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Vincent Callebaut : Quand l’architecture nous transporte dans le futur

Pour être parfaitement honnête avec vous, j’ai très peu de connaissances en architecture. Quand je dois en parler, mon propos se résume donc souvent à : “Wouah ! Ca claque !” ou “Euh. T’es sûr que la photo est à l’endroit ?”
Par contre, j’adore la science-fiction (si, il y a un lien ! Lisez la suite !).
Du coup, quand j’ai vu les travaux de Vincent Callebaut pour la première fois, il y a déjà plusieurs années de ça, je n’ai pu qu’adorer et adhérer. Parce que ses travaux généraient en moi un “Wouah ! Ca claque !” tout en touchant à mon amour de la science-fiction et de son esthétique.

Comment vous résumer ce que fait cet architecte belge ? Il me semble que les travaux de Callebaut sont reconnaissables au premier coup d’oeil. Ce sont des bâtiments aux formes pures, lisses, courbes. Ils sont généralement blancs et pourvus de nombreuses fenêtres aux formes géométriques complexes. Mais ces structures sont surtout conçues pour accueillir de la végétation. Ils me font penser à des vaisseaux spatiaux écolos qui émergeraient des villes.

Capture d'écran du jeu Anno 2070.
Capture d’écran du jeu Anno 2070.

Comme un ami (merci, d’ailleurs !) me le faisait très justement remarqué, le jeu de gestion Anno 2070 a adopté une esthétique assez similaire dans son scénario consistant à bâtir une ville propre. Je trouve intéressant de le noter. Même si je ne peux pas affirmer sur les créateurs ce soient inspirés des architectures futuristes de Vincent Callebaut. On retrouve, en tout cas, la volonté de créer une ville écolo.

Bref.
Il y a quelques années, j’avais consacré un article à un de ses projets, imaginé spécialement pour la ville de Paris : un bâtiment qu’il avait surnommé l’Anti-Smog.

Alors, je vous vois venir, “Anti-Smog”, c’est quoi ce machin ? Non, nous n’allons chasser aucun pokémon dans cet article. Le smog est un mot-valise, un néologisme formé à partir des mots anglais “smoke” (fumée) et “fog” (brouillard) et désigne une brume épaisse causée par la pollution atmosphérique.
Une petite image parlante qui va vous donner des envies de voyage :

Air de Pékin un jour après la pluie (à gauche) et un jour ensoleillé avec le smog (à droite).
Air de Pékin un jour après la pluie (à gauche) et un jour ensoleillé avec le smog (à droite).

Mais l’Anti-Smog n’est pas censé être un simple anti-brouillard, vous l’aurez compris. C’est davantage un projet anti-pollution, anti-polluant. Le principe du projet étant de dépolluer (en partie seulement, bien sûr, restons réaliste) la capitale ou, en tout cas, de lui offrir un poumon sain.

Représentation en 3D du projet Anti-Smog par Vincent Callebaut.
Représentation en 3D du projet Anti-Smog par Vincent Callebaut.
Représentation en 3D du projet Anti-Smog par Vincent Callebaut.
Représentation en 3D du projet Anti-Smog par Vincent Callebaut.
Représentation en 3D du projet Anti-Smog par Vincent Callebaut.
Représentation en 3D du projet Anti-Smog par Vincent Callebaut.
Représentation en 3D du projet Anti-Smog par Vincent Callebaut.
Représentation en 3D du projet Anti-Smog par Vincent Callebaut.
Représentation en 3D du projet Anti-Smog par Vincent Callebaut.
Représentation en 3D du projet Anti-Smog par Vincent Callebaut.
Représentation en 3D du projet Anti-Smog par Vincent Callebaut.
Représentation en 3D du projet Anti-Smog par Vincent Callebaut.
“Mais qu’est-ce que c’est que ce machin aux allures de vaisseau spatial ?!”

Il est évident que si un tel projet voyait le jour à Paris (pour l’instant, je rassure les réfractaires, ça n’est pas au programme, rangez vos fourches !), il ne plairait pas à tout le monde. En effet, comme vous pouvez le voir, ce bâtiment est très design. L’Anti-Smog a de faux airs de vaisseau spatial. Ceux qui ne jurent que par le classique seraient forcément un peu sur les nerfs si on introduisait tout-à-coup cette sorte de baleine blanche végétalisée dans le paysage parisien… Il suffit de se rappeler comment certains des monuments et bâtiments de la Capitale, souvent parmi les plus connus et visités à ce jour, ont pu être critiqués (et plus encore) à leur construction : le Centre George Pompidou, la Pyramide du Louvre, les Colonnes de Buren… La liste est longue.
Pour ma part, je ne suis pas tant transportée par le design du bâtiment que par l’idée elle-même d’installer un tel OVNI en plein Paris. J’ai peut-être trop lu et, surtout, trop regardé de SF pour encore m’extasier devant le bâtiment en tant que tel, mais j’imagine bien que mon sentiment serait fort différent devant la dite construction, grandeur nature. J’ai besoin d’essayer pour adopter, moi, vous savez ! (oui, cette phrase était volontairement tendancieuse)

“Comment c’est censé marcher, c’machin ?”

L’anti-smog se compose de deux bâtiments : le premier, qui ressemble donc à un vaisseau spatial ou à une sorte de ballon de rugby (bah, quand même, non ?), est surnommé la Solar Drop (“la goutte d’eau” en anglais). Le second, sorte de grande tour en forme de vis, est appelée la Wind Tower (la tour du vent).
Des noms, comme vous pouvez le voir, clairement orientés nature et écologie.

Et pour cause, la Solar Drop est une superstructure composée de cellules photovoltaïques (une cellule photovoltaïque est un composant électronique qui, exposé à la lumière (photons), génère de l’électricité) ou, autrement dit, une sorte de panneau solaire géant. De plus, son revêtement en dioxyde de titane (c’est-à-dire composé d’oxygène et de titane) interagit avec les rayons ultraviolets pour dégrader les particules polluantes dans l’air.
La Wind Tower, elle, possède une structure en hélice sur laquelle sont incrustées de petites éoliennes fixées verticalement.

Façade du Musée des Arts Premiers, Paris.
Façade du Musée des Arts Premiers (ou Musée du quai Branly), Paris. Architecture de Jean Nouvel.

Enfin, comme on peut le voir sur les images accompagnant le projet, les deux bâtiments seraient en partie recouverts de végétaux. On peut penser à des sortes de murs végétales, comme on en voit finalement de plus en plus régulièrement et comme il en existe déjà un sur la façade du Musée des Arts Premiers à Paris, justement.

Ce projet a été conçu pour être, éventuellement, installé dans le 19ème arrondissement de Paris, près du canal de l’Ourcq. Pour ma part, je ne connais pas le coin mais, sait-on jamais, peut-être que c’est votre cas.

Représentation en 3D de l'intérieur du projet Anti-Smog par Vincent Callebaut.
Représentation en 3D de l’intérieur du projet Anti-Smog par Vincent Callebaut.

Ce qu’il faut néanmoins savoir, c’est qu’il s’agit uniquement d’un projet. Je ne pense pas que la ville de Paris investira de si tôt dans un projet comme celui-là mais, si elle le voulait, le projet existe et serait réalisable. Alors, la ville à la Star Wars, oui, on pourrait faire mais, non, on est pas prêt de la voir. Simple question de budget ? Pas seulement. Il faut aussi prendre en compte que le changement fait peur… Et quel changement ! Les propositions de Vincent Callebaut ont quelque chose de foncièrement utopiques. Et notre monde semble n’avoir encore jamais été prêt pour ça.
Sachez que la première fois que j’ai parlé du projet Anti-Smog sur un blog, c’était en 2010. Et nous n’avons pas vu l’ombre d’un projet comme celui-là émerger à Paris en ces cinq années.

Ceci dit, L’Anti-Smog n’est qu’un des nombreux projets imaginés par Vincent Callebaut pour Paris et ailleurs. Mais même s’il n’est pas forcément mon projet préféré, je tenais à vous montrer que des artistes imaginent des choses géniales qui pourraient très bien voir le jour près de chez nous (et pas seulement, comme c’est souvent le cas, dans les gigantesques villes comme New York ou celles qui sont “à la mode”, en ce moment, architecturalement parlant, comme Pékin, Hong Kong et l’inclassable Dubai). L’avenir nous dira si toutes ces idées resteront purs projets ou si elles verront le jour dans un avenir plus ou moins proche.

En attendant, Vincent Callebaut persiste et signe. A l’été 2014, il présentait, en coopération avec le cabinet d’ingénieur Setec Bâtiment, un projet tout à fait hallucinant dans le cadre de l’étude “Paris Smart City 2050” lancée par l’Agence de l’écologie urbaine de la ville de Paris. On y retrouve notamment l’idée de l’Anti-Smog à travers ce que Callebaut surnomme les “Anti-Smog Towers” (les “tours anti-smog”). Et, cette fois, c’est bien la ville de Paris qui est à l’origine de l’étude ! On peut donc imaginer que, peut-être, un jour, au moins une partie de ces bâtiments sortiront de terre.

Toutes les informations concernant ces infrastructures sont disponibles sur le site de Vincents Callebaut en anglais et en français (il faut dérouler la page un petit moment pour tomber sur le français, pour information ;)).
On y parle des installations pour les alentours de la Gare du Nord, des Portes d’Aubervilliers ou des Lilas, pour les 12ème, 16ème, encore 13ème arrondissements. Même Montparnasse n’y échappe pas. Pas davantage que la “Petite Ceinture” où se situeraient les fameuses tours “Anti-Smog”.

Comme vous connaissez peut-être certains de ces endroits tels qu’ils sont aujourd’hui, voici la liste présentée sur le site :

1. « MOUNTAIN TOWERS » :
PARIS HISTORIQUE _ 1er arr., RUE DE RIVOLI
Des tours végétales, solaires et hydrodynamiques bio-climatisant l’îlot de chaleur urbain.
2. « ANTISMOG TOWERS » :
PARIS HISTORIQUE _ 14ème arr., PETITE CEINTURE
Un corridor écologique de 23 kms au cœur de Paris ponctué de tours dépolluantes photo-catalytiques.
3. « PHOTOSYNTHESIS TOWERS » :
PARIS MODERNE _ 15ème arr., TOUR MONTPARNASSE
Un Central Park piézo-électrique et spiralé à la verticale aux bio-façades d’algues vertes.
4. « BAMBOO NEST TOWERS » :
PARIS MODERNE _ 13ème arr., ENSEMBLE MASSENA
Des tours maraîchères thermodynamiques aux balcons potagers.
5. « HONEYCOMB TOWERS » :
PARIS PERIPHERIQUE _ 20ème arr., PORTE DES LILAS
Une ruche de logements alvéolaires énergétiquement solidaire.
6. « FARMSCRAPERS TOWERS » :
PARIS PERIPHERIQUE _ 19ème arr., PORTE D’AUBERVILLIERS
Une ferme verticale rapatriant la campagne aux portes de la ville.
7. « MANGROVE TOWERS » :
PARIS FUTUR _ 10ème arr. _ GARE DU NORD
Des tours photosensibles enracinées sur des quais piézoélectriques.
8. « BRIDGE TOWERS » :
PARIS FUTUR _ 16ème arr., PONT AVAL / 12ème arr., _ PONT AMONT
Des ponts-paysages habités amphibiens enjambant la Seine aux entrées Amont et Aval de Paris.

Sur ce, voici les images qui, j’espère, vous plairont autant qu’à moi !
Si oui/Si non, vous pouvez me le faire savoir par commentaire. Je serais curieuse, notamment, de lire l’avis de parisiens, si certains passent par cette page ! :)

Représentation en 3D pour le projet "Paris Smart City 2050".
Représentation en 3D pour le projet “Paris Smart City 2050”.
Représentation en 3D pour le projet "Paris Smart City 2050".
Représentation en 3D pour le projet “Paris Smart City 2050”.
Représentation en 3D pour le projet "Paris Smart City 2050".
Représentation en 3D pour le projet “Paris Smart City 2050”.
Représentation en 3D pour le projet "Paris Smart City 2050".
Représentation en 3D pour le projet “Paris Smart City 2050”.
Représentation en 3D pour le projet "Paris Smart City 2050".
Représentation en 3D pour le projet “Paris Smart City 2050”.
Représentation en 3D pour le projet "Paris Smart City 2050".
Représentation en 3D pour le projet “Paris Smart City 2050”.
Représentation en 3D pour le projet "Paris Smart City 2050".
Représentation en 3D pour le projet “Paris Smart City 2050”.
Représentation en 3D pour le projet "Paris Smart City 2050".
Représentation en 3D pour le projet “Paris Smart City 2050”.

Sources :
Page officielle du projet Anti-Smog sur le site de Vincent Callebaut
Page officielle du projet Paris Smart City 2050 sur le site de Vincent Callebaut
Projet Paris Smart City 2050 présenté par Paris ZigZag
Les villes du futur, mardi 20/01 à 20h50, Arte
Vegetal City (Cité Végétale) de Luc Schuiten

JE SUIS CHARLIE !

… Comment commencer un article comme celui-là ?
Je me suis longuement posée la question mais je n’ai pas trouvé de réponse adéquate. D’autant plus que la plupart de mes amis blogueurs ont préféré s’abstenir de s’exprimer sur ce qui s’est produit (ce que je comprends et respecte tout à fait, d’ailleurs). Je ne peux donc pas vraiment m’inspirer de leur propre réaction.
Quoi qu’il en soit, je ne voulais pas rester silencieuse. Je ne voulais pas non plus m’exprimer dès le premier jour, comme beaucoup l’ont fait. Pas que je n’avais rien à dire mais la tristesse et la colère auraient probablement déformé mes mots. Mercredi 7 janvier, je n’ai donc fait qu’un malheureux dessin. Et je ne suis vraiment pas douée pour ce genre de dessin. Mais j’y tenais. On essaie de faire ce qu’on peut, dans ces cas-là, j’imagine.

Aujourd’hui, je suis toujours triste, toujours en colère aussi, même si les raisons commencent à se répandre différemment. Mais je tiens à publier cet article, consacré aux très nombreux dessins et créations qui ont émergé de ce désastre.
Ils illustrent tellement bien l’adage qui veut que “rien ne se perd, tout se transforme”. Cette phrase n’en finit par d’être vraie. Heureusement ? Malheureusement ? Je ne sais pas.

Les articles que je publie sur mon blog sont généralement consacrés à l’art et à la culture. Je prends régulièrement plaisir à vous raconter pourquoi telle œuvre est ainsi faite et ce qu’elle raconte. Je fais de mon mieux. Et je voudrais faire de mon mieux, aujourd’hui encore, pour vous présenter la myriade de dessins que j’ai récolté sur la toile et qui portent tous le même étendard : Je suis Charlie.

Beaucoup de “cartoons” dans les dessins qui ne cessent de fleurir depuis mercredi. Des bandes dessinées, des caricatures. Certaines témoignent clairement du chagrin laissé dans son sillage par l’attentat meurtrier. D’autres ont préféré miser sur l’humour. Parce que Charlie Hebdo, c’était l’art de rire de tout, de tout le monde, tout le temps. “Comme des enfants” ont pu témoigner certains rescapés du journal, qui connaissaient très bien les dessinateurs disparus tragiquement. On perçoit également l’amertume chez beaucoup. Comme le sentiment d’un énorme gâchis. Pourquoi eux ? Pourquoi comme ça ? Et pourquoi a-t-il fallu qu’un tel évènement survienne pour que la France apparaisse plus soudée qu’elle ne l’avait été depuis bien longtemps ?
Certains noms d’artistes, dans cette liste, ne vous diront sûrement rien. Il faut dire que même les dessinateurs en herbe et ceux dont ça n’est pas forcément le métier ont pris la plume et l’encre pour mettre de la couleur et quelques mots (ou pas) sur ces atrocités. Il y a aussi des noms bien célèbres comme Uderzo (le papa d’Astérix), Zep (celui de Tifeuf) le caricaturiste et dessinateur de presse Plantu ou encore Philippe Geluck (le bédéiste belge créateur du Chat).
Il y a tous les styles, toutes les pattes. Il y a même des artistes du monde entier (comme les américains Nick Anderson, Rick McKee, Gary Varvel, l’Espagnole Ana Juan, en une du New Yorker, l’égyptien Mazen Kerbaj, l’iranien Mana Neyestani, le grec Alecos Papadatos, le suisse Chappatte). Pourtant, tous ces dessins sont d’une grande clarté.

Les images ont bel et bien un pouvoir, qui dépasse peut-être même celui des mots : elles ont la capacité d’être compréhensibles par tous. La lecture des images est universelle.
C’est donc d’autant plus tragique que ce soit précisément notre capacité à dessiner, développée par les hommes depuis la nuit des temps (les hommes préhistoriques dessinaient déjà !) qui ait été attaquée ce mercredi. D’autant plus qu’il s’agissait de dessins humoristiques. Or, l’humour est également le propre de l’être humain.
Quant à défendre notre liberté d’expression, je crois que vous avez été assez nombreux à le faire ce week-end, en descendant dans la rue. Je n’en ajouterai pas davantage (pas dans cet article, en tout cas) car c’était bien assez beau comme ça, quoiqu’en disent certains (que ce soit par bêtise ou pour tout autre raison, je préfère vous ignorer aujourd’hui). Toutefois, avant de passer aux dessins, je publierai seulement cette photographie, de Martin Argyroglo digne héritière de La Liberté guidant le Peuple et justement prise dimanche, Place de la République à Paris :

Martin Argyroglo
Martin Argyroglo

Passons aux dessins.
Cliquez sur un des dessins pour l’agrandir.


Si d’autres dessins vous ont plu, vous ont marqué par leur humour ou leur émotion, par leur pertinence ou leur beauté et qu’ils n’apparaissent pas dans la galerie que j’ai dressée ici (je n’ai probablement pas pu tout voir), n’hésitez pas à en parler et à partager les liens dans les commentaires, ci-dessous.

Je consacrerai également un article, dans la même veine que celui-ci, aux pancartes qui ont pu être brandies pendant les marches républicaines de samedi et dimanche, à Paris, en France et partout ailleurs. Certains des slogans qui y étaient brandis méritent d’être vus, encore et encore.