wallace qui finança leur édification au XIXe siècle. Paris avait alors connu des moments difficiles : un siège mené par l’armée prussienne (1870-1871) ainsi que le tristement célèbre épisode de la Commune (1871). Des aqueducs avaient été détruits et le prix de l’eau avait flambé. Aussi, Richard Wallace décida-t-il d’offrir aux parisiens la possibilité de se fournir gratuitement en eau potable. Les fontaines qu’il souhaita voir construites devaient aider en particulier les plus démunis, tout en étant finalement en libre accès pour tous.

Sir Richard Wallace souhaita également que ces fontaines soient conçues comme des œuvres d’art de sorte à égayer les rues mais aussi et surtout à mettre à la portée de tous  la culture artistique encore largement réservée à une élite. Ses contemporains s’accordent d’ailleurs sur la beauté de ces fontaines, parfaitement dans le goût de l’époque.
Il faut dire que Richard Wallace n’en est pas à son coup d’essai dans le domaine. En effet, à la même époque, il ouvre aussi les portes de sa collection d’art et permet ainsi à tous les Londoniens, quel que soit leur statut social, de venir admirer les œuvres des grands artistes.

Reconnaître les Fontaines Wallace

  • Grand modèle (2,71 m pour 610 kg) : composé de quatre cariatides se tournant le dos et soutenant à bout de bras un dôme orné d’une pointe et décoré de dauphins.

    Fontaine Wallace de la Place de la Commune, Paris.
    Fontaine Wallace de la Place de la Commune, Paris.
  • Modèle à colonnettes (2,50 m pour un peu plus de 500 kg) : les cariatides sont ici remplacées par des colonnettes ce qui réduit le coût de fabrication.

    Fontaine Wallace de la rue Rémusat, 16ème arrondissement, Paris.
    Fontaine Wallace de la rue Rémusat, 16ème arrondissement, Paris.
  • Modèle en applique (1,96 m pour 300 kg) : Il n’en reste qu’un seul exemplaire aujourd’hui, rue de Geoffroy-Saint-Hilaire.

    Fontaine Wallace en applique, Paris.
    Fontaine Wallace en applique, Paris.
  • Petit modèle (1,32 m pour 130 kg) : Ces fontaines sont des bornes à bouton-poussoir. On les trouve essentiellement dans les squares et les jardins publics.

    Fontaine Wallace petit modèle, Paris.
    Fontaine Wallace petit modèle, Paris.

Les Fontaines Wallace aujourd’hui

De nos jours, les Fontaines Wallace ont non seulement pris des couleurs (certaines sont désormais rouge, rose, bleu, jaune…) mais elles ont aussi su s’exporter. Vous pouvez donc en admirer ailleurs qu’à Paris puisqu’il en existe des modèles à Bordeaux, Lille, Toulouse ou encore Reims. Jusqu’en Espagne et même à Québec !

D’ailleurs, peu de gens le savent, mais les Fontaines Wallace de Paris sont toujours accessibles aujourd’hui et vous pouvez toujours y trouver une eau potable et gratuite au cours de vos escapades parisiennes. Un bon plan à connaître en ces temps de canicule, non ? Le service ne s’interrompt qu’en hiver, à partir du 15 novembre, pour ne reprendre que le 15 mars, afin de préserver la plomberie interne des gelées. Le site Eau de Paris met à votre disposition une carte de tous les points d’eau de la Capitale et nous explique ceci :

guillemet“Oui, l’eau des fontaines à boire est potable ! Et si la loi n’oblige pas à le préciser, Eau de Paris, en accord avec la Ville, a choisi de le mentionner sur tous les points d’accès à l’eau de la capitale. Depuis l’automne 2012, toutes les fontaines sont marquées de trois plaques indiquant la qualité, la provenance et la composition de l’eau délivrée. Un contrat de confiance avec les Parisiens et une façon de les inciter à se désaltérer aux fontaines publiques au cours de leurs pérégrinations.”
(…)
“Pour que les parisiens les plus démunis continuent de disposer d’eau potable, Eau de Paris a décidé de maintenir en hiver une quinzaine de bornes fontaines dites à « bouton poussoir ». Ces points d’eau sont choisis en lien avec les services sociaux de la Ville, et sont recensés dans le guide Solidarité à Paris.”

Source : Eau de Paris

Plus insolite, les fontaines déclenchent parfois des passions. Le village de Souilly, en Lorraine, vient d’en faire les frais. En effet, la fontaine Wallace qui venait d’être rénovée pour le centenaire de la bataille de Verdun a été volée le lendemain de sa réinstallation devant la mairie de la commune. Sans que personne n’ait rien vu, les voleurs ont réussi à s’emparer de la fontaine pesant quand même le poids honorable de 450 kg. (Source : Journal 20 Minutes, “Ils inaugurent la fontaine du village, elle «s’évapore» le lendemain”, 3 juillet 2015)

Paris n’en a pas fini avec ses fontaines !

Des fontaines, il en existe beaucoup d’autres dans les rues de Paris. La Capitale fait preuve de beaucoup d’ingéniosité et de créativité pour que l’eau soit accessible à tous. Les Fontaines Wallace ne sont donc pas les seules habitantes des rues parisiennes. Vous pouvez désormais même avoir accès à des “fontaines” d’eau pétillante. Un gadget, me direz-vous, mais l’important reste qu’elle permet à tout le monde de s’hydrater gratuitement.

Vous pouvez accéder à un récapitulatif des différents types de fontaines trouvables à Paris sur le site Eau de Paris en cliquant ici puis sur “Fontaines pour tous”. Le site vous met également à disposition l’adresse de son compte Flickr où vous pouvez voir ces fontaines en images et en action.

Ma préférée ? J’adore la Fontaine Grenouille qui se trouve dans le quartier de La Défense ! Elle fut réalisée par Claude Torricini et date de 1987. C’est une grenouille géante en bronze posée sur un socle en granit. Dans sa gueule ouverte se tient une autre petite grenouille et c’est elle qui vous permet de vous désaltérer. Personnellement, je la trouve vraiment amusante. En plus, si vous êtes de passage dans le secteur, vous aurez accès à un véritable musée à ciel ouvert puisque le Quartier de la Défense regroupe de nombreuses oeuvres d’art public urbain. Il y en a pour tous les goûts ! Vous saurez au moins où faire une pause pour boire un coup ;) (Vous pouvez admirer d’autres belles photographies de cette fontaine en cliquant ici en plus de celles se trouvant ci-dessous.)


Cet article vous a plu ? Ou pas ? Vous pouvez tout me dire en laissant un commentaire ci-dessous !


Sources :
Eau de Paris

Un jour de plus à Paris : Histoire des Fontaines Wallace
Les fontaines Wallace à Paris, esthétiques et rafraîchissantes
MBDV – Mon blog de voyage : La Défense, un musée à ciel ouvert

Un Jardin d’Eden au Japon : Floating Flower Garden

L’œuvre dont je vais vous parler aujourd’hui est actuellement exposée au Miraikan de Tokyo (Musée des Sciences et de l’Innovation) mais elle fait parler d’elle par-delà les frontières.

Il s’agit d’une installation du collectif TeamLab, un groupe d’artistes japonais connu pour concevoir des œuvres utilisant les technologies. Or, l’œuvre dont il sera question ici est un savant mélange d’art et de science.


Sommaire de l’article

Les jardins suspendus de Babylone, version XXIe siècle
Art + Technologie + Nature : Un jardin hydroponique
Suspendre des fleurs : Pourquoi ? Pour quel effet ?
Plus exactement, les fermes verticales, qu’est-ce que c’est ?
Des fleurs… pour nos tombes ?
Pourra-t-on vivre à jamais dans nos jardins suspendus ?
En savoir un peu plus sur TeamLab


Les jardins suspendus de Babylone, version XXIe siècle

Intitulée Floating Flower Garden (“Jardin de Fleurs Flottantes”), l’œuvre est une installation immersive : il s’agit d’une salle remplie de pas moins de 2300 fleurs. Le spectateur entre dans la pièce et, peu à peu, les fleurs s’écartent sur son passage, comme si elles se mettaient à flotter autour de lui. Une fois qu’il est passé, elles redescendent. Ainsi, le spectateur se retrouve comme dans une bulle fleurie. Un jardin d’Eden. Magique !

Mais la technologie utilisée dans cette oeuvre ne se résume pas seulement au système “intelligent” qui détecte les mouvements du spectateur pour faire monter ou descendre les végétaux. Ce qui est surtout intéressant, en fait, c’est que ces fleurs sont bien vivantes : elles continuent de pousser, de grandir grâce à un procédé mis en place par TeamLab.

Même si TeamLab a gardé ce procédé secret, on peut penser qu’il s’agit d’un procédé d’hydroponie. Oula ! Ne fuyez pas, je vous explique : c’est un système permettant de faire pousser des plantes en dehors de la terre. Un système qui, dit-on, était déjà utilisé à Babylone, au sein des mythiques Jardins Suspendus ! Et un système qui est peu à peu en train de refaire surface et de se faire connaître du grand public depuis que l’idée de créer des fermes verticales, en plein cœur des villes, fleurit un peu partout sur la planète (vous trouverez plus de détails sur les fermes verticales plus bas dans cet article).

Art + Technologie + Nature : Un jardin hydroponique

« Flowers and I are of the same root, the Garden and I are one »Les fleurs et moi avons les mêmes racines, le jardin et moi sommes un. ») annonce la vidéo qui permet de se rendre compte de ce que donne vraiment cette installation (voir ci-dessus). Autrement dit, le visiteur est appelé à venir se confondre avec la nature, à ne faire plus qu’un avec elle. Le message porté est clairement écologique : nous possédons des racines communes avec les fleurs parce que nous partageons la même terre, parce que nous naissons sur la même terre et parce que nous ne pouvons naître que sur cette terre. En ne protégeant pas les fleurs (et la nature, plus largement), c’est aussi notre propre vie que nous mettons en danger. Ou, en tout cas, celle de nos enfants.

Le message est éculé mais il n’y a pas de mal à le rappeler encore une fois. D’autant plus que l’installation du collectif TeamLab semble faire l’unanimité sur au moins un critère : elle est superbe. Photo tirée de la vidéo présentant l'installation Floating Flower Garden ("Jardin de Fleurs Flottantes") de TeamLab. Photo tirée de la vidéo présentant l'installation Floating Flower Garden ("Jardin de Fleurs Flottantes") de TeamLab. Photo tirée de la vidéo présentant l'installation Floating Flower Garden ("Jardin de Fleurs Flottantes") de TeamLab. Photo tirée de la vidéo présentant l'installation Floating Flower Garden ("Jardin de Fleurs Flottantes") de TeamLab. Photo tirée de la vidéo présentant l'installation Floating Flower Garden ("Jardin de Fleurs Flottantes") de TeamLab.

Suspendre des fleurs : Pourquoi ? Pour quel effet ?

On peut, en effet, se demander d’où nous vient cette envie de suspendre des plantes.

Comme je le disais, cette œuvre de TeamLab peut faire penser aux plus célèbres jardins suspendus du monde : ceux de Babylone. Nous avons tous déjà entendu parler de ces jardins fabuleux. Pourtant, on ignore encore aujourd’hui s’il s’agissait d’un mythe ou d’une réalité…

Pour la petite histoire : Le Roi Nabuchodonosor II (assez célèbre puisqu’il apparaît notamment dans l’Ancien Testament, rien que ça, je vous passe les détails), aurait fait ériger ces jardins pour rappeler à son épouse les montagnes verdoyantes de son lointain pays. Romantique à souhait, non ? Le problème, c’est que les archéologues n’ont pas encore retrouvé les vestiges de cette construction. Nous n’avons donc pas de preuve indéniable de son existence (ce qui n’est pas le cas pour d’autres Merveilles du monde Antique comme la Bibliothèque d’Alexandrie, par exemple, dont nous savons qu’elle a véritablement existé).

En fait, tout ce dont nous disposons, ce sont des documents antiques racontant des témoignages encore plus anciens dont nous n’avons, là, par contre, aucune trace écrite… Pour le dire plus simplement : Bidule a raconté que Machin avait vu ça et que c’était génial ! Vous me suivez ?

Et c’est finalement au philosophe Philon d’Alexandrie que nous devons la description des jardins restée la plus célèbre : “Le jardin qu’on appelle suspendu, parce qu’il est planté au-dessus du sol, est cultivé en l’air ; et les racines des arbres font comme un toit, tout en haut, au-dessus de la terre”. (Source : Georges Roux, Architecture et poésie dans le monde grec, Maison de l’Orient Méditerranéen,‎ 1989, p. 301)

A la fin du film d'animation Le Château dans le ciel de Hayao Miyazaki, le château n'est finalement plus qu'un immense arbre volant.
A la fin du film d’animation Le Château dans le ciel de Hayao Miyazaki, le château n’est finalement plus qu’un immense arbre volant.

Ca ne vous rappelle rien ? Personnellement, des racines qui feraient comme un toit au-dessus de ma tête, ça me rappelle sacrément l’oeuvre de TeamLab, juste au-dessus. (bon, ok, Philon parle d’arbres, et je vous parle de fleurs, mais y’a de l’idée !)

Bon, même s’il est assez peu probable que le Roi Nabuchodonosor II ait réussi à trouver des architectes/ingénieurs/magiciens pour faire voler des arbres façon Château dans le Ciel, la légende reste belle et elle a surtout beaucoup marqué les esprits. Il est tout de même plus probable que ces jardins étaient des terrasses, tout “simplement” (pas si simplement que ça, en fait, mais plus simplement que s’ils avaient dû faire voler des arbres, disons). Notons quand même que Babylone était une ville fantastique pour l’époque. Il suffit de voir la magnifique Porte d’Ishtar (ci-dessous), également construite sous le règne de Nabuchodonosor II, pour en juger. Si les jardins suspendus ont véritablement existé, il suffit de voir la splendeur de cette porte pour imaginer à quel point ils devaient être sublimes !

La porte d'Ishtar au musée de Pergame (Berlin) Construite en 580 av. J.C. à Babylone. La porte d'Ishtar est une des huit portes de la cité intérieure de Babylone. Cette porte est dédiée à la déesse Ishtar.
La porte d’Ishtar au musée de Pergame (Berlin)
Construite en 580 av. J.C. à Babylone.
La porte d’Ishtar est une des huit portes de la cité intérieure de Babylone. Cette porte est dédiée à la déesse Ishtar.

Vous allez me dire, c’est bien beau tout ça, mais pourquoi cherche-t-on à faire flotter des plantes, alors ?

Faire sortir les plantes de la terre et réussir à les faire pousser, à les maintenir en vie malgré tout, c’est un peu jouer au dieu tout-puissant. Parce que c’est parvenir à dépasser les lois de la nature et à en créer de nouvelles pour son propre intérêt.

En fait, si Nabuchodonosor II avait fait construire ses jardins suspendus pour son épouse, nous avons aujourd’hui l’envie de construire des fermes verticales dans un but beaucoup plus prosaïque : nous ne pourrons pas toujours nourrir les habitants des villes, de plus en plus nombreux, avec nos champs et notre agriculture actuels. Tout simplement parce que nous manquerons de place et de ressources nécessaires. L’idée des fermes verticales serait donc de faire pousser les champs en hauteur et non plus à l’horizontal. De fait, il faudrait donc faire sortir de terre les végétaux que nous voudrions y faire pousser. Et revoilà nos rêves de jardins suspendus !

Plus exactement, les fermes verticales, qu’est-ce que c’est ?

Représentation en 3D pour le projet "Paris Smart City 2050".
Représentation en 3D pour le projet “Paris Smart City 2050”.
Exemples de fermes verticales imaginées par l’architecte Vincent Callebaut pour Paris (Porte d’Aubervilliers).

Ce sont des fermes dans des gratte-ciel ; des champs en plein cœur de la ville !

Le jardin suspendu n’est pas seulement beau, il est aussi très pratique : la terre pèse lourd tandis que le procédé hydroponique qui permet la création de tels “jardins” (ou de fermes entières) et dont je vous parlais plus avant, permet de s’en passer totalement. On gagne donc en place.

Ferme verticale imaginée par l'architecte Blake Kurasek, 2008.
Ferme verticale imaginée par l’architecte Blake Kurasek, 2008.

Une place qui nous manque de plus en plus ! Car si la population mondiale augmente d’année en année, la place au sol, elle, reste la même. Il faut donc de plus en plus penser notre monde à la verticale : quand on ne peut plus s’étendre sur la terre, il faut envisager de grimper vers les cieux qui, eux, ont l’avantage d’être potentiellement infinis. Cela vaut pour les habitations (les immeubles en tout genre, les buildings, les gratte-ciel) mais cela risque de valoir pour de plus en plus d’autres choses. Notamment pour l’agriculture : c’est l’idée des fermes verticales.

Les fermes verticales ont aussi pour vocation de rendre les aliments de demain plus sains. L’hydroponie permet aussi cela puisqu’elle permet de donner aux plantes ce dont elles ont besoin pour vivre et pour se développer au mieux sans avoir recours à tous nos pesticides et autres produits chimiques d’aujourd’hui.
Notons d’ailleurs que si les plantes poussent en intérieur, il devient possible de faire en sorte que les nuisibles n’y aient pas accès. Les pesticides deviennent donc inutiles.

Ferme verticale imaginée par l'architecte Blake Kurasek, 2008. Aperçu de ce qui pourrait être cultivé à l'intérieur, sur les différents niveaux.
Ferme verticale imaginée par l’architecte Blake Kurasek, 2008.
Aperçu de ce qui pourrait être cultivé à l’intérieur, sur les différents niveaux.

De plus, au procédé hydroponique s’ajoutent des études poussées sur la lumière. Car les plantes auront toujours également besoin de lumière pour vivre. Avec les recherches menées notamment sur les LED (qui consomment peu et durent longtemps), il devrait devenir possible de faire pousser toutes sortes de plantes, aussi exotiques soient-elles, partout dans le monde. Y compris dans des régions où il était jusqu’alors impossible de les faire pousser.
Résultat ? Moins d’importation et donc moins de pollution due au transport des marchandises ; moins de pertes, de gâchis liés au temps de conservation des aliments ; et aussi moins de produits chimiques censés, justement, allonger le temps de conservation des aliments. Et, au final, si tout va bien, un coût plus bas pour le consommateur puisque tout sera conçu sur place, à deux pas de chez lui.

Voilà, pour résumer, le projet fou des fermes verticales. Reste à voir si le futur en fera une réalité ou si elles resteront de pures utopies architecturales !

Des fleurs… pour nos tombes ?

Avec un résultat à la fois proche et bien différent, l’artiste Rebecca Louise Law est également connue pour ses installations de “fleurs suspendues”. Elle n’utilise pas de technologie dans ses œuvres mais elle parvient aussi à nous faire vibrer grâce aux couleurs et aux formes des bouquets qui viennent habiller les plafonds des différents endroits qu’elle investit (musées, églises ou salle de théâtre, par exemple). Après tout, quoi de plus naturellement artistique qu’une fleur ?

Toutefois, ses fleurs coupées ne sont pas sans rappeler les fleurs que l’on vient déposer sur les tombes. Or, le mythe Babylonien est certes, merveilleux, mais il n’en est pas moins trouble : la cité glorieuse a aujourd’hui complètement disparu, elle n’a pas su éviter son déclin malgré ses trésors, sa technologie, son savoir. Si nous devons donc nous inspirer de cette ville, à n’en pas douter, nous devons aussi nous souvenir qu’elle ne fut pas immortelle. Les oeuvres de Rebecca Louise Law peuvent aussi donner l’impression que les fleurs nous tombent dessus ; une averse de fleurs nous tombent sur la tête, tombe sur notre monde. Quel sens donner à cela ? Doit-on y voir un espoir ou, au contraire, le signe de notre fin ? “Les feuilles mortes se ramassent à la pelle”, disait le poète.
Installation de Rebecca Louise Law Installation de Rebecca Louise Law Installation de Rebecca Louise Law Installation de Rebecca Louise Law Installation de Rebecca Louise Law

Pourra-t-on vivre à jamais dans nos jardins suspendus ?

Gulliver découvrant Laputa, la ville volante. Gravure de J.J. Grandville, vers 1856.
Gulliver découvrant Laputa, la ville volante.
Gravure de J.J. Grandville, vers 1856.

Essayons d’être plus clair.

Comme nous l’avons vu, la description des jardins suspendus de Babylone par Philon d’Alexandrie peut rappeller le Château dans le Ciel de Hayao Miyazaki. Ce dernier s’est lui-même inspiré de la cité volante de Laputa, inventée dans Les Voyages de Gulliver par Jonathan Swift (1721) pour imaginer ce château-arbre volant.

Or, l’histoire que Hayao Miyazaki raconte autour de cette ville volante réinvente le mythe d’Icare : à vouloir s’approcher trop près du Soleil, on finit par se brûler les ailes. Autrement dit, si nous parvenons à nous élever de plus en plus (au sens propre comme au figuré), n’oublions pas de prendre garde car, en cas de problème, la chute sera d’autant plus rude.

A moins qu’il n’y ait plus jamais de chute possible ? C’est  ce qui arrive aux habitants fictifs de Laputa : ils ne se considèrent plus vraiment comme des êtres humains puisqu’ils vivaient au-dessus de la terre : ils oublient que l’homme ne peut pas vivre à jamais séparé de la “terre nourricière”. « Les fleurs et moi avons les mêmes racines, le jardin et moi sommes un » disait la vidéo de TeamLab : si une fleur doit pousser dans la terre, nous aussi, d’une certaine façon.

Dans le Château dans le Ciel, on sait que les habitants finissent par disparaître. On ne sait pas s’ils sont tous morts ou s’ils ont un jour tous décidé de regagner la terre ferme. Ils n’étaient en tout cas plus capables de vivre sur cette île volante. Il faut dire qu’elle était devenue plus dangereuse pour eux (et pour les habitants d’en-dessous) que véritablement bénéfique.

Il s’agit de ne pas confondre besoin (nous devons construire des fermes verticales car nous allons manquer de place au sol) et envie, voire vanité (créons des fermes verticales car on peut le faire et c’est cool !).

Du coup, on peut en effet se demander si, à long terme, l’hydroponie sera viable. Pourra-t-on faire à jamais pousser des plantes dans des tours ? Seront-elles d’aussi bonne qualité que celles poussant dans la terre ferme ?

Pieds de bok choy (chou chinois) empilés verticalement sur 30 pieds de haut (un peu moins d'un mètre) dans une ferme urbaine de Singapour. Les légumes tournent sur un support en forme de A afin de leur assurer un éclairage uniforme.
Pieds de bok choy (chou chinois) empilés verticalement sur 30 pieds de haut (un peu moins d’un mètre) dans une ferme urbaine de Singapour.
Les légumes tournent sur un support en forme de A afin de leur assurer un éclairage uniforme.

A l’heure actuelle, les tours verticales restent de lointains rêves d’architectes. En effet, de tels bâtiments seraient actuellement trop coûteux à réaliser et à maintenir à flot (d’après The Economist). Pourtant, l’écologiste Dickson Despommier, qui est à l’origine et développe l’idée des fermes verticales depuis une décennie, n’en démord pas : pour lui, ces fermes vont devenir, dans les prochaines années, de plus en plus indispensables. En particulier dans des îles-villes comme Singapour, où la densité de population est telle et le manque de place tellement problématique, que l’importation est une absolue nécessité. Pour espérer devenir plus indépendant, des chercheurs de Singapour sont d’ailleurs déjà en train de développer des procédés de culture verticale, sur l’idée de Dickson Despommier. Nous sommes encore loin des tours entières mais ces plantes poussent déjà sur quelques mètres de hauteur !

En savoir un peu plus sur TeamLab

Voilà tout se qui se cachait, selon moi, derrière l’œuvre du collectif TeamLab. Je vous invite vivement à aller farfouiller sur leur site car la plupart de leurs installations sont vraiment belles ! Je vous partage, ci-dessous, quelques photographies qui en sont issues mais toutes les vidéos sont disponibles sur leur site. Vous verrez que leurs œuvres concernent souvent la nature, avec une poésie toute japonaise et des couleurs pop vraiment plaisantes et attrayantes. On y retrouve autant l’influence d’Hokusai que de Ghibli et de l’art manga en général. Leurs oeuvres sont des jardins de synthèse où, pourtant, tout est fait pour vous faire oublier la machine et vous transporter dans un monde plus beau ; dans un rêve.

Une des phrases qui accompagne leur oeuvre Flowers and People résume d’ailleurs assez bien cet article : “Flowers and People, Cannot be Controlled but Live Together” (“Les Fleurs et les Gens ne peuvent pas être contrôlés mais peuvent vivre ensemble.”) A méditer !


Cet article vous a plu ? Ou ne vous a pas plu du tout ? Vous avez quelque chose à ajouter, à corriger ? Tout simplement quelque chose à dire, un avis ? N’hésitez pas : les commentaires sont là pour ça ! :)

Et n’oubliez pas, “il faut cultiver notre jardin” disait Voltaire !

Sources :
Site officiel de TeamLab
Site officiel de Blake Kurasek
Urban Attitude, “Les fermes verticales, la révolution agroalimentaire est en marche”, Octobre 2013

Le verre et Dale Chihuly

Photo de Dale Chihuli
Photo de Dale Chihuli

Dale Chihuly est un artiste verrier américain (né en 1947) à l’allure étrange (depuis un grave accident de voiture, il porte un bandeau sur l’oeil gauche qui lui donne l’allure d’un pirate) on ne peut plus prolifique.

Et c’est tant mieux, car c’est un véritable magicien !

Il façonne des bulles, des fleurs, des tiges, des frondes scintillantes, transparentes, translucides, somptueuses

Pourtant, son travail consiste aujourd’hui à guider ses employés et non plus à souffler lui-même le verre. En effet, il n’en est plus capable depuis qu’un autre accident (de bodysurfing, cette fois) lui a valu un problème à l’épaule.
A ce propos, lors d’une interview en 2006, l’artiste explique que depuis qu’il n’a plus le nez sur ses créations, il aime ce qu’il voit. Autrement dit, cela lui permet de voir ses oeuvres sous un autre angle.
Chihuly se décrit aujourd’hui davantage comme le chorégraphe de ses oeuvres alors qu’il en était autrefois le danseur.

Bref, l’artiste a changé de façon de travailler mais il n’en reste pas moins l’instigateur de toutes ses créations.

Son travail s’articule autour des formes naturelles et l’ensemble de ses créations semblent flotter et être d’une légèreté fascinante. Ses oeuvres me font parfois penser aux barrières de corail et ressemblent souvent à des paysages aquatiques multicolores. J’adore la faculté de l’artiste à mêler les couleurs et la lumière. Chihuly explore les possibilités du verre (de son opacité à sa transparence, en passant par tout un tas de variantes) jusqu’à parvenir à une sorte de surréalisme-naturel. Je ne me lasse pas de regarder ses créations dont je ne vous donne ici qu’un tout petit aperçu.

Pour en voir davantage, je vous conseille de faire des recherches à son sujet ou de visiter son site officiel : http://www.chihuly.com/

Croyez-moi, vous ne le regretterez pas !

Jason de Caires Taylor : L’Atlantide sculptée

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler des oeuvres de Jason de Caires Taylor.

    Jason deCaires Taylor entouré de ses sculptures avant qu'elles ne soient immergées.
Jason deCaires Taylor entouré de ses sculptures avant qu’elles ne soient immergées.

Cet artiste anglais réalise des sculptures qui sont ensuite immergées  dans ce qu’il appelle parfois des parcs à sculptures sous-marines (underwater sculpture park).
Il fonde le premier de ces parcs en 2006, dans les Antilles. Un parc que National Geographic répertorie parmi les 25 merveilles du monde actuel.
Sa dernière création, surnommée MUSA (Museo de Arte Subacuatico ou, en français, Musée d’Art Sous-marin ou Subaquatique), est un musée monumental regroupant plus de 500 de ses sculptures. Il se situe au large des côtés de Cancun au Mexique et le magazine Forbes le décrit comme l’une des destinations de voyages les plus uniques au monde.

Ces créations sont d’abord conçues sur la terre ferme, bien évidemment, puis elles sont placées sous l’eau afin de devenir de véritables sanctuaires de la vie marine.

Il faut dire que Taylor est non seulement un artiste (il est diplômé de l’Insitut des Arts de Londres, spécialité sculpture) mais il a également été instructeur de plongée sous-marine. Ce second métier lui a valu d’être primé pour ses photographies sous-marines.
C’est d’ailleurs essentiellement grâce à des photos sous-marines que nous pouvons découvrir ses sculptures immergées aujourd’hui.

Comme on peut le constater sur certaines de ses photographies, le corail, notamment, se développe avec plaisir sur ces statues.
Aussi, l’image est très belle ; elle nous montre une réconciliation symbolique entre l’homme et la mer ; entre l’homme et la nature. Ca n’est plus l’homme qui exploite la mer, ici, c’est la mer qui utilise l’homme, de façon naturelle, pour continuer à exister et à se développer.

The Silent Evolution Profondeur 8m, MUSA Collection, Cancun/Isla Mujeres, Mexico.
The Silent Evolution
Profondeur 8m,
MUSA Collection, Cancun/Isla Mujeres, Mexico.

La ronde de statues me semble particulièrement parlante et forte. En effet, n’oublions pas que l’eau a été notre première mère ; c’est dans l’eau que les premières formes de vies primitives de notre planète se sont développées. Immerger des statues de cette façon, c’est un peu revenir aux sources ; cette fois, c’est la mer – ou, plus exactement, tout son écosystème – qui peut se nourrir en “s’agrippant” à ces corps sculptés et y vivre.

Le travail de cet artiste est à la fois très poétique et très efficace. Et il a le mérite de marquer les esprits. De fait, n’est-il pas étrange, voire perturbant, de voir ces corps immergés dans l’eau ? L’image est marquante, troublante. Ces corps sont tellement différents les uns des autres, qu’on pourrait croire que l’artiste a statufié de véritable humains avant de les plonger dans l’eau.

Corps pétrifiés de victimes de l'irruption du Vésuve à Pompei (79 ap. J.C.).
Corps pétrifiés de victimes de l’irruption du Vésuve à Pompei (79 ap. J.C.).

La première fois que j’ai vu les œuvres de cet artiste, j’ai aussitôt pensé au drame de Pompei et aux habitants de la ville, littéralement pétrifiés par les chutes de pierres ponces et les nuées ardentes provoquées par l’irruption du Vésuve. La ressemblance est intrigante.

Corps pétrifié d'une victime de l'irruption du Vésuve à Pompei (79 ap. J.C.).
Corps pétrifié d’une victime de l’irruption du Vésuve à Pompei (79 ap. J.C.).
Corps pétrifié d'une victime de l'irruption du Vésuve à Pompei (79 ap. J.C.), ainsi que différents objets de l'époque, également statufiés.
Corps pétrifié d’une victime de l’irruption du Vésuve à Pompei (79 ap. J.C.), ainsi que différents objets de l’époque, également statufiés.

Mais l’oeuvre de Jason deCaires Taylor n’est pas non plus sans rappeler le mythe de l’Atlantide. Ses sculptures donnent l’impression qu’une ancienne civilisation a été engloutie après avoir été statufiée. Ses restes formeraient aujourd’hui un abri pour l’écosystème aquatique.

A partir de là, il devient possible d’imaginer que ces oeuvres sont l’allégorie de l’histoire de la vie (LE CYCLE EEETERNEEEEL… hum.) : la boucle est bouclée quand les formes de vie aquatiques se mettent à envahir les corps immergés pour vivre et se développer. Théoriquement, sur le très long terme, ces formes de vie pourraient évoluer, grandir, se transformer et devenir, à leur tour, des sortes d’êtres vivants plus complexes, comme ceux que nous sommes aujourd’hui. Mourant à leur tour, elles pourraient devenir les garde-manger des futurs formes de vie primitives, et ainsi de suite.

Holy Man Profondeur 5m,  MUSA Collection, Punta Nizuc, Mexico.
Holy Man
Profondeur 5m,
MUSA Collection, Punta Nizuc, Mexico.

Une fois immergée, les sculptures sont peu à peu envahies par la vie sous-marine, qui s’y développe comme elle le souhaite. Parfois, l’artiste lui donne un petit coup de main, en creusant ses œuvres d’une certaine manière, comme avec son Holy Man.

Au final, ses œuvres se colorent de coraux verts, roses, violets. Autour d’elles, des poissons multicolores passent également. L’ensemble grouille d’une vie nouvelle qui, elle, est naturellement belle et artistique.

D’ailleurs, Jason deCaires Taylor a aussi réalisé sa version de La Cène (The Last Supper). Je le signale car j’ai réalisé un article sur les différentes représentations de la Cène ;)

Bref, je crois que c’est une œuvre qu’il faut montrer et expliquer aux enfants car c’est sûrement eux qui auront le devoir d’inverser nos terribles habitudes de vie, un jour. Une œuvre comme celle-ci pourrait bien les inspirer en ce sens.


Site web de l’artiste : http://www.underwatersculpture.com/