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Les Fontaines Wallace : ces illustres inconnues de Paris

J’ai deux amouuuurs, mon pays et Pariiis ! (oui, j’ai une culture de vieille bique alors que je n’ai que 24 ans, mais j’assume)
Pour les mous du ciboulot et les cerveaux lents, oui, je vous emmène une nouvelle fois au cœur de la Capitale, à la découverte d’œuvres d’art public urbain : les Fontaines Wallace ! Nous quittons le street art d’un de mes précédents articles et plongeons dans le passé de la Capitale française. Direction le XIXe siècle, mais pas tout à fait celui de l’Eléphant de la Bastille dont je vous avais également parlé. Nous quittons Napoléon Ier pour son neveu, Napoléon III et débarquons donc en pleine seconde moitié du XIXe siècle.

Go, go, go !


Sommaire de l’article

Les Fontaines Fantômes
Des Fontaines pour tous
Reconnaître les Fontaines Wallace
Les Fontaines Wallace aujourd’hui
Paris n’en a pas fini avec ses fontaines !


Les Fontaines Fantômes

Edicule Guimard de la sortie du métro Abbesses, Place des Abbesses, Paris
Edicule Guimard de la sortie du métro Abbesses, Place des Abbesses, Paris
Jean-Beraud-rue-parisienne-colonne-morris-1885
Jean Béraud, Vue d’une rue parisienne, 1885.
La tour qu’on peut y voir est une Colonne Morris.

Je suis à peu certaine que vous connaissez tous les Colonnes Morris et vous avez sûrement en tête les Édicules Guimard. Au moins voyez-vous à quoi ressemble ce mobilier urbain en fonte si caractéristique de la vie parisienne. Mais les Fontaines Wallaces sont beaucoup moins célèbres. Allez savoir pourquoi !

Sur le site Un jour de plus à Paris, j’ai lu que vous pouviez passer un jour entier à interroger, au hasard, des parisiens dans la rue et que la majorité d’entre eux vous répondrait qu’ils ne connaissaient pas les Fontaines Wallace. C’est assez fou !
Bon, après, je ne suis pas à Paris actuellement et si j’y étais j’aurais mieux à faire que d’interroger des parisiens pour savoir s’ils connaissent ou non ces fontaines, donc je ne peux pas vous dire si cela est vrai  de vrai ou pas… Ceci dit, mon parisien d’amoureux ne connaissait pas ces Fontaines. Disons que c’est un « bon » début (enfin, façon de parler).

Comme c’est le cas pour beaucoup d’autres oeuvres d’art public urbain (comprenez des œuvres qui se trouvent dans nos rues), peut-être passe-t-on simplement à côté des Fontaines Wallaces sans y prêter attention. Rien d’étonnant à cela : il y a déjà tellement d’autres choses à voir à Paris ! Et puis, me direz-vous, ce ne sont que des Fontaines. Rien de bien folichon. C’est pourtant dommage parce que ces « simples » fontaines ont une histoire bien singulière.

Des Fontaines pour tous

Photographie de Sir Richard Wallace, créateur des Fontaines qui portent aujourd'hui son nom.
Photographie de Sir Richard Wallace

C’est le philanthrope anglais Richard Wallace qui finança leur édification au XIXe siècle. Paris avait alors connu des moments difficiles : un siège mené par l’armée prussienne (1870-1871) ainsi que le tristement célèbre épisode de la Commune (1871). Des aqueducs avaient été détruits et le prix de l’eau avait flambé. Aussi, Richard Wallace décida-t-il d’offrir aux parisiens la possibilité de se fournir gratuitement en eau potable. Les fontaines qu’il souhaita voir construites devaient aider en particulier les plus démunis, tout en étant finalement en libre accès pour tous.

Sir Richard Wallace souhaita également que ces fontaines soient conçues comme des œuvres d’art de sorte à égayer les rues mais aussi et surtout à mettre à la portée de tous  la culture artistique encore largement réservée à une élite. Ses contemporains s’accordent d’ailleurs sur la beauté de ces fontaines, parfaitement dans le goût de l’époque.
Il faut dire que Richard Wallace n’en est pas à son coup d’essai dans le domaine. En effet, à la même époque, il ouvre aussi les portes de sa collection d’art et permet ainsi à tous les Londoniens, quel que soit leur statut social, de venir admirer les œuvres des grands artistes.

Reconnaître les Fontaines Wallace

  • Grand modèle (2,71 m pour 610 kg) : composé de quatre cariatides se tournant le dos et soutenant à bout de bras un dôme orné d’une pointe et décoré de dauphins.

    Fontaine Wallace de la Place de la Commune, Paris.
    Fontaine Wallace de la Place de la Commune, Paris.
  • Modèle à colonnettes (2,50 m pour un peu plus de 500 kg) : les cariatides sont ici remplacées par des colonnettes ce qui réduit le coût de fabrication.

    Fontaine Wallace de la rue Rémusat, 16ème arrondissement, Paris.
    Fontaine Wallace de la rue Rémusat, 16ème arrondissement, Paris.
  • Modèle en applique (1,96 m pour 300 kg) : Il n’en reste qu’un seul exemplaire aujourd’hui, rue de Geoffroy-Saint-Hilaire.

    Fontaine Wallace en applique, Paris.
    Fontaine Wallace en applique, Paris.
  • Petit modèle (1,32 m pour 130 kg) : Ces fontaines sont des bornes à bouton-poussoir. On les trouve essentiellement dans les squares et les jardins publics.

    Fontaine Wallace petit modèle, Paris.
    Fontaine Wallace petit modèle, Paris.

Les Fontaines Wallace aujourd’hui

De nos jours, les Fontaines Wallace ont non seulement pris des couleurs (certaines sont désormais rouge, rose, bleu, jaune…) mais elles ont aussi su s’exporter. Vous pouvez donc en admirer ailleurs qu’à Paris puisqu’il en existe des modèles à Bordeaux, Lille, Toulouse ou encore Reims. Jusqu’en Espagne et même à Québec !

D’ailleurs, peu de gens le savent, mais les Fontaines Wallace de Paris sont toujours accessibles aujourd’hui et vous pouvez toujours y trouver une eau potable et gratuite au cours de vos escapades parisiennes. Un bon plan à connaître en ces temps de canicule, non ? Le service ne s’interrompt qu’en hiver, à partir du 15 novembre, pour ne reprendre que le 15 mars, afin de préserver la plomberie interne des gelées. Le site Eau de Paris met à votre disposition une carte de tous les points d’eau de la Capitale et nous explique ceci :

guillemet« Oui, l’eau des fontaines à boire est potable ! Et si la loi n’oblige pas à le préciser, Eau de Paris, en accord avec la Ville, a choisi de le mentionner sur tous les points d’accès à l’eau de la capitale. Depuis l’automne 2012, toutes les fontaines sont marquées de trois plaques indiquant la qualité, la provenance et la composition de l’eau délivrée. Un contrat de confiance avec les Parisiens et une façon de les inciter à se désaltérer aux fontaines publiques au cours de leurs pérégrinations. »
(…)
« Pour que les parisiens les plus démunis continuent de disposer d’eau potable, Eau de Paris a décidé de maintenir en hiver une quinzaine de bornes fontaines dites à « bouton poussoir ». Ces points d’eau sont choisis en lien avec les services sociaux de la Ville, et sont recensés dans le guide Solidarité à Paris. »

Source : Eau de Paris

Plus insolite, les fontaines déclenchent parfois des passions. Le village de Souilly, en Lorraine, vient d’en faire les frais. En effet, la fontaine Wallace qui venait d’être rénovée pour le centenaire de la bataille de Verdun a été volée le lendemain de sa réinstallation devant la mairie de la commune. Sans que personne n’ait rien vu, les voleurs ont réussi à s’emparer de la fontaine pesant quand même le poids honorable de 450 kg. (Source : Journal 20 Minutes, « Ils inaugurent la fontaine du village, elle «s’évapore» le lendemain », 3 juillet 2015)

Paris n’en a pas fini avec ses fontaines !

Des fontaines, il en existe beaucoup d’autres dans les rues de Paris. La Capitale fait preuve de beaucoup d’ingéniosité et de créativité pour que l’eau soit accessible à tous. Les Fontaines Wallace ne sont donc pas les seules habitantes des rues parisiennes. Vous pouvez désormais même avoir accès à des « fontaines » d’eau pétillante. Un gadget, me direz-vous, mais l’important reste qu’elle permet à tout le monde de s’hydrater gratuitement.

Vous pouvez accéder à un récapitulatif des différents types de fontaines trouvables à Paris sur le site Eau de Paris en cliquant ici puis sur « Fontaines pour tous ». Le site vous met également à disposition l’adresse de son compte Flickr où vous pouvez voir ces fontaines en images et en action.

Ma préférée ? J’adore la Fontaine Grenouille qui se trouve dans le quartier de La Défense ! Elle fut réalisée par Claude Torricini et date de 1987. C’est une grenouille géante en bronze posée sur un socle en granit. Dans sa gueule ouverte se tient une autre petite grenouille et c’est elle qui vous permet de vous désaltérer. Personnellement, je la trouve vraiment amusante. En plus, si vous êtes de passage dans le secteur, vous aurez accès à un véritable musée à ciel ouvert puisque le Quartier de la Défense regroupe de nombreuses oeuvres d’art public urbain. Il y en a pour tous les goûts ! Vous saurez au moins où faire une pause pour boire un coup ;) (Vous pouvez admirer d’autres belles photographies de cette fontaine en cliquant ici en plus de celles se trouvant ci-dessous.)


Cet article vous a plu ? Ou pas ? Vous pouvez tout me dire en laissant un commentaire ci-dessous !


Sources :
Eau de Paris

Un jour de plus à Paris : Histoire des Fontaines Wallace
Les fontaines Wallace à Paris, esthétiques et rafraîchissantes
MBDV – Mon blog de voyage : La Défense, un musée à ciel ouvert

Theo Jansen : l’artiste qui crée de nouvelles formes de vie

Theo Jansen, Animaris Currens, 1993. © ADAGP, Paris 2014
Theo Jansen, Animaris Currens, 1993. © ADAGP, Paris 2014

Depuis le 18 février et jusqu’au 17 mai 2015, le Palais de Tokyo (Paris) accueille des oeuvres de l’artiste Theo Jansen.

Photo de Theo Jansen.
Photo de Theo Jansen.

Pour la petite histoire, il y a quelques semaines, j’avais partagé par hasard une vidéo d’une de ses œuvres sur mon mur Facebook et elle avait déclenché un vif intérêt auprès de mes amis. C’est pourquoi je vous parle de cet artiste aujourd’hui : j’avais promis de me renseigner à son sujet car je ne le connaissais pas du tout. Et quel hasard, donc, cette exposition débarque !

Theo Jansen vit et travaille à La Haye (Pays-Bas) et c’est là qu’il développe… les « Strandbeasts » ou « Strandbeests » (ou « Créatures de la plage » ). Les quoi, me direz-vous ? Les Strandbeasts sont les étranges et fascinantes créations de l’artiste. Des créatures construites à partir de tubes d’isolation électrique ou de tiges de bambou, de serre-câbles, de voiles et qui sont capables de se déplacer grâce au vent. Attention, nous sommes loin de parler de cerf-volant ou de char à voile ! Les créatures de l’artiste ont souvent de multiples pattes, elles ressemblent à de gigantesques insectes et quand elles se déplacent, cela devient vraiment incroyable car la complexité de leurs mouvements est clairement visible mais d’un grand naturel. On croirait vraiment voir bouger des êtres vivants.

Tous les étés, Theo Janson transforme ainsi la plage de Scheveningen en laissant ses monstres s’y promener. Voici une compilation de ce que cela peut donner (il s’agit de la fameuse vidéo que j’avais partagée et qui a tant fasciné mes amis) :

Le résultat est des plus surprenants ! Il a quelque chose de magique.

Je vous invite d’ailleurs à regarder les photos de ses œuvres, que je regroupe ci-dessous. Vous constaterez aisément que les Strandbeasts n’ont rien de machines ultra-sophistiquées. Il ne s’agit pas de robotique, ici. La mécanique repose sur des principes naturels et les matériaux utilisés par l’artiste n’ont rien de particulièrement nobles. Voilà presque des géants de papier, comme le chantait l’artiste, et c’est d’autant plus spectaculaire !

Pourtant, les oeuvres de l’artiste étaient déjà de passage à Paris du 8 avril 2014 au 4 janvier 2015, dans l’exposition de la Cité des Sciences « Art Robotique ». Alors, robot ou pas robot ?

Il ne s’agit pas d’un art robotique mais d’un art cinétique !

Pause précision : L’art cinétique, qu’est-ce que c’est ? Depuis les années 1960, l’art cinétique désigne des œuvres qui contiennent des parties en mouvement. Le mouvement peut être produit par le vent, le soleil, un moteur ou le spectateur. L’art cinétique englobe une grande variété de techniques et de styles qui peuvent se mêler les unes aux autres.
Un des artistes les plus connus à proposer un art cinétique est Alexander Calder. Ce dernier réalise des mobiles de fils et de pièces métalliques. Une de ces œuvres est actuellement installée devant le Centre Pompidou de Paris. C’est aussi près du même musée que se trouve une des oeuvres d’art cinétique les plus célèbres : la Fontaine Stravinsky de Jean Tinguely et Niki de Saint-Phalle. Mais on peut également citer Victor Vasarely et ses illusions d’optiques colorées et géométriques. Ce qui démontre à quel point l’art cinétique peut prendre des formes diverses et variées.

Quelques oeuvres d’Alexander Calder :


Quelques oeuvres de Victor Vasarely :

Jean Tinguely et Niki de Saint-Phalle, Fontaine Stravinsky, ou fontaine des Automates, 1983 Près du Centre George Pompidou, Paris
Jean Tinguely et Niki de Saint-Phalle, Fontaine Stravinsky, ou fontaine des Automates, 1983
Près du Centre George Pompidou, Paris

Pour en revenir à Theo Jansen, voici ce que nous explique le site de la Cité des Sciences, dévoilant qu’une partie du travail de l’artiste se déroule d’abord sur ordinateur :

guillemet« Dépourvues de moteurs, de capteurs et de toute autre technologie, elles n’ont besoin pour marcher que du vent et du sable humide de la côte néerlandaise.
Issues d’un procédé combinant hybridation et « évolution darwinienne », elles naissent sous la forme d’un algorithme, puis d’une simulation sur ordinateur qui les met en compétition, comme des organismes vivants artificiels. Les plus rapides prendront ensuite vie physiquement, en trois dimensions, et les plus performantes transmettront leur « ADN » (longueur et disposition des tubes) aux générations suivantes. »

Source : Cité des Sciences et de l’Industrie

C’est une sorte de nouvelle espèce que Theo Jansen crée peu à peu, en jouant à sa façon le rôle de Mère Nature. La création de chacune de ses créatures dépendant directement de ce qu’elle héritera ou non des précédentes générations. Plusieurs « espèces » de Strandbeasts ont déjà été développées par l’artiste à partir de cette procédure et chacune possède des caractéristiques propres : nous avons par exemple Animaris Currens Ventosa, Animaris Umerus ou encore Animaris Ondula. Autant de noms qui rappellent les appellations latines de nombre d’espèces bien « réelles » et bien « naturelles ». (Si cela vous intéresse, le jeu Spore qu’Electronic Arts avait développé il y a quelques années reposait sur un principe semblable : « De la forme de vie la plus primitive jusqu’au plus haut niveau d’existence intergalactique, contrôlez la vie elle-même dans Spore » disait le speech du jeu.)

L’artiste explique volontiers que ses créatures ont vocation à devenir autonomes : elles vivront sur les plages, explique-t-il, et se nourriront du vent. Rêve ou réalité ? L’artiste pense-t-il vraiment réussir à atteindre un tel but ? Seul l’avenir nous le dira. Certaines espèces développées jusqu’ici sont déjà capables de stocker le vent dans… des bouteilles de limonade placées dans leur armature ! Cela leur permet notamment de ne pas se noyer (et oui, c’est ce qui arrive quand la marée monte et que ces pauvres bestioles n’ont pas le temps de fuir).

Pour les plus curieux, voici une seconde vidéo dans laquelle Theo Jansen lui-même parle de ses créatures :

Notons quand même que Theo Jansen a fait des études de physique avant d’embrasser une carrière d’artiste. Ceci explique sans doute cela ! Et cela nous permet de constater à quel point la science peut être une source d’inspiration artistique et créative.

Vue de l’exposition « Le Bord des Mondes », Palais de Tokyo, 2015.  Photo : André Morin.  Theo Jansen, Animaris Umerus, 2010.  Courtesy de l'artiste. ADAGP, Paris 2015.
Vue de l’exposition « Le Bord des Mondes », Palais de Tokyo, 2015.
Photo : André Morin.
Theo Jansen, Animaris Umerus, 2010.
Courtesy de l’artiste. ADAGP, Paris 2015.
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Gros plan sur les tubes qui forment le squelette des créatures.

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Source :
Site officiel de Theo Jansen
Palais de Tokyo, Theo Jansen dans l’exposition « Le bord des Mondes », Paris, 2015

Cité de la Science et de l’Industrie, Theo Jansen dans l’exposition « Art robotique », Paris, 2014-2015
Centre Pompidou, Dossier pédagogique sur l’Art Cinétique
« Ces formidables créatures cinétiques se déplacent de façon autonome à la seule force des vents »


Si cet article vous a plu (ou pas !), n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous ! Aimeriez-vous croiser ces créatures, sur une plage ? Seriez-vous un peu effrayés, comme la femme que l’on aperçoit au début de la vidéo ?

JE SUIS CHARLIE !

… Comment commencer un article comme celui-là ?
Je me suis longuement posée la question mais je n’ai pas trouvé de réponse adéquate. D’autant plus que la plupart de mes amis blogueurs ont préféré s’abstenir de s’exprimer sur ce qui s’est produit (ce que je comprends et respecte tout à fait, d’ailleurs). Je ne peux donc pas vraiment m’inspirer de leur propre réaction.
Quoi qu’il en soit, je ne voulais pas rester silencieuse. Je ne voulais pas non plus m’exprimer dès le premier jour, comme beaucoup l’ont fait. Pas que je n’avais rien à dire mais la tristesse et la colère auraient probablement déformé mes mots. Mercredi 7 janvier, je n’ai donc fait qu’un malheureux dessin. Et je ne suis vraiment pas douée pour ce genre de dessin. Mais j’y tenais. On essaie de faire ce qu’on peut, dans ces cas-là, j’imagine.

Aujourd’hui, je suis toujours triste, toujours en colère aussi, même si les raisons commencent à se répandre différemment. Mais je tiens à publier cet article, consacré aux très nombreux dessins et créations qui ont émergé de ce désastre.
Ils illustrent tellement bien l’adage qui veut que « rien ne se perd, tout se transforme ». Cette phrase n’en finit par d’être vraie. Heureusement ? Malheureusement ? Je ne sais pas.

Les articles que je publie sur mon blog sont généralement consacrés à l’art et à la culture. Je prends régulièrement plaisir à vous raconter pourquoi telle œuvre est ainsi faite et ce qu’elle raconte. Je fais de mon mieux. Et je voudrais faire de mon mieux, aujourd’hui encore, pour vous présenter la myriade de dessins que j’ai récolté sur la toile et qui portent tous le même étendard : Je suis Charlie.

Beaucoup de « cartoons » dans les dessins qui ne cessent de fleurir depuis mercredi. Des bandes dessinées, des caricatures. Certaines témoignent clairement du chagrin laissé dans son sillage par l’attentat meurtrier. D’autres ont préféré miser sur l’humour. Parce que Charlie Hebdo, c’était l’art de rire de tout, de tout le monde, tout le temps. « Comme des enfants » ont pu témoigner certains rescapés du journal, qui connaissaient très bien les dessinateurs disparus tragiquement. On perçoit également l’amertume chez beaucoup. Comme le sentiment d’un énorme gâchis. Pourquoi eux ? Pourquoi comme ça ? Et pourquoi a-t-il fallu qu’un tel évènement survienne pour que la France apparaisse plus soudée qu’elle ne l’avait été depuis bien longtemps ?
Certains noms d’artistes, dans cette liste, ne vous diront sûrement rien. Il faut dire que même les dessinateurs en herbe et ceux dont ça n’est pas forcément le métier ont pris la plume et l’encre pour mettre de la couleur et quelques mots (ou pas) sur ces atrocités. Il y a aussi des noms bien célèbres comme Uderzo (le papa d’Astérix), Zep (celui de Tifeuf) le caricaturiste et dessinateur de presse Plantu ou encore Philippe Geluck (le bédéiste belge créateur du Chat).
Il y a tous les styles, toutes les pattes. Il y a même des artistes du monde entier (comme les américains Nick Anderson, Rick McKee, Gary Varvel, l’Espagnole Ana Juan, en une du New Yorker, l’égyptien Mazen Kerbaj, l’iranien Mana Neyestani, le grec Alecos Papadatos, le suisse Chappatte). Pourtant, tous ces dessins sont d’une grande clarté.

Les images ont bel et bien un pouvoir, qui dépasse peut-être même celui des mots : elles ont la capacité d’être compréhensibles par tous. La lecture des images est universelle.
C’est donc d’autant plus tragique que ce soit précisément notre capacité à dessiner, développée par les hommes depuis la nuit des temps (les hommes préhistoriques dessinaient déjà !) qui ait été attaquée ce mercredi. D’autant plus qu’il s’agissait de dessins humoristiques. Or, l’humour est également le propre de l’être humain.
Quant à défendre notre liberté d’expression, je crois que vous avez été assez nombreux à le faire ce week-end, en descendant dans la rue. Je n’en ajouterai pas davantage (pas dans cet article, en tout cas) car c’était bien assez beau comme ça, quoiqu’en disent certains (que ce soit par bêtise ou pour tout autre raison, je préfère vous ignorer aujourd’hui). Toutefois, avant de passer aux dessins, je publierai seulement cette photographie, de Martin Argyroglo digne héritière de La Liberté guidant le Peuple et justement prise dimanche, Place de la République à Paris :

Martin Argyroglo
Martin Argyroglo

Passons aux dessins.
Cliquez sur un des dessins pour l’agrandir.


Si d’autres dessins vous ont plu, vous ont marqué par leur humour ou leur émotion, par leur pertinence ou leur beauté et qu’ils n’apparaissent pas dans la galerie que j’ai dressée ici (je n’ai probablement pas pu tout voir), n’hésitez pas à en parler et à partager les liens dans les commentaires, ci-dessous.

Je consacrerai également un article, dans la même veine que celui-ci, aux pancartes qui ont pu être brandies pendant les marches républicaines de samedi et dimanche, à Paris, en France et partout ailleurs. Certains des slogans qui y étaient brandis méritent d’être vus, encore et encore.

[Work in progress] Dessins : La Reine des Neiges et Jack Frost : Jelsa

Suite à une commande, j’ai réalisé deux dessins inspirés des dessins animés La Reine des Neiges (Frozen) de Disney et Les Cinq Légendes (Rise of the Guardians) de Dreamworks. L’un représente Elsa, la dite « reine des neiges » (son histoire serait inspirée du conte d’Andersen du même nom, mais… en dehors du titre, je cherche encore le rapport entre les deux histoires) et l’autre Jack Frost, personnage originellement tiré du folklore anglo-saxon, considéré comme une allégorie de l’hiver.

Le couple que l’on m’a demandé de représenter n’en est pas vraiment un car les deux personnages viennent de dessins animés différents. Mais depuis la sortie de la Reine des Neiges en 2013 (soit un an après la sortie des Cinq Légendes) les « fanarts » (néologisme formé des mots « fan » et « art », c’est-à-dire les créations imaginées par les fans à partir d’une oeuvre qu’ils admirent) ne cessent d’imaginer Elsa et Jack Frost réunis en une seule et même histoire.
Les deux personnages possédant tous deux des pouvoirs en lien avec la neige, la glace, le froid, rien de bien étonnant. D’autant plus que Disney et Dreamworks n’ont pas offert de « happy end » amoureux à ces deux personnages. Les fans s’en chargent donc à leur place. Sur le web, le couple a même son surnom : Jelsa, contraction de « Jack » et « Elsa ».

Bref, j’ai beaucoup travaillé, j’ai ajouté « ma patte » (je plaide coupable, les cheveux d’Elsa sont beaucoup plus longs que dans le dessin animé :D) et voici le résultat en quelques images :


Découvrez tous les produits dérivés créés à partir de ces dessins ! Ils sont disponibles sur la boutique Spreadshirt de Studinano : http://www.studinano.spreadshirt.fr
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Le Palais de Cristal

Palacio de Cristal, Milan, par Kimsooja
Palacio de Cristal, Milan.
Installation de Kimsooja, 2006

Nous devons la prise de cette photographie onirique à l’artiste coréenne Kimsooja. En 2006, elle investit le Palais de Cristal (Palacio de Cristal) de Madrid avec cette installation qui s’intitule « To Breathe – A Mirror « . Les fenêtres du Palais (qui ressemble à une sorte de gigantesque verrière puisqu’il fut construit en 1887 pour accueillir une exposition sur la flore et faune des Philippine) ont été recouvertes d’un film spécial et son sol de miroirs. Ainsi, les films créaient des arcs-en-ciel qui se reflétaient sur le sol, et ainsi de suite. En fond sonore, la respiration de l’artiste accompagnait la visite.

Source: – http://www.chambre237.com/un-palais-arc-en-ciel/#sthash.aJLyBqMW.dpuf
http://paristeampunk.canalblog.com/archives/2012/06/17/24516031.html