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Jackie Coogan : du Kid à La Famille Addams !

A gauche : Jackie Coogan aux côtés de Charlie Chaplin pour The King (1921). A droite : Jackie Coogan sous le maquillage de l'Oncle Fétide dans la Famille Addams (série de 1963).
A gauche : Jackie Coogan aux côtés de Charlie Chaplin pour The Kid (1921).
A droite : Jackie Coogan sous le maquillage de l’Oncle Fétide dans la Famille Addams (série de 1964).
Le saviez-vous ?

Jackie Coogan. Ce nom ne vous dit peut-être rien pourtant vous connaissez tous la bouille adorable de l’enfant qui joua aux côtés de Charlie Chapin dans The Kid. Jackie Coogan avait alors à peine 7 ans. Mais saviez-vous que c’est le même Jackie Coogan qui, pas moins de 43 ans plus tard, interpréta le célèbre Oncle Fétide (Oncle Fester en anglais) dans la série télévisée La Famille Addams ? Méconnaissable, bien sûr, dans ce rôle, mais non moins talentueux dans son interprétation du célèbre étrange bonhomme chauve.

Les personnages inventés par le dessinateur Charles Addams à la fin des années 1930 pour le New Yorker ont inspiré deux séries télévisées, deux séries animées et deux films réalisés par Barry Sonnenfeld en 1992 et 1993. Ce sont souvent ces deux dernières adaptations qui sont les plus connues du grand public. Toutefois, il est clair que leur esthétique fut grandement inspirée par celle de la première série, avec Jackie Coogan. Et pas seulement par l’univers de Tim Burton, comme on le pense souvent.

On peut toutefois noter que dans ces deux films Jackie Coogan eut un successeur de choix puisque c’est Christopher Lloyd qui reprit le rôle de l’Oncle Fétide. Son nom ne vous dit rien ? Il s’agit du célèbre Dr Emmett Brown de Retour vers le Futur !

A gauche : Jackie Coogan sous le maquillage de l'Oncle Fétide dans la Famille Addams (série de 1963). A droite : Christopher Lloyd, qui reprit le rôle en 1991.
A gauche : Jackie Coogan sous le maquillage de l’Oncle Fétide dans la Famille Addams (série de 1964).
A droite : Christopher Lloyd, qui reprit le rôle en 1991 dans le film La Famille Addams.

Autre “enfant star” liée à cette histoire : la jeune Mercredi (Wednesday en anglais), interprétée par Christina Ricci dans le film de 1991, jouera également dans un autre film de l’univers Burtunien, Sleepy Hollow (1999) aux côtés de Johnny Depp. En 1991, elle n’a que 11 ans. Elle reprendra ce rôle dans le film de 1993. Elle a aujourd’hui de nombreux films et séries à son actif.

En haut : Dessin de Charles Addams, le dessinateur originel de la Famille Addams. En bas à gauche : Photographie des acteurs interprétant la famille dans la série de 1964. En bas à droite : Photographie des acteurs interprétant la famille dans le film de 1991.
En haut : Dessin de Charles Addams, le dessinateur originel de la Famille Addams.
En bas à gauche : Photographie des acteurs interprétant la famille dans la série de 1964.
En bas à droite : Photographie des acteurs interprétant la famille dans le film de 1991.

Le Japon qui dérange ?

Décidément, je continue sur le Japon, en ce moment ! Je vous emmène cependant dans un domaine un peu plus culture pop, aujourd’hui (et, attention, pour moi, “culture pop” et donc “culture populaire” est loin de signifier “sous-culture” comme on peut l’entendre souvent, bien au contraire !).

Il n’est toujours pas devenu facile, aujourd’hui, d’avouer que l’on apprécie la variété japonaise (la J-Pop). Bien souvent parce qu’elle est adorée les adolescents qui disent se passionner pour le Japon parce qu’ils l’imaginent tel qu’il est dépeint dans les manga qu’ils aiment tant. Je ne leur jette pas la pierre ! J’ai été comme eux. Mais je sais aujourd’hui, à force de recherches et de discussions avec des gens de ce lointain pays, que ce que racontent les manga est loin d’être le quotidien d’un japonais lambda. (Nous sommes bien d’accords que je parle, en l’occurrence, des faits vraisemblables que racontent ces BD ? Non, parce que Sailor Moon n’existe pas vraiment. Juste pour info.) Pour autant, les manga restent de très intéressantes sources d’informations sur l’archipel – quand on sait lire entre les lignes.

Par exemple, quand je me retrouve face à ce clip de Kyary Pamyu Pamyu, jeune artiste dite kawaii (c’est-à-dire, littéralement, mignonne, pour faire simple) et très en vogue en ce moment (jusque dans nos contrées), je lui trouve des qualités graphiques et symboliques très intéressantes (et finalement pas si mignonnes et gentillettes que ça !).

De nombreuses images subliminales passent sous nos yeux au visionnage de cette vidéo ; comme cet étrange canard coloré, coiffé d’une couronne de balles de fusil ou un étrange cerveau rose dansant. La culture pop nippone a cela de remarquable ; sa capacité à paraître inoffensive, naïve, presque trop infantile et, finalement, souvent tout aussi critique, mordante et bien plus ancrée dans la réalité qu’on ne pourrait le penser de prime abord. Les japonais ont l’art du sens-caché, du double-sens. A toujours regarder deux fois pour trouver les failles.

Musicalement, on aime ou pas, évidemment. En ce qui me concerne, c’est surtout d’un point de vue artistique que je trouve la performance (le clip, la mise en scène, les décors, etc.) intéressante. C’est exubérant, déluré, apparemment sans queue ni tête (plus encore pour un occidental !) et tout à fait énervant !…

Ce type de création a tout du défouloir géant. Or, un défouloir n’est pas nécessairement irréfléchi. Il a généralement pour fonction de nous éloigner d’un quotidien un peu trop monotone, strict, voire bridant. Au Japon, si vous regardez les émissions de télévision, les publicités, les clips musicaux… Vous constaterez que beaucoup de créations audio-visuelles semblent être des sortes de défouloirs géants ou tout est possible.

Dans un pays où le taux de suicide reste un des plus importants au monde, un pays réputé pour son système éducatif strict et son monde du travail plus encore, quoi de plus normal que de voir surgir cette sorte d’insurrection informelle ? Ce que les japonais ne peuvent se permettre dans leur vie de tous les jours, les médias le leur fournissent, en quelque sorte. Et ils le font, bien souvent, puissance over 9000 ! (référence de la mort qui tue, seuls les vrais comprendront ;D)

Voici le clip en question, qui s’intitule “Ponponpon” : http://www.youtube.com/watch?v=yzC4hFK5P3g

Cela me fait d’ailleurs repenser à des propos qu’avait tenu le chroniqueur de Laurent Ruquier, un certain Eric Zemmour, dans son émission “On n’est pas couché”. A propos de l’artiste Takashi Murakami (que j’admire beaucoup, il est vrai, et auquel j’ai consacré une grosse partie de mon travail de Licence et dont je parle encore aujourd’hui dans mon mémoire), le prétendu journaliste disait que le Château de Versailles, qui accueillait alors le japonais (du 14 septembre au 12 décembre 2010), avait été transformé “en chambre d’enfant”. Connaissant bien l’univers de Murakami, je me demande encore dans quel genre de chambre Eric Zemmour peut bien faire dormir ses enfants…

Non, les oeuvres de Takashi Murakami ne sont pas enfantines et encore moins naïves. Il faut ne pas les connaître et n’en avoir vu que la surface pour dire une pareille sottise !
Certes, Murakami fait des oeuvres dites “manga”, d’après certains. Mais c’est là encore une parfaitement méprise : les manga ne sont pas uniquement destinés aux enfants. C’est d’ailleurs bien pour cette raison que des classifications existent entre les manga pour enfant et pour adultes.
Mais en France, au XXIe siècle, il semble encore que certaines personnes s’imaginent que toute bande dessinée, quelle qu’elle soit (japonaise, belge, française, américaine…) est destinée exclusivement aux enfants…
Et cela fonctionne de même avec l’animation ! C’est ainsi qu’en CM1 ou CM2, c’est-à-dire alors que j’avais moins de dix ans, ma classe a été emmenée au cinéma pour voir Princesse Mononoké, film d’animation de Hayao Miyazaki… J’en ai fait des cauchemars et je pense que je n’étais pas la seule.

Forcément, puisque nous n’étions absolument pas le public visé par ce film !

Au moment où Takashi Murakami exposaient à Versailles, de véritables collectifs avaient vu le jour afin de s’élever contre l’exposition des œuvres de l’artiste au château de Louis XIV. Pétitions dont l’une n’avait pas hésité à se faire appeler les “Non aux mangas” (je préciserai d’ailleurs que le mot “manga” étant un nom étranger, il ne prend pas de “s” au pluriel)…

guillemet“La machine de guerre contre l’art contemporain au château de Versailles est relancée. Deux collectifs, Versailles mon amour et Non aux mangas – Contre les expositions dégradantes au château de Versailles, affûtent leurs armes avant l’exposition consacrée à l’artiste japonais Takashi Murakami. Du 14 septembre au 12 décembre, l’une des stars les plus cotées de l’art contemporain, dont l’œuvre est inspirée des mangas, investira les Grands Appartements du château, la galerie des Glaces et le jardin, pour y présenter vingt-deux sculptures et peintures, dont onze ont été créées spécialement pour l’exposition.

Pour la plupart, les opposants sont les mêmes qui, en 2008, avaient tenté de faire interdire l’exposition de l’Américain Jeff Koons au château du Roi-Soleil. En vain : ils avaient été déboutés par le tribunal administratif de Versailles, puis par le Conseil d’Etat. Ils n’étaient pas partis en croisade, en revanche, contre Xavier Veilhan, invité au château en 2009. Est-ce parce que l’artiste avait installé presque toutes ses œuvres, tel son carrosse mauve, dans le jardin ? Ou parce qu’il est français ? Président de l’Etablissement public du château de Versailles, Jean-Jacques Aillagon dénonce un « activisme aux relents xénophobes ».”

(Article qui était paru dans Le Monde mais a depuis été supprimé, et qui n’est plus aujourd’hui trouvable que sur le site même de ces extrémistes, ceux-là même que l’on peut également voir en ce moment dans les manifestations contre le mariage pour tous, à en croire leurs derniers articles en date : http://coordination-defense-de-versailles.info/wp/tag/non-aux-mangas/)

A mon sens, ces gens font honte à un pays qui, fut un temps, brillait pour son ouverture d’esprit, ses principes égalitaires et sa culture profondément humaine.

Mais cela est loin d’être une première, malheureusement…

En effet, en France, dans les années 80, des personnalités, en particulier politiques, s’étaient déjà élevées contre le manga (je ne vais pas encore citer Ségolène Royal ou faire le procès de Télérama, mais suivez mon regard). Laissant découvrir du même coup toute leur méconnaissance du sujet.
Il est triste de constater que les choses n’ont pas encore évoluées dans notre pays, qui est pourtant le deuxième plus gros consommateur de bandes dessinées japonaises après le Japon lui-même.

Du coup, j’ai bien envie de terminer cet article sur quelques photographies de l’exposition de Takashi Murakami à Versailles (2010). Et, pour ma part, je trouve que ses œuvres n’étaient pas si mal à leur place qu’on a pu l’entendre. Au contraire. Prenez donc en pleine face les sourires goguenards des personnages de l’artiste !

J’avais d’ailleurs travaillé sur cet artiste à l’occasion de cette exposition à l’époque, réalisant un site web expliquant un peu sa pratique en général (rien de très élaboré, je n’avais malheureusement pas beaucoup de temps). J’invite les curieux à y jeter un oeil : https://studinano.com/takashi_murakami/

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La sculpture Flower Matango de Takashi Murakami – Galerie des glaces

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La sculpture Tongari-Kun (Mister Pointy) de Takashi Murakami – Salon d’Hercule

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La sculpture Flower Matango de Takashi Murakami – Galerie des glaces

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La sculpture « Kaikai & Kiki » de Takashi Murakami

Crédits Photos : Gilles Truyens © EPV

guillemet« Pour un japonais, y compris moi, le Château de Versailles est l’un des plus grands symboles de l’histoire occidentale. C’est l’emblème d’une ambition d’élégance, de sophistication et d’art dont la plupart d’entre nous ne pouvons que rêver. Bien sûr nous comprenons que l’étincelle qui a mis le feu aux poudres de la révolution est directement partie du centre du bâtiment.

Mais, sous de nombreux aspects, tout est transmis à travers un récit fantastique venant d’un royaume très lointain. Tout comme les français peuvent avoir du mal à recréer dans leur esprit une image exacte de l’époque des Samouraïs, l’histoire de ce palais s’est étiolée pour nous dans la réalité.

Donc, il est probable que le Versailles de mon imagination corresponde à une exagération et à une transformation de mon esprit jusqu’au point d’être devenu une sorte de monde irréel à part entière. C’est ce que j’ai essayé de saisir dans cette exposition.

Je suis le chat du Cheshire qui accueille Alice au pays des merveilles avec son sourire diabolique, et bavarde pendant qu’elle se balade autour du Château. D’un sourire enjoué, je vous invite tous à découvrir le pays des merveilles de Versailles. »

Takashi Murakami
(source)