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Petite histoire de fantômes : La Famille Invisible

La Marquise du Deffand disait : « Je ne crois pas aux fantômes mais j’en ai peur. » Étrange contradiction qui peut paraître difficile à décrypter, à première vue. La Marquise semble nous dire que si elle ne croit pas aux fantômes, cela ne l’empêche pas d’en avoir peur. Il existe en effet un monde entre ce à quoi l’on croit (ou non) et ce qui existe véritablement (ou non). Dans le doute, même si l’on ne croit pas aux fantômes, on peut les craindre, car l’on a ni prouvé leur existence, ni prouvé leur non-existence. C’est un peu le même paradoxe qui existe aujourd’hui avec nos chers extraterrestres, ceux-là même qui n’ont toujours pas montré le bout de leur nez (s’ils en ont un) ; à la fois si attendus et si craints, alors même qu’on ignore tout d’eux et qu’on ne sait même pas s’ils existent.

Mais qu’est-ce qu’un fantôme ? S’agit-il seulement de ces entités inquiétantes, perdues dans l’au-delà, ces êtres qui nous ont quittés et qui sont censés revenir nous hanter ? Dans ce cas, je ne crois pas aux fantômes. De quels fantômes peut alors avoir peur la Marquise si elle ne croit pas en eux ? Si l’on considère qu’elle entend par « fantômes » certains éléments de sa vie passée, alors je peux comprendre qu’elle en ait peur. On parle parfois des « fantômes du passé » ; quand quelque chose ressurgit dans notre vie et vient potentiellement la bouleverser. C’est l’effet boule de neige. Ou le karma, dans d’autres cultures. Comme si tous nos actes portaient tôt ou tard à conséquence. Comment savoir si cela est vrai ou non ? Comment savoir si les fantômes de notre passé nous rattraperont un jour ou non ? Comment reconnaître ces fantômes ? citrouille-halloween

Une longue introduction pour vous souhaiter un joyeux Halloween ! Après les clowns ou les citrouilles chantantes, c’est au tour des fantômes de faire leur entrée chez Studinano !

Aujourd’hui, nous allons nous arrêter sur une œuvre que j’ai découvert il y a quelques années à Lille, au Tri Postal : celle de Théo Mercier, La Famille Invisible.

La Famille Invisible, Théo Mercier, Sculpture, 140x80x200 cm.
La Famille Invisible, Théo Mercier, Sculpture, 140x80x200 cm.

Cette œuvre a tout de suite retenu mon attention car elle est incroyablement polysémique. J’y ai vu plusieurs façons de l’appréhender. Mais mettons-nous tout de suite d’accord : ces interprétations sont tout-à-fait personnelles. Vous en verrez peut-être d’autres qui m’ont échappé et je vous invite à me les faire connaître dans les commentaires si c’est le cas !


Sommaire de l’article :

Une histoire de famille
Le Cousin Machin : star de l’Art ?
Fantômes ou Burka : identité(s) cachée(s)
Un problème plus profond : un secret de famille


Une histoire de famille

D’abord, bien sûr, il s’agit d’une famille. Un père, une mère, deux enfants, semble-t-il. Une famille de fantômes, certes, mais une famille quand même. L’artiste nous met là face à un thème qui pose question dans notre société actuelle : qu’est-ce qu’une famille, au XXIème siècle ? On a vu, ces dernières années, comme cette question pouvait créer des débats plus ou moins fondés, en particulier en France. Quand le Mariage pour Tous a été voté, nombre d’imbéciles de gens sont descendus dans les rues pour essayer de priver les autres de leur droit à fonder à leur tour une famille. Alors même qu’ils n’étaient en rien concernés. Les prétendus arguments portaient souvent sur leur représentation de la famille idéale : un papa, une maman, des enfants. Dans leur esprit, voilà la seule famille possible.

Cette famille type est celle que représente ici Théo Mercier. Mais c’est une famille de fantômes. Est-ce là une façon de dire que ce modèle est dépassé ? Qu’il n’est plus le seul existant ? A l’heure des familles monoparentales, homoparentales, recomposées, décomposées, inexistantes, surexistantes… Tout est désormais possible. Le modèle unique qui a longtemps été prôné par l’Eglise n’existe plus. Ou, en tout cas, il n’est plus le seul existant.

Mais en dehors des excités du pavé que sont les Manif pour Tous, il existe d’autres paranoïaques de la famille idéale. Dans le camp complètement inverse, j’ai entendu des gens s’exprimer contre l’idée même de famille : pour eux, la famille idéale est celle qui n’existe pas. Au XXIème siècle, pour eux, il serait temps de passer à autre chose. Vivre seul et avec tout le monde en même temps. S’autoriser la possibilité d’être avec une personne un jour, et une autre le lendemain. Bref, briser le couple car le couple est démodé. Soit… Ces extrêmes sont quand même un peu flippants à mon goût, mais soit.

On voit bien à travers ces différentes conceptions que la famille, le couple, l’amour posent de grandes questions de nos jours. Mais cela a toujours été le cas et nous nous posons tous des questions, même si elles sont souvent moins extrêmes que celles que j’ai pu exposer plus avant. Nous avons surtout la chance que beaucoup de tabous soient tombés au fil du temps, nous permettant d’exposer au grand jour des questions qui, autrefois, étaient gardées secrètes ou qu’on osait pas même se poser.

Dans l’œuvre de Théo Mercier, c’est une famille morte qui nous est montrée. Une famille fantomatique. On peut y voir à la fois la mort de la famille. Ou une famille qui reste elle-même par-delà la mort. Comment savoir ? Nous sommes dans un entre-deux. En pleine période de changements, d’interrogations, l’œuvre de Théo Mercier semble faire le pont entre différentes conceptions de ce qu’est la famille (si elle existe encore). Il ne nous donne pas de réponse : il nous pousse au questionnement.

Le Cousin Machin : star de l’Art ?

Face à une œuvre comme celle-ci, la Famille Addams n’a qu’à bien se tenir ! Ceci dit, on sent quand même que Théo Mercier a pu y trouver son inspiration : les lunettes noires de ses personnages me font penser à celle du Cousin Machin. Il est d’ailleurs assez étonnant de voir à quel point ce personnage a pu inspirer nombre d’artistes (d’ailleurs, je m’en inspire aussi). Il faut dire que c’est un personnage qui a de quoi séduire : on ignore ce qu’il est sous son épaisse chevelure, il semble aussi humain que monstrueux, il est à la fois étrangement mignon et bizarrement effrayant. Bref, c’est un personnage qui porte en lui les caractéristiques de l’Inquiétante Etrangeté décrite par Freud et utilisée par de nombreux artistes.

L'un des premiers Cousin Machin de la Famille Addams. On retrouve les lunettes de soleil qui indiquent l'emplacement des yeux et donne une allure anthropomorphique au personnage, le rendant plus humain et... plus effrayant en même temps.
L’un des premiers Cousin Machin de la Famille Addams. On retrouve les lunettes de soleil qui indiquent l’emplacement des yeux et donne une allure anthropomorphique au personnage, le rendant plus humain et… plus effrayant en même temps.
Dans cette oeuvre, Javier Perez donne sa version du Cousin Machin. Comme dans beaucoup de ses oeuvres, on est dérangé par cette forme étrangement humaine, pendue au plafond. L'artiste fait en sorte de provoquer un certain malaise chez le spectateur.
Dans cette oeuvre, Javier Perez donne sa version du Cousin Machin. Comme dans beaucoup de ses oeuvres, on est dérangé par cette forme étrangement humaine, pendue au plafond. L’artiste fait en sorte de provoquer un certain malaise chez le spectateur.
Javier Perez semble apprécier le monstre ambigu qu'est le Cousin Machin. Ici, on aperçoit l'homme sous la fourrure... Ou peut-être pas.
Javier Perez semble apprécier le monstre ambigu qu’est le Cousin Machin. Ici, on aperçoit l’homme sous la fourrure… Ou peut-être pas.
Nick Cave est un artiste qui réalise des costumes fantaisistes et surréalistes. Nombre d'entre eux ont de faux-airs de Cousins Machins, plus ou moins multicolores. Comme Théo Mercier, ses oeuvres étaient présentées lors de l'exposition Phantasia de Lille, au Tri Postal.
Nick Cave est un artiste qui réalise des costumes fantaisistes et surréalistes. Nombre d’entre eux ont de faux-airs de Cousins Machins, plus ou moins multicolores. Comme Théo Mercier, ses oeuvres étaient présentées lors de l’exposition Phantasia de Lille, au Tri Postal.
On peut aussi retrouver le Cousin Machin dans la pub. Le photographe Hugh Kretschmer nous le prouve avec cette image qui a tout d'une oeuvre surréaliste. On retrouve la cigarette perturbante, comme chez Théo Mercier. Bizarre, vous avez dit bizarre ?
On peut aussi retrouver le Cousin Machin dans la pub. Le photographe Hugh Kretschmer nous le prouve avec cette image qui a tout d’une oeuvre surréaliste. On retrouve la cigarette perturbante, comme chez Théo Mercier. Bizarre, vous avez dit bizarre ?
Faceless Girl au manteau
Cette Faceless Girl au manteau est ma version du Cousin Machin.
(Encre sur papier Canson | Ink on Canson paper)

Fantômes ou Burka : identité(s) cachée(s)

Un questionnement qui peut aller plus loin encore. Ces fantômes, dont les corps sont recouverts de longs draps blancs, peuvent aussi évoquer les nombreuses questions du voile, de la burka, du burkini même. Ici, ça n’est pas seulement la femme qui est dissimulée sous le tissu mais tous les membres de la famille. Vous me direz, quoi de plus normal, ce sont des fantômes et c’est ainsi que nous représentons les fantômes, dans la culture pop ! Mais c’est aussi là que l’on s’aperçoit qu’il y a quelque chose d’étrange et d’inquiétant à ne pas voir le visages de ces personnages. Que cachent-ils sous ces draps ? Cachent-ils seulement quelque chose ? Tous les doutes sont permis. Et, de nos jours, ces doutes sont justement ceux qui nous poussent à craindre tout le monde et n’importe qui, à stigmatiser autant qu’à nous radicaliser, quel que soit le camp choisi au final.

Ces draps que portent les fantômes sont considérés comme des déguisements. Il n’est pas rare d’en croiser dans les rues au moment d’Halloween. On se cache pour faire peur, pour surprendre, pour jouer à être un autre.

Le thème du déguisement qui dissimule pour mieux inquiéter, intriguer, attirer l’attention tout en cachant qui l’on est vraiment, est très présent dans l’Art et dans l’Histoire. Le masque est le premier pas vers le déguisement. Les bals masqués existent depuis très longtemps, partout dans le monde. Le carnaval de Venise est célèbre pour ses déguisements qui dissimulent complètement les personnes qui les portent. Sous le Second Empire, on sait que les bals masqués étaient le lieu de tous les possibles ; on y venait autant pour tromper son conjoint que pour prendre des décisions politiques majeures ; on s’y montrait, on devait y être vus mais, en même temps, on mettait un grand soin à ne pas être reconnu trop facilement, à se dissimuler derrière un masque et tout un déguisement plus ou moins élaboré.

Qui est le monstre inquiétant, alors ? Celui qui se montre ou celui qui se cache ?

Henri Gervex (1852-1929)Le bal de l'Opéra, Paris1886Huile sur toileH. 85 ; L. 63 cmCourtoisie Galerie Jean-François Heim, Bâle© Photo courtesy of Galerie Jean-François Heim, Basel / cliché Julien Pépy
Henri Gervex (1852-1929)Le bal de l’Opéra, Paris1886Huile sur toileH. 85 ; L. 63 cmCourtoisie Galerie Jean-François Heim, Bâle© Photo courtesy of Galerie Jean-François Heim, Basel / cliché Julien Pépy

Dans l’œuvre de Théo Mercier, on constate que le fantôme qui semble être le père tient une cigarette à la main ; n’est-il pourtant pas mort ? J’ai la même impression face à ce fantôme à la cigarette que lorsque je croise des femmes couvertes de la tête aux pieds à Disneyland Paris. Comme si deux visions du monde se rencontraient, se croisaient tout du moins, en créant sur leur passage une impression d’étrangeté. Comme quand quelque chose cloche mais qu’on est incapable de dire exactement pourquoi. La cigarette du fantôme est une bizarrerie qui nous interpelle. La femme voilée au milieu d’un des temples du consumérisme à l’américaine également. De la même manière, je ne cesse de trouver des plus étranges de voir des touristes en tong et chaussettes se balader dans les couloirs du Louvre, au milieu des département des Antiquités, là où sont exposées des œuvres dont les cousines sont explosées, actuellement en Syrie et ailleurs, dans l’indifférence la plus complète.

Quelque chose cloche dans notre société. Et, à mes yeux, cette œuvre pointe du doigt ce paradoxe, ce problème, ce truc coincé dans l’engrenage et qui l’empêche de tourner correctement. Le déguisement, le costume qui cache, permet ici de pointer du doigt et d’attirer l’attention sur un problème plus profond.

"Cette sculpture représente la Vierge enceinte de Jésus, debout les bras ouverts, figure de l’iconographie chrétienne rarement traitée. La Vierge est vêtue d’une tunique qui, tel un drapé mouillé, colle au corps, révélant avec impudeur sa nudité. Un voile, fabriqué à partir de boyaux de porc séchés, la recouvre de la tête aux pieds. La Vierge, paradigme d’une maternité sans tâche, devient ici une figure fantasmagorique, inquiétante, dans laquelle s’opposent, comme souvent dans les œuvres de Javier Pérez, les notions antagonistes du charnel et du spirituel, du laid et du beau, de l’impur et du sacré." (Source)  Javier Pérez Virgo Mater, 2012, Résine et boyaux de porc séchés
« Cette sculpture représente la Vierge enceinte de Jésus, debout les bras ouverts, figure de l’iconographie chrétienne rarement traitée. La Vierge est vêtue d’une tunique qui, tel un drapé mouillé, colle au corps, révélant avec impudeur sa nudité. Un voile, fabriqué à partir de boyaux de porc séchés, la recouvre de la tête aux pieds. La Vierge, paradigme d’une maternité sans tâche, devient ici une figure fantasmagorique, inquiétante, dans laquelle s’opposent, comme souvent dans les œuvres de Javier Pérez, les notions antagonistes du charnel et du spirituel, du laid et du beau, de l’impur et du sacré. » (Source)Javier Pérez
Virgo Mater, 2012,
Résine et boyaux de porc séchés 

 

Un problème plus profond : un secret de famille

D’ailleurs, Théo Mercier n’a pas seulement réalisé son étrange famille fantomatique. Il a remis ça avec cette autre œuvre, intitulée Le Grand Public. Tout aussi mystérieuse que la précédente, cette œuvre nous montre cette fois des personnages très différents les uns des autres. Du fou (qu’on reconnaît à l’entonnoir retourné sur sa tête) à l’enfant, du vieillard au parfait inconnu, en passant, justement, par le personnage coiffé d’oreille de Mickey.

Théo Mercier, Le Grand public, 2012 Courtesy de l’artiste et galerie Gabrielle Maubrie, Paris
Théo Mercier, Le Grand public, 2012 Courtesy de l’artiste et galerie Gabrielle Maubrie, Paris

Le truc coincé dans l’engrenage apparaît bien plus clairement dans cette œuvre. Ces fantômes sont tout le monde et personne à la fois. Ils nous évoquent des êtres que nous avons pu croiser, ils nous rappellent des choses que nous avons vues, ils nous aident à mettre le doigt sur ce sentiment d’incompréhension qui nous envahit parfois. Et c’est ainsi que les fantômes de Théo Mercier deviennent un peu nos fantômes ; ceux de notre passé commun, ceux sur lesquels nous avons basé notre monde et son système de fonctionnement, ceux qui nous rattraperont tôt ou tard.

Ces fantômes, je les vois comme des personnifications d’un secret de famille. Or, le « secret de famille » est typiquement le genre de « fantôme » qui peut ressurgir tout-à-coup et faire très mal. On en a fait des livres et des films sur le sujet ! Plutôt des drames que des comédies légères. Le secret de famille est le fantôme qu’on a enfermé un beau jour au fond d’un placard, qu’on a presque oublié et qui parvient à s’échapper pour tout envoyer valser sur son passage quand on s’y attend le moins. Et cette famille, c’est celle que nous formons tous, c’est l’Humanité toute entière, qui n’hésite pas à tout planquer sous le tapis plutôt que de faire le ménage nécessaire. Il n’y aura bientôt plus de place sous le tapis. D’ailleurs, on ne sait plus très bien ce que cache le dit tapis. Un peu comme on ne sait pas très bien ce qui se cache sous les draps des fantômes de Théo Mercier. Quand quelqu’un viendra le secouer un beau jour, nous aurons sans doute de sacrées surprises… et pas que des bonnes.

L'Enfance du Mal, Théo Mercier.
L’Enfance du Mal, Théo Mercier. (Source photo)

Si vous souhaitez voir d’autres créations que j’ai pu réaliser pour Halloween, ces dernières années, vous pouvez visiter cette page sur laquelle je les regroupe.

Jack-o'-Lantern
Quitte à vous souhaiter un joyeux Halloween et à vous parler de fantômes… revoici mes Jack-o’-Lantern !
(Aquarelle et encre sur papier Canson)

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La bataille de Minas Tirith reprend sur… Indiegogo !

C’est l’histoire complètement WHAT THE FUCKEST du jour : des fans du Seigneur des Anneaux, la célèbre saga littéraire de J.R.R. Tolkien, ont lancé un crowdfunding (un financement participatif) dans le but, complètement démentiel, de construire la ville de Minas Tirith à l’échelle 1:1 (oui, oui, à taille réelle).


Sommaire de l’article

Minas Tirith : Présentation et description
Minas Tirith décrite par Tolkien
Minas Tirith : une ville de rêve
Un projet… qui en cache un autre !
Minas Morgul : la ville des ténèbres
Le retour de la bataille de Minas Tirith !


Ce ne sont pas moins de 1 850 000 000 £ GBP (presque 2 600 000 000 €) que ces fans espèrent récolter pour mener à bien leur projet. On peut bien sûr douter qu’ils puissent réellement penser réunir un jour cette somme pharaonique. Mais la campagne, lancée il y a 13 jours, a déjà réussi à séduire 1 447 financeurs fous, pour une somme récoltée actuellement de 57 329 £ GBP (un peu plus de 80 000 €). Sans compte qu’à l’heure où j’écris ces lignes, la campagne de financement connaît un beau buzz sur Twitter, où elle est actuellement dans le Top Tweets mondial.

Minas Tirith : Présentation et description

Mais si vous n’êtes pas très coutumier de l’univers de Tolkien, Minas Tirith ne vous dit probablement pas grand-chose. Il s’agit pourtant d’une ville importante de l’histoire, qui apparaît également dans les adaptations cinématographiques réalisées par Peter Jackson. Ce qui nous permet de nous en faire une bonne idée :

Minas Tirith est la capitale du Royaume du Gondor, le plus grand royaume des Hommes, à l’Ouest de la Terre du Milieu, à l’époque où se déroule l’intrigue du troisième tome du Seigneur des Anneaux, intitulé Le Retour du Roi.

Selon les descriptions et ainsi qu’elle est représentée dans Le Retour du Roi, Minas Tirith est construite sur une avancée du Mont Mindolluin : derrière elle se dressent donc les Montagnes Blanches. Devant elle, en revanche, se trouvent les Champs du Pelennor. Cette situation géographique particulière la rend particulièrement éblouissante de beauté et, surtout, en fait une place forte réputée imprenable.

La ville se compose de sept niveaux. Chaque niveau n’est séparé du suivant que par une seule et unique porte. Ce dispositif étant censé empêcher ou, en tout cas, rendre particulièrement difficile, toute tentative d’invasion.

Les murs de la cité sont tous blancs à l’exception de son mur d’enceinte, composé d’une roche noire et lisse.

Au septième niveau de la ville se trouve notamment La Tour Blanche ou Tour d’Ecthelion, censée mesurer 300 pieds (environ 92 mètres de haut).

guillemet« Pippin poussa alors un cri, car la Tour d’Ecthelion, haut dressée à l’intérieur du mur le plus élevé, se détachait, brillante, sur le ciel, comme une pointe de perle et d’argent, belle et élancée, et son pinacle étincelait comme s’il était fait de cristaux, des bannières blanches flottaient aux créneaux dans la brise matinale, et il entendait, haute et lointaine, une claire sonnerie comme de trompettes d’argent. »

J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des anneaux, p. 805.

Tolkien accentue fréquemment le caractère imposant de la ville. Il écrit notamment : « Elle ne semblait pas construite, mais taillée par les géants dans l’ossature même de la Terre. » (Le Seigneur des anneaux, p. 805.)

Minas Tirith décrite par Tolkien

Je ne peux résister à l’envie de vous proposer la description exacte que Tolkien donne de la ville :

guillemet« Car la mode de Minas Tirith voulait qu’elle fût construite sur plusieurs niveaux, dont chacun était creusé dans la colline et bordé par un mur, et dans chaque mur se trouvait une porte. Mais ces portes n’étaient pas disposées sur une même ligne: la Grande Porte du Mur de la Cité était à l’extrémité orientale du circuit, mais la seconde faisait face au sud, la troisième à moitié au nord, et elles allaient et venaient ainsi en montant, de sorte que la route pavée qui grimpait vers la Citadelle tournait d’abord dans un sens, puis dans celui qui traversait la face de la colline. Et chaque fois qu’elle franchissait la ligne de la Grande Porte, elle passait par un tunnel voûté, perçant une vaste avancée de rocher dont la masse projetée divisait en deux tous les cercles de la Cité sauf le premier.
Car, du fait en partie de la forme primitive de la colline et en partie du grand art joint au labeur des anciens, s’élevait à l’arrière de la vaste cour faisant suite à la Porte un bastion de pierre dont l’arête aiguë comme une carène de navire la dominait de haute face à l’est. Il se dressait jusqu’au niveau du cercle supérieur, et là il était couronné de créneaux, de sorte que ceux de la Citadelle pouvaient, comme les marins d’un bâtiment haut comme une montagne, regarder du sommet à pic la Porte à sept cents pieds en dessous. L’entrée de la Citadelle donnait aussi sur l’Est, mais elle était creusée dans le cœur du rocher, de là, une longue pente, éclairée de lanternes, montait à la septième porte. Les hommes atteignaient enfin ainsi la Cour Haute et la Place de la Fontaine au pied de la Tour Blanche: belle et élevée, elle mesurait cinquante brasses de la base au pinacle, où flottait à mille pieds au-dessus de la plaine la bannière des Intendants.
C’était assurément une puissante citadelle, imprenable pour peu qu’elle fût tenue par des gens en état de porter les armes, à moins que quelque ennemi ne pût venir par derrière, escalader les pentes inférieures du Mindolluin et parvenir ainsi sur l’étroit épaulement qui joignait la Colline de la Garde à la masse de la montagne. Mais cet épaulement, qui s’élevait à la hauteur du cinquième mur, était entouré de grands remparts jusqu’au bord même du précipice qui surplombait son extrémité occidentale, et dans cet espace s’élevaient les demeures et les tombeaux à dôme des rois et seigneurs du temps passé, à jamais silencieux entre la montagne et la tour. »

J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des anneaux, p. 805-806.

Minas Tirith : une ville de rêve

Malgré sa splendeur, dans Le Retour du Roi, Pippin, l’un des Hobbits et un des personnages principaux de l’histoire, et Gandalf, le magicien qu’on ne présente plus (si ?), arrivent dans une ville qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. Il ne reste alors plus grand-monde qui vive Minas Tirith. La plupart des maisons sont vides et l’Intendant qui gouverne la cité en ces temps où il n’y a plus de Roi, n’a clairement plus toute sa tête. Pourtant, Tolkien en parle encore comme d’une cité majestueuse. Et les descriptions que je vous ai données ci-dessus vous permettent sûrement de comprendre pour quelles raisons.

Pieter Brueghel l'Ancien, La Tour de Babel, Huile sur toile, 1,140mm x 1,550mm XVIe siècle (1563) Kunsthistorisches Museum Vienna (Autriche)
Pieter Brueghel l’Ancien, La Tour de Babel,
Huile sur toile, 1,140mm x 1,550mm
XVIe siècle (1563)
Kunsthistorisches Museum Vienna (Autriche)

En fait, Minas Tirith n’est pas seulement une des fières cités inventées par Tolkien. Elle a depuis longtemps trouvé sa place de ville de légende dans l’esprit des geeks et autres amateurs de Fantasy du monde (moi y compris). Il faut dire que si l’équipe de Peter Jackson avoue s’être inspirée de la forteresse du Mont Saint-Michel pour donner vie au lieu à l’écran, l’ensemble rappelle aussi l’allure de la tour de Babel dépeinte par Pieter Brueghel l’Ancien. Une image que nous avons tous plus ou moins en tête et un mythe qui porte en lui bien plus que l’histoire d’une culture donnée, mais celle de notre civilisation toute entière. Autrement dit, cette ville fait rêver.

Comme le résume parfaitement ce célèbre mème : "Shut up and take my money !" ("Ferme-la et prend mon argent !")
Comme le résume parfaitement ce célèbre mème : « Shut up and take my money ! » (« Ferme-la et prend mon argent ! »)

Du coup, si je le pouvais, comme beaucoup d’autres fans, je crois que j’opterais pour la même philosophie de vie qu’un des commentateurs du projet : « This is absolutely crazy, it will never work. Here’s my money LOL » (traduction : « C’est absolument dingue, ça ne marchera jamais. Voici mon argent LOL »). Pourquoi ? Parce que ce projet est dément, bordel ! L’enfant en moi est totalement excitée à l’idée que ça puisse réussir ! Ce serait Noël avant l’heure, les gars !

Un projet… qui en cache un autre !

Cette campagne de crowdfunding a-t-elle des chances de réussir ? Rien n’est moins sûr. En tout cas, vous ne me verrez pas parier dessus (oui, je suis plutôt « verre à moitié vide » comme nana). Ce serait un incroyable miracle de l’internet. Seul le temps nous dira donc si les internautes du monde entier sont assez fous pour aller jusqu’au bout du délire.

Mais ce qui est peut-être encore plus dingue, c’est qu’un autre projet de crowdfunding a vu le jour, parallèlement à celui-là : car qui dit Minas Tirith, dit surtout bataille contre les forces de Sauron. Oui, oui, vous avez bien lu ! La ville n’est pas encore construite, et n’est même pas en passe de l’être, que déjà L’Armée de Sauron (un autre groupe de fans, bien sûr) a décidé de mener à son tour une campagne de financement dans le but de l’attaquer et de la détruire. (vous trouverez tous les liens à la fin de cet article)

Du coup, pour contrecarrer les plans des architectes de Minas Tirith, l’Armée de Sauron veut, de son côté, édifier une autre ville issue du Seigneur des Anneaux : sa sombre rivale, Minas Morgul.

Minas Morgul : la ville des ténèbres

Avant de devenir Minas Morgul, la ville s’appelait Minas Ithil. Elle était alors la Tour de la Lune Montante. La ville se situait sur un épaulement des Montagnes de l’Ombre (alors que, comme je vous le disais, Minas Tirith est accolée aux Montagnes Blanches).

Aragorn, joué par Viggo Mortensen.
Aragorn, joué par Viggo Mortensen.
Info et photo relativement inutiles mais Viggo est beau donc je le mets là quand même.

Comme on le devine aisément, Minas Morgul était déjà la cité-miroir de Minas Tirith, qui portait alors le nom de Minas Anor (oui, ça se complique…), signifiant « Tour du Soleil » ou « Tour du Soleil Couchant » en sindarin (le sindarin étant une des langues inventées par Tolkien). Ce nom fait référence à Anárion, le fondateur de la ville, de la même façon que Minas Ithil est nommée d’après son frère, Isildur (l’ancêtre d’Aragorn, le beau brun ténébreux, pour ceux qui veulent un peu de généalogie et de Viggo Mortensen).

Bref, tout opposait déjà les deux cités mais, finalement, cela ne se passait pas trop mal. Jusqu’à cette histoire d’anneaux et… vous connaissez la suite (ou vous la lirez/la regarderez, non mais ! Je vais pas tout vous prémâcher non plus !).

Faramir joué par David Wenham
Faramir joué par David Wenham

Voici un autre extrait du Seigneur des Anneaux, cette fois issue du deuxième tome de la saga, Les Deux Tours. Faramir, l’un des fils de l’Intendant de Minas Tirith (et un autre beau gosse de l’histoire, au cinéma) parle à Frodon (le gars à frisettes, super énervant, qui porte l’anneau et martyrise son autre pote Hobbit d’un bout à l’autre de l’histoire) :

guillemet« La vallée de Minas Morgul a passé au mal il y a très longtemps, et c’était une menace et un lieu redoutable alors que l’Ennemi banni était encore très loin et que l’Ithilien était en majeure partie sous notre garde. Comme vous le savez, cette cité était autrefois une place forte, belle et fière, Minas lthil, jumelle de notre propre cité. Mais elle fut prise par des hommes sauvages que l’Ennemi avait dominés dans sa première force, et qui erraient sans demeure et sans maître après sa chute. On dit que leurs seigneurs étaient des hommes de Númenor, tombés dans une sombre méchanceté, l’Ennemi leur avait donné des anneaux de puissance, et il les avait dévorés: ils étaient devenus des spectres vivants, terribles et pernicieux. Après son départ, ils prirent Minas Ithil et y résidèrent, et ils l’emplirent de pourriture, comme toute la vallée environnante: elle paraissait vide, mais ne l’était pas, car une crainte sans forme vivait à l’intérieur des murs en ruine. Il y avait Neuf Seigneurs, et après le retour de leur Maître, qu’ils aidèrent et préparèrent en secret, ils redevinrent puissants. Et puis les Neuf Seigneurs sortirent des portes de l’horreur, et nous ne pûmes leur résister. N’approchez pas de leur citadelle. Vous seriez découvert. C’est un lieu de malice sans cesse en éveil, plein d’yeux sans paupières. N’allez pas par-là ! »

J.R.R. Tolkien, Les Deux Tours, Livre IV, Chapitre 6. 

Le retour de la bataille de Minas Tirith !

Pour l’instant, la campagne menée par l’Armée de Sauron rencontre un succès moindre. Mais qui sait ! Cette campagne de financement-ci espère récolter 1 900 000 000 £ GBP (soit, un chouïa plus que sa consœur, toujours pour un équivalent d’environ 2 600 000 000  €). Actuellement, après 3 jours à peine de lancement, seuls 50 £ GBP (70€ environ) ont pour l’instant été collectés. Il se pourrait donc, à première vue, que les forces du Mal ne gagnent pas encore cette fois-ci… Mais ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué ! Avec Sauron, c’est souvent œil pour œil… (l’oeil… de Sauron… Oui, bon, bah, je ne peux pas être bonne tout le temps, hein !)

Vous pouvez en tout cas choisir votre camp, si ça vous amuse. Sachez que les collecteurs s’engagent à vous rembourser si le projet n’arrive pas à son terme (ce qui risque d’être le cas, quand même, hein) et que le tout est géré par la plateforme Indiegogo (reconnue dans le domaine du crowdfunding) :

Pour soutenir Minas Tirith : https://www.indiegogo.com/projects/realise-minas-tirith#/story
Pour soutenir Minas Morgul : https://www.indiegogo.com/projects/raising-sauron-s-army-marching-upon-minas-tirith#/story

Et si cet article vous a amusé, vous a plu, vous a appris des choses (ou pas) c’est juste ici que ça se passe, dans les commentaires ! ;)

Le Steampunk : bienvenue chez les héritiers de Jules Verne

Sommaire de l’article

Un simple accident de train ?
Le steampunk, c’est quoi ?
Ce qu’est et n’est pas le steampunk
Les uchronies steampunks : mondes parallèles et Effet Papillon


Un simple accident de train ?

Le 22 octobre 1895, un accident spectaculaire survient à la gare de Paris-Montparnasse : un train ne ralentit pas suffisamment avant son arrivée en gare, il traverse donc tout le bâtiment jusqu’à aller défoncer la façade, la traversant littéralement jusqu’à terminer sa course folle dans la rue. C’est le Studio Lévy & fils qui photographie l’accident à l’époque.

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Studio Lévy & fils, Accident de la gare Paris-Montparnasse, 1895.

accident-train-paris-montmarnasse-1895-autre-vuePlus d’un siècle plus tard, le peintre et illustrateur français Didier Graffet s’empare de la scène, devenue historique, pour en tirer une superbe toile steampunk. En témoignent les dirigeables survolant la scène et les petits robots flottant autour de la carcasse de la locomotive.

Il n’y a pas âme qui vive dans cette image : ni homme, ni femme, ni enfant. Pas même un chat ou un chien errant. Les « personnages » principaux ne sont autres que cette pauvre locomotive et les robots qui s’activent autour d’elle pour constater les dégâts. Comme nous savons que cette peinture fait référence à un évènement bien réel, survenu au XIXe siècle en France, nous pouvons dater la scène. En tout cas, à première vue. Toutefois, la date (1885) ne colle pas avec la technologie qui s’affaire autour du train. Sauf si…?

BIM BADABOUM ! Le train ne s’arrête pas à temps, il défonce la façade et nous voilà plongés au sein d’un univers steampunk. Comme cette locomotive, notre temps vient de dérailler. Et j’aime autant vous prévenir que cet article ne va pas être de tout repos !

Didier Graffet, Montparnasse, Acrylique sur toile 90 x 117 cm  Exposition Daniel Maghen (catalogue) 2012,  Steampunk- De vapeur & d’acier, Editions Le pré aux clercs, 2013.
Didier Graffet, Montparnasse,
Acrylique sur toile 90 x 117 cm
Exposition Daniel Maghen (catalogue) 2012,
Steampunk- De vapeur & d’acier, Editions Le pré aux clercs, 2013.
Comparaison entre la photographie originale de l'accident et la peinture de Didier Graffet.
Comparaison entre la photographie originale de l’accident et la peinture de Didier Graffet.

Le steampunk, c’est quoi ?

Daniel Riche (dir.), Futurs Antérieurs, Paris, Fleuve Noir, 1999.
Daniel Riche (dir.), Futurs Antérieurs, Paris, Fleuve Noir, 1999.

Le steampunk est un genre de la science-fiction qui revisite notre pas comme si le futur y était survenu plus tôt. Nous devons cette définition à Douglas Fetherling, poète, écrivain, rédacteur, érudit et artiste visuel. Mais c’est Daniel Riche, journaliste, écrivain et scénariste pour le cinéma et la télévision, spécialiste de la science-fiction et du fantastique, qui le cite et rend cette définition célèbre en France, dans sa préface de Futurs antérieurs en 1999. Il intitule d’ailleurs cette préface « Le passé est l’avenir de l’homme ». Tout un programme ! (de quoi ravir mon historien préféré, je pense ;))

Si l’on revisite notre passé comme si le futur était arrivé plus tôt, les évènements historiques s’en trouvent généralement transformés et cela finit par former une sorte de réalité parallèle. Un roman steampunk se passe donc dans notre monde tel qu’il aurait été si tel ou tel évènement (plus ou moins abracadabrantesque : dans certains romans, la rupture est vraisemblable, dans d’autres elle tient de la pure fiction et va même emprunter à la fantasy) s’était produit. On appelle ce type d’histoire une uchronie. Alors que d’autres romans ou films de science-fiction vont plutôt opter pour la dystopie (par exemple, un futur post-apocalyptique, une guerre humains-robots, la terre envahie par des extraterrestres assoiffés de sang…) ou l’utopie (beaucoup plus rare, il faut bien avouer, parce que l’auteur de SF n’est généralement pas une personne très optimiste… Je n’ai d’ailleurs pas d’exemple à vous donner, pour le coup).

Il se trouve que j’ai travaillé sur le steampunk quand j’étais encore en Master Recherche et je sais que des définitions, vous en trouverez à la pelle et à rallonge sur internet. Avec plus ou moins de points communs et de différences entre elles. Difficile, donc, de faire le tri.
Pour ma part, et d’après mon haut niveau d’expertise (hum.), je crois pouvoir dire que le steampunk est un genre de science-fiction qui prend place dans notre passé (le plus souvent aux alentours du XIXe siècle, mais ça n’est pas toujours vrai). Le steampunk revisite notre passé, comme je le disais plus haut, et le transforme (un peu, beaucoup, tout dépend) jusqu’à donner naissance à une réalité alternative : il s’agit bien de notre passé mais il n’est pas tout-à-fait celui qu’il a vraiment été.

Le steampunk : notre passé revisité

Johan Héliot, La Lune seule le sait, Paris, Editions Mnémos, 2007.
Johan Héliot, La Lune seule le sait, Paris, Editions Mnémos, 2007.

Prenons un exemple avec le très bon roman de Johan Heliot, La Lune seule le sait. Il s’agit du premier volume d’une trilogie rétrofuturiste. Oula ! Ne fuyez pas ! Ca n’est pas un gros mot ! Je vous explique : le steampunk est un genre de science-fiction rétrofuturiste (et oui, il y a d’autres genres de rétrofuturismes, j’en reparlerai rapidement plus bas). Autrement dit, plutôt que de foncer vers un futur indéterminé et des galaxies lointaines, très lointaines… et bien on retourne dans le passé. Et on y retourne plus ou moins loin. Le steampunk, comme je le disais, se situe plutôt au XIXe siècle. En fait, pour être tout à fait précise, je devrais dire qu’il emprunte l’esthétique de ce siècle : un contexte de roman steampunk, c’est la Belle Epoque, le siècle de l’industrialisation, de la vapeur et de l’acier, de la Reine Victoria (et de l’ère victorienne) en Angleterre, de Napoléon (plutôt le neveu, j’ai remarqué, parce que personne ne l’aime, bien souvent, et qu’il fait un bon méchant… ce qui peut se comprendre) en France. Ca peut aussi être le Far West américain, comme dans Wild Wild West, vous voyez ?

Pause précision : D’autres genres rétrofuturistes remontent un peu moins loin dans notre passé : le dieselpunk (qui se situe plutôt après la Deuxième Guerre Mondiale, dans les années 50), par exemple, ou l’atompunk (qui serait presque un sous-genre du dieselpunk, par certains aspects, et qui prend plutôt place dans des réalités alternatives inspirées par la technologie atomique, donc Deuxième Guerre Mondiale toujours et années 50 aussi). Je ne m’attarde pas spécialement sur eux car ces genres sont contestés. On peut en effet se dire que ça fait beaucoup de noms en « punk » pour pas grand-chose et que la volonté de précision finit par faire un peu fouillis. Soit. Mais j’aime être précise quand même. Du coup, certaines personnes vous parleront exclusivement de steampunk (parce qu’elles ne reconnaîtront que l’existence du steampunk) et d’autres voudront absolument faire la distinction entre tous ces genres en « punk », même s’ils sont globalement tous des sous-genres du rétrofuturisme. D’ailleurs, pour être encore plus exacte, sachez qu’on pourrait même parler d’un autre sous-genre du rétrofuturisme, qui s’appellerait le rétrofuturisme lui-même, car le rétrofuturisme n’est pas nécessairement steampunk, dieselpunk ou atompunk… Il n’est même pas nécessairement uchronique ! Comment vous dire ? C’est le bordel. Bref, sachez, en tout cas, que ces termes existent.

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Johan Héliot, La Trilogie de la Lune, Edition intégrale, Paris, Editions Mnémos, 2011.

Revenons-en à nos moutons : Johan Heliot, vous disais-je, a écrit la Trilogie de la Lune qui commence par un premier volume intitulé La Lune seule le sait. Ce premier volume est clairement steampunk : nous sommes à Paris, en 1889. Dix ans plus tôt, en pleine Exposition Universelle, un vaisseau extraterrestre s’est installé dans la Capitale et n’en a plus bougé. Résultat, Napoléon III est toujours au pouvoir et est plus tyrannique que jamais. Pendant ce temps, un certain Jules Verne (héros du roman), aidé par son mentor, Victor Hugo (tant qu’à faire), essaye de déjouer les plans diaboliques de l’Empereur qui compte bien conquérir l’Espace après avoir volé leur technologie aux aliens. Et, comme le titre du roman vous l’indique, de toute façon : une partie de l’histoire va se passer nulle part ailleurs que… sur la Lune ! (et, bordel, envoyer Jules Verne sur la Lune, je trouve ça couillu, je suis sûre qu’il aurait adoré)

Ce qu’est et n’est pas le steampunk

Le roman de Johan Héliot est à la fois l’exemple même de ce qu’est et n’est pas le steampunk. Exemples ? Mais bien sûr :

  1. Certains vous diront que le steampunk est TOUJOURS victorien : faux, dans ce roman, nous sommes en France, pas en Angleterre et pourtant, ça fonctionne à merveille. D’autres exemples existent comme Les Confessions d’un automate mangeur d’opium de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit. Quant à Coeurs de Rouille de Justine Niogret, il prend carrément place dans un monde non-daté. Ce qui ne l’empêche pas d’être un des romans les plus steampunks (et géniaux) qu’il m’ait été donné de lire. Dans le film Wild Wild West, avec Will Smith, on se retrouve en plein Far West steampunk, bien loin du Royaume Uni. Et dans le Demi-Monde de Rod Rees nous nous trouvons carrément dans un programme informatique.
    Dans l'ordre : Le Demi-Monde : Hiver de Rod Rees - Coeurs de Rouille de Justine Niogret - Confessions d'un Automate mangeur d'Opium de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit
    Dans l’ordre : Le Demi-Monde : Hiver de Rod Rees – Coeurs de Rouille de Justine Niogret – Confessions d’un Automate mangeur d’Opium de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit

    La violoniste la plus célèbre du web, Lindsey Stirling, propose également des performances musicales plutôt steampunks dans leur genre. L’une de mes préférées, Roundtable Rival, nous propulse dans un univers à la Wild Wild West et prouve une fois encore que le steampunk n’est pas que victorien. Vous pouvez écouter et voir cette performance ci-dessous, parce que c’est bien et que ça fera une bande sonore agréable pour le reste de cet article :D

  2. D’autres vous diront que le steampunk, c’est FORCEMENT de la vapeur et/ou des rouages et/ou de la rouille et encore de la rouille : faux, la technologie peut-être totalement autre et il arrive même qu’elle ne soit pas humaine (chez Johan Heliot, elle est donc extraterrestre) mais il peut aussi arriver qu’elle soit magique : dans Les Lames du Cardinal de Pierre Pevel, il y a des fuckin‘ dragons ! (bon, ok, d’aucuns diront que ça n’est pas steampunk, que c’est juste de la fantasy uchronique…) Et dans sa série de romans Le Paris des Merveilles (dont les couvertures pour les éditions Bragelonne sont tellement belles que je vous les mets toutes ci-dessous), « la tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes ont investi la Seine, les farfadets, le bois de Vincennes, et une ligne de métro rejoint le pays des fées… ». Et oui, ça, pour moi, c’est de la fantasy steampunk ! Comme quoi, en plus de tout le reste, le steampunk ne tient même pas toujours de la science-fiction
    Couvertures de la réédition de la saga "Le Paris des Merveilles" de Pierre Pevel chez Bragelonne.
    Couvertures de la réédition de la saga « Le Paris des Merveilles » de Pierre Pevel chez Bragelonne.

    Je continue ? Non, parce que dans le même ordre d’idée, dans New Victoria de Lia Habel, une jeune femme de la haute société lutte contre une invasion de zombies (!!!). Et je ne vous parle même pas de Anno Dracula de Kim Newman, qui voit la Reine Victoria épouser le Comte Dracula lui-même…
    Plus classique, dans Burton & Swinburne : L’Étrange affaire de Spring Heeled Jack de Mark Hodder, un curieux duo (qui n’est pas sans rappeler Sherlock Holmes et le Dr. Watson) doit faire face à des loups garous et une étrange créature démoniaque du folklore populaire anglais, surnommé Jack Talons-à-Ressort (Spring-Heeled Jack) qui aurait pu inspirer Jack l’éventreur. Et je peux aussi remonter plus loin dans le temps, puisqu’un des premiers romans steampunks, Les Voies d’Anubis de Tim Powers, raconte comment son personnage principal affronte des magiciens égyptiens bien décidés à ramener les dieux antiques de leur mythologie à la vie… Et ce ne sont que quelques rares exemples !
    Ceci dit, il est vrai que le steampunk aime bien la vapeur, les rouages, les dirigeables, etc. Il n’est donc pas rare d’en trouver. Même si cela n’est pas toujours particulièrement utile au récit. C’est plutôt pour l’ambiance, vous voyez ? Mais les hauts-de-forme ou un petit automate par-ci par-là peuvent parfois suffire.

    Dans l'ordre : Les Lames du Cardinal de Pierre Pevel - New Victoria de Lia Habel - Burton & Swinburne : L'Étrange affaire de Spring Heeled Jack de Mark Hodder - Les Voies d'Anubis de Tim Powers
    Dans l’ordre : Les Lames du Cardinal de Pierre Pevel – New Victoria de Lia Habel – Burton & Swinburne : L’Étrange affaire de Spring Heeled Jack de Mark Hodder – Les Voies d’Anubis de Tim Powers
  3. Vous pourrez aussi entendre dire que le steampunk se passe TOUJOURS au XIXe siècle : et… ça n’est pas forcément vrai. C’est pour cela que vous disais plus haut que le steampunk emprunte essentiellement l’esthétique de ce siècle (la vapeur, les rouages, les dirigeables, la mode victorienne, l’Art Nouveau, etc…) sans s’y dérouler forcément. La Trilogie de
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    Xavier Mauméjean, La Vénus Anatomique, Paris, Editions Mnémos, 2004.

    la Lune, de Johan Heliot commence au XIXe siècle avec La Lune seule le sait et s’achève bien après (du coup, elle s’éloigne un peu du steampunk, si l’on veut, pour devenir plus dieselpunk ou atompunk, puisqu’elle s’achève dans les années 50… à condition qu’on considère que le dieselpunk ou l’atompunk existent, comme je vous le disais plus haut). Je reprends aussi l’exemple des Lames du Cardinal de Pierre Pevel qui se déroule au XVIIe siècle. Mais comme tout le monde ne s’accorde pas à le classer dans la catégorie « roman steampunk », je peux aussi vous citer La Vénus Anatomique de Xavier Mauméjean qui se passe au XVIIIe siècle. Quant à Coeurs de Rouille de Justine Niogret, encore une fois, il se passe à une époque indéterminée.

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    Représentation des différents Docteurs de la série anglaise Doctor Who jusqu’à Matt Smith.

    Mais, pour faire dans le plus célèbre, nous pouvons citer la série Doctor Who qui, depuis sa reprise en 2005, parvient à créer une ambiance steampunk (et, plus globalement, rétrofuturiste) jusque dans des scènes censées se passer dans un futur parfois très, très lointain. Mais, là encore, on ne peut pas dire que Doctor Who est à 100% une série steampunk. En fait, elle fait référence à d’innombrables éléments de la culture pop, de la science-fiction jusqu’au fantastique, en allant même piocher jusque dans nos légendes les plus anciennes, voire nos textes sacrés les plus célèbres (le Docteur rencontre le Diable, bordel ! Lucifer est un fuckin’ alien !!). Quant à son ambiance steampunk (ou rétrofuturiste) elle la doit en partie au fait d’être la plus ancienne série de science-fiction jamais créée à ce jour. Elle conserve ainsi une certaine unicité de par son côté volontairement désuet et décalé… C’est ce qui fait son charme et je dois dire que ça fonctionne vraiment bien, je trouve. Par contre, une série comme Warehouse 13 se revendique comme steampunk. Et elle a bien raison, pour ce que j’en ai vu (non, je ne passe pas mon temps à regarder des séries, vous voyez… des fois je regarde des films, aussi, alors j’ai pas le temps). Pourtant, elle se passe à notre époque.

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    Les différents personnages de la série Warehouse 13.

(ça vous en fait, des choses à lire et à regarder :D)

Bref ! Le steampunk, c’est de l’imagination et de l’imaginaire ! Il est fait d’aventures rocambolesques, qui tiennent plus ou moins la route, qui sont plus ou moins vraisemblables, mais l’important est avant tout d’être transporté dans un univers qui nous amène à voir notre monde autrement. Le steampunk repose sur le principe du « Et si… » : « et si… » une bande d’extraterrestres avaient un jour débarqué sur la Tour Eiffel en pleine Exposition Universelle ? Tout le reste de l’histoire est le résultat d’une réaction en chaine de ce qui se serait passé, d’après la folle imagination de l’auteur. Est-ce que ça tient la route ? Peut-être pas toujours. Peut-être pas du tout, en fait. Mais parce que le but n’est pas là : le roman de Johan Heliot, comme beaucoup d’autres romans steampunk, est une aventure extraordinaire. Et ça tombe bien puisque l’une des principales sources d’inspiration du steampunk provient justement du père des aventures extraordinaires : Jules Verne. Or, qu’attendaient les lecteurs d’un roman de Jules Verne ? Du rêve, pardi ! Vous demanderiez à vos rêves qu’ils aient l’air parfaitement vrai, vous ? Quel ennui…voyages-extraordinaires-jules-verne

Les uchronies steampunks : mondes parallèles et Effet Papillon

Attention, toutefois ! Une uchronie n’est pas toujours steampunk. Changer un détail de l’Histoire peut donner naissance à toutes sortes de « mondes parallèles« . Il suffit pour cela de provoquer une réaction en chaine. Une sorte d’Effet Papillon, si vous préférez.

Mais comment savoir quel détail est vraiment insignifiant et lequel peut changer entièrement le cours de l’Histoire ? Quel élément peut faire de notre monde un monde steampunk, par exemple (car, comme je viens de vous le dire, une uchronie ne vire pas forcément au steampunk), et lequel le rendra seulement un peu différent du nôtre ? D’ailleurs, l’uchronie est une pure vue de l’esprit : nous ne pouvons pas être sûrs que si nous n’avions pas agi de telle ou telle façon au cours de l’Histoire, notre monde aurait été radicalement différent (même s’il y a fort à parier que oui, quand même).
Et je ne vous parle même pas de la théorie des univers multiples (façon multiverses de Marvel, oui, par exemple) qui voudrait que notre monde existe dans différentes « dimensions »… Comme dans la série Fringe, par exemple.

uchroniques-rejouez-l-histoireCela étant, si vous voulez mieux comprendre ce qu’est une uchronie, je vous invite à en faire simplement l’expérience grâce à l’excellent Uchroniques : Rejouez l’Histoire (http://uchroniques.nouvelles-ecritures.francetv.fr/). Il s’agit d’un site hébergé par France Télévision où vous pouvez, comme son nom l’indique, rejouer différents grands évènements historiques. Pour chaque épisode, un petit jeu vous est proposé : par exemple, empêcher le Titanic de foncer dans un iceberg… Si vous réussissez, vous déclenchez une histoire. De même que si vous échouez. Chaque fois, vous voilà plongés dans une uchronie parce qu’un détail (bon, ok, un iceberg n’est quand même pas un « détail »…) de l’Histoire a changé. Certains scenarii possèdent jusqu’à quatre fins alternatives. A vous de jouer pour les voir toutes ! (j’avoue que je n’ai pas encore réussi à tout débloquer, personnellement)

BIM BADABOUM ! Vous foncerez peut-être dans un iceberg comme le train de Didier Graffet dans sa façade. Parmi, réalité et fiction sont indissociables. Mais vous verrez que même si certaines choses ne changent pas, d’autres peuvent prendre un tournant radicalement différent malgré tout.
Notons cependant, avant de nous quitter, que Didier Graffet n’est pas le seul à avoir rejoué l’accident de Montparnasse car il apparaît également dans le film Hugo Cabret, réalisé par Martin Scorsese en 2011. Voici ce que cela donne :


steampunk-de-vapeur-et-d-acier-didier-graffet-xavier-maumejean-le-pre-aux-clercsVoilà tout sur « ce simple accident de train ». Je vous invite à admirer d’autres œuvres de Didier Graffet sur son site (et quelques unes ci-dessous). Sachez aussi que ses peintures steampunks (je précise car il n’a pas fait que du steampunk), et notamment celle du train de Montparnasse, ont été éditées dans un très bel artbook intitulé Steampunk ! De vapeur et d’acier. Dans ce livre, en dedicace-steampunk-de-vapeur-et-d-acier-xavier-maumejeanplus des œuvres de Graffet, l’auteur Xavier Mauméjean, une des principales figures de l’imaginaire français aujourd’hui (et dont j’ai rapidement évoqué un des livres, plus haut dans cet article, si vous avez été attentifs), vient illustrer les tableaux de ses très beaux textes (et je peux me la péter grave parce que Xavier Mauméjean était non seulement professeur dans mon ancien lycée et qu’il a gentiment accepté de dédicacer mon exemplaire de Steampunk ! De Vapeur et d’Acier, comme vous pouvez le constater ci-contre #fière). Bref, un vrai bel objet que je suis bien contente d’avoir.

comparaisons
Comparaisons de l’intérieur du Nautilus.

Didier Graffet a également participé à la réédition d’une des plus célèbres aventure extraordinaire de Jules Verne : Vingt mille lieues sous les mers. Il l’a entièrement réillustré, non sans s’inspirer de ses illustres prédécesseurs. Pour mon Mémoire, j’avais réalisé un petit comparatif de ses peintures et des gravures qui illustraient les premières éditions de Jules Verne ; je vous propose de voir le résultat ci-contre et ci-dessous.

En tout cas, voici un autre livre tout à fait magnifique et qui remet au goût du jour cette histoire mythique ! Didier Graffet avait également fait de même avec L’île mystérieuse mais je manque d’informations à ce sujet.

Comparaisons du Nautilus
Comparaisons du Nautilus

VOILA !

la-brigade-chimerique-lehman-colin-gess-bessonneauJ’ai sûrement oublié des tas de choses dans cet article. Sans compter toutes les choses à côté desquelles je suis passée parce que je ne les connais pas, étant donné que le steampunk est un petit monde en effervescence constante. Disons que je me suis concentrée sur les romans qui me plaisaient, dans cet article. J’ai pris plaisir à vous faire un petit patchwork de mes lectures steampunks favorites à ce jour. Ceci dit, il y en a des tas d’autres (notamment des BD) que je n’ai pas citées. Comme Le Château des hauteville-house-bande-dessinee-duval-gioux-quet-beauEtoiles d’Alex Alice, qui est une petite merveille (du coup, je le cite, BAM, comme je suis douée). Ou La Brigade Chimérique (pas vraiment steampunk, plutôt dieselpunk, mais on s’en fiche, c’est une uchronie absolument géniale). Et puis, jamais deux sans trois, Hauteville House, qui ravit la fanatique de la Théorie des Anciens Astronautes que je suis :D (si vous ne savez pas ce que c’est… n’allez pas chercher sur Google, vous allez vous faire du mal et tomber sur des tas de théories du complot, toutes plus génialement délirantes les unes que les autres et devenir aussi accro que moi à toutes ces conn… histoires).le-chateau-des-etoiles-alex-alice-bande-dessinee-steampunkJ’aurais aussi pu vous parler d’autres artistes steampunks, en dehors de Didier Graffet, mais j’aurais eu l’impression de réécrire mon Mémoire et ça n’était pas le but de cet article. Ceci dit, vous pouvez m’en parler dans vos commentaires si vous en connaissez et que vous aimez ce qu’ils font ;)

Bref, j’espère que cet article vous a plu. J’ai essayé de le rendre aussi accessible que possible tout en vous parlant de tout ce qui me tenait à coeur. Si j’ai réussi (ou pas, d’ailleurs), vous pouvez me laisser un commentaire en cliquant ici. Et je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures !


Sources :
Site officiel de Didier Graffet
Etienne Barillier, Arthur Morgan, Le Guide Steampunk, Paris, ActuSF, coll. « Les trois souhaits », 2013
S.J. Chambers, Jeff VanderMeer, The Steampunk Bible: An Illustrated Guide to the World of Imaginary Airships, Corsets and Goggles, Mad Scientists, and Strange Literature, New-York, Abrams, 2011
Lien vers mon Mémoire de Master 2 au format PDF : Souvenirs du futur, Le robot dans le steampunk français, 2014