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Andy Goldsworthy, l’automne et le Land Art

C’est l’automne !

Et je trouve que c’est le moment idéal pour aller jeter un petit coup d’œil sur l’œuvre de l’artiste Andy Goldsworthy. Ses œuvres sont idéales pour marquer le début de la saison des feuilles mortes ! Mortes, mais plus colorées que jamais comme on le constate vite dans ses mises-en-scène.

Andy Goldsworthy et le Land Art

Andy Goldsworthy est un artiste britannique spécialisé dans le Land Art. Il vit et travaille essentiellement en Écosse.

Le Land Art est mouvement artistique qui a vu le jour dans les années 60 aux Etats-Unis.  On y trouve des artistes qui travaillent avec des éléments naturels et, généralement, directement dans la nature. Ils utilisent donc des matériaux naturels (végétaux, minéraux, eau, glace,…) pour créer.
C’est pour cela que les œuvres du Land Art sont généralement éphémères : les feuilles s’envolent, les branchent tombent, cassent, la neige fond,…

Ne restent alors des œuvres de ces artistes que des photographies.

Comme c’est le début de l’automne, j’ai sélectionné pour vous quelques photographies d’œuvres d’Andy Goldsworthy en rapport avec cette saison. Mais il y en a tellement d’autres ! N’hésitez pas à faire une petite recherche. Je suis sûre que la poésie de son travail saura vous émerveiller.

En admirant le travail d’Andy Goldsworthy, on prend conscience de la variété de couleurs qui existent dans la nature. L’artiste trie, découpe, assemble, met-en-scène… Et voilà qu’apparaît sous nos yeux un dégradé de feuilles mortes, comme un étrange soleil ; un cercle noir comme un passage vers un autre monde ; un chemin coloré à travers la forêt ; comme l’impression qu’un arbre est dévoré par une lave étrange.

Le Land Art et l’éphémère

Comme vous pourrez le constater ci-dessus, ces photographies ont pour but de mettre en valeur les créations de l’artiste (en l’occurrence, Andy Goldsworthy, mais c’est le cas des autres artistes du Land Art). L’angle de vue, la distance, le cadrage,… Rien n’est laissé au hasard afin que l’installation éphémère perdure dans le temps et soit du meilleur effet.

La question qu’on peut légitimement se poser, alors, est : où est l’œuvre ? Est-ce l’installation initiale ou la photographie de l’installation ?
Ma foi, un peu des deux. La photographie n’existerait pas sans l’installation initiale. Mais la photographie n’est finalement qu’une trace de cette installation. C’est pourtant elle qu’on expose, qu’on vend, qui fait connaître et fait vivre l’artiste. C’est aussi la photographie qui permet aux spectateurs que nous sommes de pouvoir admirer la beauté de ces œuvres.

On fait ainsi perdurer dans le temps… une chose éphémère. En voilà un paradoxe intéressant. Et il n’est pas le seul, dans le Land Art.

Vous pouvez en effet me rétorquer que, du coup, l’œuvre n’est plus vraiment éphémère puisqu’elle est désormais figée dans le temps grâce à la photographie : elle est toujours là, visible, et potentiellement éternelle (qui sait combien de temps encore nous admirerons les œuvres d’Andy Goldsworthy et de ses collègues du Land Art ?).

Le Land Art et les paradoxes

D’ailleurs, est-ce qu’une installation comme celles de Andy Goldsworthy serait une œuvre si nous n’en avions aucune trace ? Il existe des œuvres invisibles (peut-être écrirai-je un jour un petit quelque chose à leur sujet). Mais invisible ne signifie pas inexistant ! Or, une œuvre de Land Art n’est pas invisible : elle est éphémère. Un peu comme certaines œuvres de Street Art, par exemple, qui sont recouvertes par d’autres, s’abîment, sont vandalisées, effacées…

C’est là l’un des autres paradoxes du Land Art : l’artiste réalise souvent un travail très minutieux, qui va lui demander beaucoup de temps, d’investissement pour, au final, que son œuvre disparaisse plus ou moins rapidement. Ne trouveriez-vous pas ça un peu rageant, à leur place ?

Surtout, nous pourrions penser que l’Art est fait pour perdurer dans le temps. On dit souvent, en effet, que l’Art est le reflet de son époque. D’ailleurs, l’Art a longtemps été le seul moyen de représenter notre façon de vivre, notre monde, l’Histoire. Alors, à quoi rime un art éphémère ? Un art qui disparaît au premier coup de vent ? Avec l’apparition de la photographie, au XIXème siècle, l’Art a évolué et les préoccupations, les motivations des artistes ont également changé. Or, ne vivons-nous pas de plus en plus à l’époque de l’éphémère ? Pensons à Snapchat et à toutes ces applications qui nous permettent de créer un contenu numérique… qui disparaîtra au bout de quelques secondes ou après visionnage. Les modes ne se sont jamais succédé  si rapidement. Notre mode de consommation entier est basé sur l’éphémère, sur l’obsolescence programmée. De nombreux mouvements artistiques et artistes questionnent aujourd’hui l’éphémère de façons très diverses. Le Land Art est une des nombreuses façons d’appréhender l’éphémère.

Le Land Art, comme le Street Art (qui est lui-même héritier des graffiti qui existent depuis la nuit des temps) est un art de la trace. Une trace laissée par l’Homme dans son environnement ; de la même manière que nos ancêtres préhistoriques laissaient déjà des traces de leur passage sur les parois des grottes qu’ils habitaient. C’est une trace qui n’a pas vocation à bouleverser son environnement mais à cohabiter avec lui ; à en tirer parti, à échanger avec lui pour parvenir à créer. C’est aussi une façon de dire « J’étais là ».

Pour certains artistes, comme Andy Goldsworthy, cela se traduit généralement par la réalisation d’œuvres éphémères. Pour d’autres artistes du mouvement, comme Robert Smithson (un des plus célèbres d’entre eux), cela se traduit par des constructions, parfois gigantesques, qui s’inscrivent durablement dans la nature.

D’ailleurs, Andy Goldsworthy est aussi connu pour ses Cairns, bien plus robustes et résistants façon au temps : le Land Art ne questionne pas seulement l’éphémère mais, de façon plus globale, questionne notre rapport au temps et à l’espace, au territoire.

En France, vous pouvez notamment vous rendre à Chaumont-sur-Loire pour admirer un de ces fameux Cairn en forme d’œuf qui font la renommée de l’artiste. Andy Goldsworthy a d’ailleurs dit qu’il s’agirait probablement du tout dernier Cairn qu’il créerait ! (Source)
A terme, ses Cairn sont appelés à se fondre dans la nature, à cohabiter avec elle. Ils vont se recouvrir de mousse et d’autres végétaux, ils vont devoir affronter les intempéries, les divers ravages du temps. Dans très longtemps, on peut imaginer que ces étranges œufs de pierre auront changé de forme à force d’être balayés par la pluie et le vent. Peut-être n’y survivront-ils pas, d’ailleurs.

On peut donc dire que le Land Art est la trace d’une cohabitation, pas toujours évidente mais belle, avec la nature. En effet, dans les œuvres du Land Art, la nature est à la fois le théâtre, le matériau et l’inspiration de l’artiste.

Le Land Art et l’imprévisible

Plus encore : la nature est parfois l’artiste.

En effet, ce qui intéresse aussi les artistes du Land Art, c’est le caractère entropique de leurs œuvres. Oula, ne fuyez pas ! L’entropie, c’est quoi ? Wikipédia nous dit :

« Le terme entropie a été introduit en 1865 par Rudolf Clausius à partir d’un mot grec signifiant « transformation ». Il caractérise le degré de désorganisation, ou d’imprédictibilité du contenu en information d’un système. »

Source : Wikipédia

Pour le dire autrement, les œuvres du Land Art sont transformées aléatoirement en fonction des intempéries, du temps qui passe, des gens ou des animaux qui peuvent toucher, modifier l’œuvre, etc. C’est l’entropie : on ne peut prédire exactement comment l’œuvre évoluera dans le temps.

La photographie prend alors une dimension nouvelle : elle permet de garder une trace de l’œuvre mais aussi de constater les changements qu’elle subit dans le temps. A ce moment-là du processus créatif, ça n’est finalement plus l’artiste qui fait l’œuvre mais la nature elle-même.

D’ailleurs la nature n’est-elle pas déjà une œuvre à elle seule ? On pourrait sans doute disserter bien longtemps à ce sujet. Surtout quand l’automne arrive et recouvre les arbres de mille couleurs.


Sources :

Portail du Land Art
Éliane Elmaleh, « La terre comme substance ou le Land Art », Revue française d’études américaines 2002/3 (no93), p. 65-77.
Domaine de Chaumont-sur-Loire – Andy Goldsworthy
Culturebox – Land Art : Andy Goldsworthy édifie un « cairn » évolutif à Chaumont-sur-Loire
Wikipédia – Land Art

Sintra, la suite : La ville aux palais merveilleux

Dans le précédent article, je vous ai emmenés à la découverte de Sintra et d’un de ses palais, mon coup de cœur de la journée, la Quinta da Regaleira. Vous pouvez retrouver cet article en cliquant ici. J’ai décidé de découper notre escapade en deux parties pour qu’elle soit plus lisible pour vous. Cette fois, je vous emmène à la découverte de deux autres palais qu’abrite Sintra : le Palais National de Sintra et le Palais de Pena (Palacio da Pena).

Sommaire de l’article :

  1. Le Palais de Pena : si Walt Disney avait créé son palais idéal à Sintra
    1. Origines : le palais multiculturel du Roi Artiste
    2. Un palais tout aussi dingue à l’intérieur...
    3. … qu’à l’extérieur !
  2. Le Palais national de Sintra : le symbole de la ville
    1. Le Palais National de Sintra et ses milles vies
    2. Les trésors cachés du Palais National de Sintra
  3. Conclusion

Le Palais de Pena : si Walt Disney avait créé son palais idéal à Sintra

En premier lieu, il faut savoir que nous avons pu accéder au Palais de Pena en tuk-tuk, les voiturettes à trois roues que vous trouverez partout lors d’un séjour à Lisbonne et alentours. Et ça valait sacrément le coup de monter à toute allure les routes sinueuses de Sintra, sous cette épaisse brume ! La preuve en image :

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L’Amazonie n’avait qu’à bien se tenir, ce jour-là, car Sintra jouait à merveille les imitatrices.

Si vous êtes plutôt du genre aventurier de l’extrême (marcheur/sportif, c’est plutôt aventurier de l’extrême pour moi), vous pouvez aussi accéder au palais à pieds.

Bref, arrivé en haut grâce à vos petites jambes ou à un tuk-tuk, il vous restera encore une belle montée et un escalier pentus à gravir pour enfin arriver jusqu’au palais (à ce moment de la visite, personnellement, je me suis échouée sur un banc, comme une baleine sur une plage). Heureusement, les efforts en valent la peine ! Car à votre arrivée sur place, voici ce que vous verrez enfin se dessiner sous vos yeux ébahis :

L'un des murs extérieurs du palais, recouvert d'azulejos.
L’un des murs extérieurs du palais, recouvert d’azulejos.

Jaune, rouge, orange ou recouvert d’azulejos (= carreaux de faïence décorés qu’on trouve beaucoup au Portugal et en Espagne), le Palais de Pena vous en met immédiatement plein les yeux. Un instant, nous voilà transportés à Disneyland, quelque part entre Fantasy land et le royaume d’Aladdin.  Et, ma foi, nous ne sommes pas si loin de la vérité quand on apprend à quelles cultures le palais emprunte ses origines.

Origines : le palais multiculturel du Roi Artiste

On doit le Palacio da Pena au prince Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha, roi consort du Portugal de 1837 à 1853, et connu là-bas comme « le Roi Artiste ».

Il confie l’édification de son palais d’été au baron Ludwig von Eschwege qui, sur les ruines d’un monastère hiéronymite du XVème siècle, va édifier le palais que nous connaissons aujourd’hui. Un palais qui mêlera les styles architecturaux les plus divers : mauresque, baroque, gothique, Renaissance ou encore manuélin.
(Dans le précédent article sur Sintra, je vous expliquais ce qu’était le style manuélin, si vous ne le saviez pas.)

Toutefois, le Roi n’aura guère le temps de voir son palais terminé car il meurt en 1885, année de son achèvement. Reste son exubérante demeure aux couleurs vives, perchée sur les hauteurs de Sintra.

Coup de cœur pour ce Triton néo-manuélin, une des attractions de la façade du palais.
Coup de cœur pour ce Triton néo-manuélin, une des attractions de la façade du palais.

Un palais tout aussi dingue à l’intérieur…

L’intérieur du palais est tout aussi richement décoré que ses extérieurs. J’avoue que je me suis prise d’une passion pour ses fauteuils, qui avaient l’air tous plus confortables les uns que les autres ! Surtout, certains tissus étaient vraiment superbes, ce que n’a pas pu retranscrire l’appareil photo de mon téléphone, malheureusement (comprenez-moi : porter un reflex quand on a déjà du mal à se porter soi-même, c’est dur).

Encore une fois, les éléments de décoration faisaient la part belle à une multitude de cultures différentes. Parfois jusqu’au kitsch le plus complet, pour nos yeux de visiteurs contemporains. Il est indéniable, toutefois, que la demeure était des plus luxueuses. Et il n’était pas désagréable de découvrir, pour une fois, un intérieur vraiment différent de ceux que l’on peut voir dans les châteaux français, par exemple.

… qu’à l’extérieur !

Au final, nous n’avons encore une fois pas pu visiter tout le domaine entourant le palais car le parc qui l’entoure est véritablement immense ! Un coup d’œil sur la carte vous donnera un petit aperçu de la chose :

Carte du Palais de Pena et du parc du même nom.
Carte du Palais de Pena et du parc du même nom.

Encore une fois, comme c’était aussi le cas pour le Palais de la Regaleira, on voit vite que la nature occupe une place très importante à Sintra. Les palais sont somptueux mais ce qui les entoure l’est tout autant. D’autant plus que tout est un mariage très réussi entre les constructions humaines et la nature. Je n’ai pas eu l’impression que l’un prenait le pas sur l’autre, au contraire. Au final, la seule chose regrettable (et, nous en faisions partie) était le trop (mais vraiment trop !) grand nombre de touristes. Difficile de découvrir tranquillement le lieu dans ces conditions, c’est dommage. Mais comme la Pena est vraiment emblématique du pays, il est compréhensible que le lieu attire tant de monde. C’est la rançon de la gloire !

Comment voulez-vous que je n'aime pas un palais où les rampes sont des tentacules de pieuvre ?
Comment voulez-vous que je n’aime pas un palais où les rampes sont des tentacules de pieuvre ?

Le Palais national de Sintra : le symbole de la ville

Le Palais national de Sintra, aussi surnommé Palácio da Vila (Palais du Bourg) est le premier des trois palais que nous avons visités lors de notre escale à Sintra.

Sa particularité ? Il possède deux cheminées de 33 mètres de haut qui sont le symbole de la ville. Ces cheminées sont celles des cuisines du palais et elles sont effectivement impressionnantes !

Je vous ai même préparé une petite vidéo pour vous donner une meilleure idée de la grandeur de ces cheminées car on ne s’en rend pas bien compte sur les photographies :

Le Palais National de Sintra et ses milles vies

Le palais est très ancien puisqu’il est fondé au Xème siècle, alors que le Portugal se trouve sous domination arabe. Il servira d’abord de résidence au gouvernement maure puis sera habité par les rois portugais durant près de huit siècles. Cela explique les différents styles architecturaux et décoratifs qu’on peut y admirer. Décidément, voilà une des caractéristiques des palais de Sintra : le mélange des genres, tout-à-fait réussi à chaque fois, par ailleurs.

Contrairement à ce que vous pouviez voir sur les premières photos que j’ai postées du lieu, quand nous sommes allés à Sintra, le temps était beaucoup (BEAUCOUP !) plus brumeux et particulièrement humide. Mon panorama, ci-dessus, suffit à vous en donner un petit aperçu. C’était comme si cette atmosphère pénétrait jusqu’entre les murs du palais. Comme si le brouillard était si épais que les murs ne pouvaient l’empêcher de passer, qu’il se faufilait partout. Du coup, la plupart de mes photos sont bizarrement floues à ce moment-là de la journée : pas parce que je bougeais en les prenant mais parce que je n’arrivais simplement pas à faire mieux. C’était assez perturbant.

 

Les trésors cachés du Palais National de Sintra

On pourrait croire que le Palais National de Sintra est moins majestueux que ses voisins. En réalité, c’est seulement qu’il cache bien son jeu !

En effet, au cours de la visite, deux pièces se détachent vraiment du lot. La première est la salle des blasons. Une salle immense que l’on ne s’attend pas à découvrir après avoir traversé plusieurs salles de tailles plus modestes. Son plafond à caissons, couvert de blasons, est superbe. Mais c’est surtout le contraste avec les azulejos bleus, qui ornent les murs, qui fait toute la splendeur de cette salle. Elle fut difficile à photographier alors certaines des photographies que je vous propose de découvrir ne sont pas de moi. En revanche, j’ai tâché de la filmer pour vous donner une idée de sa taille.

La seconde « pièce » est un peu particulière. Il s’agit, en fait, d’une salle d’eau. Elle a tout de la salle de thalasso moderne puisque des jets d’eau sortaient des murs pour « masser » ses utilisateurs. Mais elle est bien plus belle avec ses magnifiques faïences bleues dont les scènes font très françaises avec leur style rococo.

Conclusion

Vous l’aurez compris, visiter Sintra, c’est d’abord s’armer d’une bonne paire de chaussures et ne pas espérer pouvoir tout voir en un jour. J’espère sincèrement que j’aurai la chance, un jour, d’y retourner pour voir tout ce que nous avons pu manquer. Les jardins, les autres palais et les secrets que doit encore abriter cette ville, en dehors de ses sentiers touristiques. J’aurais adoré voir le Palais de Monserrate, par exemple, et ses jardins qu’on dit magnifiques. Ou alors jusqu’à la mer pour voir les falaises qui bordent Sintra.

J’espère surtout que cette escale bloguesque vous aura plu. N’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ! Et si vous avez raté l’article précédent, je vous remets le lien juste ici, là, vous pouvez cliquez, bim, bam, boum.

Enfin, si vous voulez découvrir encore plus de choses sur Lisbonne et notre séjour là-bas, vous pouvez vous rendre sur mon compte Instagram où j’essaye de résumer ces quelques jours magiques en sélectionnant mes photos préférées.


Sources :

Visite de Sintra : attractions et choses à voir
Palais national de Sintra — Wikipédia
Palais national de Pena — Wikipédia
Sintra : Romantisme au Palais de Pena
Nos Racines sur 4 Continents « Le Palais national de Sintra, un château médiéval emblématique »
Miles and Love « A la découverte des palais de Sintra »

Sintra : Un autre monde en plein Portugal

Je rentre d’un séjour au Portugal avec mon amoureux durant lequel nous avons fait de très jolies découvertes.
Parmi elles, la magnifique ville de Sintra et, surtout, ses superbes palais. Je vous invite donc à découvrir cette ville portugaise, exceptionnellement en deux articles. C’est parti pour la visite guidée !

Sommaire de l’article :

  1. Sintra, c’est où, c’est quoi ?
  2. Que voir à Sintra ?
  3. Quinta da Regaleira : mon coup de coeur de Sintra
    1. Histoire de la Quinta da Regaleira
    2. Les Folies de la Quinta da Regaleira et son style Manuélin
  4. A suivre !

Suite de l’article : Direction le Palais de Pena et le Palais National de Sintra !

Sintra, c’est où, c’est quoi ?

Sintra est une ville portugaise située non loin de Lisbonne. Elle est classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco. On y accède facilement en train depuis la Capitale. Elle regroupe un certain nombre de palais que nous n’avons pas tous pu visiter et qui furent construits par la noblesse de Sintra, sur les collines de la ville. Des collines qu’il vaut mieux ne pas avoir peur de gravir à moins d’avoir prévu un peu de sous pour les tuk-tuk, bus et autres taxis. Car ça monte ! Ca monte beaucoup ! Et sur un certain nombre de kilomètres.

Le jour où nous nous y sommes rendus, le temps était peu clément et c’est pourtant ce qui a fait tout le charme de notre visite ! En partant de Lisbonne, ce matin-là, c’était grosse chaleur et grand soleil ; à notre arrivée sur place, brouillard très épais, température avoisinant les 20 degrés et une humidité tellement forte que la brume perlait en gouttes de pluie sur nos bras. A priori, pas l’idéal pour un séjour au Portugal, et pourtant ! Ce brouillard nous a donné l’occasion de découvrir Sintra sous de faux airs d’Amazonie. Les palais et l’épaisse faune environnante semblaient flotter dans les nuages, comme dans un autre pays, un autre espace-temps.

N’hésitez pas à cliquer sur les images pour les agrandir.

Que voir à Sintra ?

Soyons clairs : une journée, c’est beaucoup trop peu pour une ville comme Sintra. C’est malgré tout faisable, à condition de faire des choix. En ce qui nous concerne, nous avons pu visiter trois palais au cours de notre escale (en prenant notre temps parce que je suis passionnée d’art mais pas de marche sportive) : le Palais National de Sintra, le Palais de Pena (Palacio da Pena) et le Palais de la Regaleira (Quinta da Regaleira).

Mais Sintra abrite aussi le Château des Maures (Castelo dos Mouros) ou le Palais de Monserrate. Ainsi que des parcs magnifiques et ce jusqu’à la mer, donnant sur un cap d’immenses falaises.

Autant vous dire que pour tout voir, il faut plus d’une journée. Et plus encore pour tout bien voir.

Cet article sera consacré essentiellement au palais que j’ai préféré durant cette visite : la Quinta da Regaleira. L’article suivant sera consacré aux deux autres palais que nous avons visités et qui sont tout aussi magnifiques !

Quinta da Regaleira : mon coup de cœur de Sintra

Le Palais de la Regaleira est de loin celui que j’ai préféré, lors de cette escapade. Il n’était pas aussi grand que les autres (il paraît même bien petit par rapport aux 4 hectares de terrain qui l’entourent !) mais il était d’un romantisme fou ! La Quinta da Regaleira est de loin le palais de Sintra à l’allure la plus mystérieuse et fascinante. Et avec l’ambiance brumeuse que nous avions ce jour-là, nous avons pu en prendre toute la mesure.

Le palais est entouré d’un jardin gigantesque que nous avons passé un long moment à arpenter. On y trouve des grottes, des fontaines et des fleurs et arbres magnifiques, toutes sortes de Folies (= éléments d’architecture construits dans le but de s’intégrer à un jardin) qui, dans le cas présent, portent bien leur nom. Tout ou presque est recouvert d’une mousse épaisse qui donne l’impression de se trouver dans un palais laissé à l’abandon (ce qui est loin d’être le cas) et ajoute à l’aura du lieu. Cette mousse omniprésente, recouvrant les pierres, l’eau des fontaines, les sentiers et la présence du brouillard ce jour-là, donnent l’impression d’un décor de cinéma fantastique ou d’horreur, hanté par quelque entité mystérieuse.

La carte permet de se rendre compte de la grandeur des jardins par rapport au Palais seul :

Carte de la Quinta da Regaleira.
Carte de la Quinta da Regaleira.
Le portail des Gardiens, dans le jardin du Palais, est l'une des Folies du domaine. Elle donne sur l'entrée d'une grotte conduisant au Puits Initiatique.
Le portail des Gardiens, dans le jardin du Palais, est l’une des Folies du domaine. Elle donne sur l’entrée d’une grotte conduisant au Puits Initiatique.
Le portail des Gardiens, dans le jardin du Palais, est l'une des Folies du domaine. Elle donne sur l'entrée d'une grotte conduisant au Puit Initiatique.
Le portail des Gardiens, dans le jardin du Palais, est l’une des Folies du domaine. Elle donne sur l’entrée d’une grotte conduisant au Puit Initiatique.

Histoire de la Quinta da Regaleira

Pourtant, le palais tel qu’on le connaît aujourd’hui n’est pas si ancien qu’il en a l’air. Si l’on trouve des traces d’une demeure construite à cet emplacement dès le XVIIème siècle (vers 1697), il faut attendre 1840 et le rachat par la Baronne de la Regaleira pour que la propriété devienne une élégante maison de vacances, composée d’une maison et d’une chapelle. C’est également à ce moment que le domaine acquiert son nom actuel.

Chapelle actuelle qui se trouve non loin du Palais, dans les jardins.
Chapelle actuelle qui se trouve non loin du Palais, dans les jardins.

Au XIXème siècle, Quinta da Regaleira voit se succéder d’autres propriétaires. C’est Carvalho Monteiro, aussi connu comme « Monteiro le Millionnaire » (Monteiro dos Milhões) qui reste le plus célèbre d’entre eux. L’homme, né à Rio de Janeiro et héritier d’une immense fortune qu’il va faire fructifier toute sa vie, va transformer sa demeure de Sintra avec l’aide du célèbre architecte portugais, Luigi Manini.

Les Folies de la Quinta da Regaleira et son style Manuélin

Au cœur des jardins se trouve la principale « attraction » du lieu : le puits initiatique (poço iniciático). Il s’agit d’une tour souterraine de 27 mètres de profondeur, composée d’un escalier en spirale. L’escalier est composé de neuf paliers qui, pense-t-on, sont une évocation des neuf cercles de l’Enfer, du Paradis et du Purgatoire, issus de la Divine Comédie de Dante. Cette Folie monumentale est en effet pleines d’associations ésotériques et alchimiques qui rendent le lieu encore plus intrigant qu’il ne l’est déjà de prime abord. Au fond du puits se trouve encastrée une rose des vents de marbre à huit pointes, disposée sur une croix des Templiers. Quant à la tour elle-même et son escalier, ils sont censés mener symboliquement de la terre, lieu de naissance et de mort, au Paradis.

Je peux vous assurer, en tout cas, que c’est très impressionnant !

On doit cette iconographie mystérieuse, qui ponctue l’ensemble du domaine de la Regaleira, à Carvalho Monteiro qui était un bibliophile et un collectionneur passionné. C’est sans doute aussi pour cette raison que les différents bâtiments qui composent l’ensemble, empruntent tant au style Manuélin. Un style architectural et artistique que ne pouvait ignorer un esthète tel que Monteiro et qui était représentatif du règne de Manuel 1er du Portugal, au XVème siècle. A l’époque, le pays était une immense puissance mondiale et son ouverture sur le monde donna lieu à un mélange des cultures tout-à-fait merveilleux.  Le style Manuélin emprunte au gothique flamboyant autant qu’à l’art mauresque, multipliant les motifs décoratifs liés aux grandes découvertes maritimes du pays (coquillages, coraux, vagues, poissons, ancres, instruments de navigations…). Ce style est particulièrement bien représenté à Belém, autre ville proche de Lisbonne que nous avons pu visiter : la tour de Belém mais également le Monastère des Hiéronymites sont des exemples d’époque du style Manuélin.

Petit détour par la Tour de Belém pour vous montrer à quoi peut ressembler le style Manuélin.
Petit détour par la Tour de Belém pour vous montrer à quoi peut ressembler le style Manuélin.
Partie du Monastère des Hiéronymites qui abrite le Musée de la Marine, que nous avons pu visiter et qui est une vraie petite merveille !
Partie du Monastère des Hiéronymites qui abrite le Musée de la Marine, que nous avons pu visiter et qui est une vraie petite merveille !

A suivre !

Pfiou ! Il me reste deux palais à vous faire découvrir dans la magnifique ville de Sintra alors on va faire une pause ici et se retrouver dans un second article. Je ne voudrais pas que vous vous essouffliez en cours de route !

Vous vous sentez prêts ? Le second article est ici et n’attend que vous ! Je vous emmène cette fois au palais de Pena et au palais de Sintra. Deux autres lieux ô combien magnifiques et, surtout, de vrais symboles de la ville. Et, sans vouloir vous spoiler : ils sont complètement différents de la Regaleira.

Vous pouvez aussi retrouver nos aventures lisboètes (nom des habitants de Lisbonne) sur mon compte Instagram. J’essaye de sélectionner mes photos préférées histoire de vous résumer un peu notre séjour. J’espère que mes prises de vues vous plairont. En tout cas, si vous aimez les fleurs et le street art, vous serez sans doute ravis ! Sinon… Sinon vous pouvez toujours laisser un commentaire sous cet article pour me faire plaisir !


Sources :

Fundação Cultursintra FP Quinta da Regaleira
Un sac sur e dos « L’énigme de Sintra : Quinta da Regaleira (attention spoilers !) »
Os Viajantes « Meet the Quinta da Regaleira, Sintra, Portugal »
Bonjour Lisbonne « Quinta da Regaleira à Sintra: le guide complet »
Jardins Merveilleux « Quinta da Regaleira – Sintra »
Wikipédia : Palais de la Regaleira
Wikipédia : Puits initiatique du palais de la Regaleira

La Tram’ du temps : Une machine à remonter dans le temps à Nantes

Fin mai, mon amoureux et moi avons passé quelques jours à Nantes, loin des soucis quotidiens.
Il y aurait tant à dire ! (J’ai enfin vu les Machines de L’île de Nantes !!!! #Jai8Ans #CestNoël)
Mais j’ai choisi de vous parler de l’étonnante exposition ponctuant les arrêts de tram de la ville jusqu’au 31 août. Un beau projet d’art public urbain, à la fois éducatif et artistique, mêlant sciences et histoire de façon ludique. Bref, plein de sciences humaines mêlées au cœur d’une installation artistique, tout ce que j’aime !

Un des arrêts de tram de la ville de Nantes. Chaque arrêt est un retour en arrière dans le temps, jusqu’à l’apparition de la vie sur terre. Non seulement, l’arrêt prend les couleurs de époque qu’elle illustre (ici, vous vous en doutez, nous étions à l’époque des dinosaures) mais, en plus, on peut entendre la date à laquelle on va s’arrêter quand nous sommes dans les trams ou les bus qui desservent l’arrêt. Très bonne idée pour se cultiver sans s’en rendre compte, de façon ludique et sans avoir besoin de trouver le temps d’aller au musée. En plus, le résultat visuel dépote ! Et ça, nous le devons à l’artiste @delphinevaute. Plus d’informations dans un nouvel article sur mon blog, Studinano (www.studinano.com) bientôt ! #Nantes #France #travelgram #holidays #art #trip #voyage #travel #vacances #skeleton #fossil #tram #travelpics #street #streetart #museum #musée #HistoireNaturelle #NaturalHistory #fossile

Une publication partagée par 🌟 Studinano 🌟 (@studinanoshou) le

Une machine à remonter le temps au cœur de la cité des Ducs de Bretagne

C’est l’image de ce tricératops, dont j’ai croisé le regard à un arrêt de tramway de la ville de Nantes qui a d’abord attisé ma curiosité. J’ai d’abord pensé que c’était un joli décor pour un arrêt de tram. Mais c’est en m’approchant que j’ai compris de quoi il s’agissait vraiment : une installation culturelle sur la préhistoire (au sens large) ponctuant les différents arrêts de tram de la ville.

Tombée sous le charme de ce tricératops, je l’ai photographié en me promettant de vous parler de lui (voir ci-dessus) et l’on peut même apercevoir un bout de l’ancienne usine LU derrière lui.

Bref, au cours de notre séjour à Nantes, mon amoureux et moi avons pris plusieurs fois le tram et le bus. C’est ainsi que nous avons découvert que, non seulement, l’installation prenait place aux arrêts du tram mais aussi dans les transports eux-mêmes : à chaque arrêt de la ligne, un message sonore nous indiquait où nous arrivions ainsi que l’époque à laquelle nous étions censés débarquer, -240 millions d’années, -180 millions d’années,… Jusqu’au présent et même le futur.

Illustration de Delphine Vaute pour La Tram' du temps.
Illustration de Delphine Vaute pour La Tram’ du temps.
Carte de l'installation La Tram' du temps, montrant les différents arrêt du tram ainsi que l'époque où ils nous permettent de nous "arrêter".
Carte de l’installation La Tram’ du temps, montrant les différents arrêt du tram ainsi que l’époque où ils nous permettent de nous « arrêter ».

Quand le tram devient la trame

L’initiateur du projet est Maxime Labat, membre de l’association Le Labo des savoirs. Quant aux magnifiques dessins qui ponctuent la « visite », nous les devons à Delphine Vaute.

Ce projet artistique et culturel a été intitulé La Tram’ du temps. Jeu de mot entre les mots « tramway » et « trame » qui évoque le fil rouge que trace l’exposition dans la ville de Nantes.

On parle de voyage dans le temps et vous pensiez que je n'allais pas faire un clin d'oeil à Doctor Who quelque part dans cet article ? Allons(-y) !
On parle de voyage dans le temps et vous pensiez que je n’allais pas faire un clin d’oeil à Doctor Who quelque part dans cet article ? Allons(-y) !

C’est effectivement un voyage dans le temps qui nous est proposé, à travers lequel nous partons à la découverte de périodes très lointaines de la vie de notre planète. Trias, Crétacé… Des périodes qui ont parfois duré plus longtemps que la nôtre (l’Anthropocène) et que nous connaissons pourtant mal, le plus souvent. La ligne de tramway devient une frise chronologique sur laquelle on est invités à voyager.

« Si vous mettiez l’histoire de la vie sur Terre à l’échelle de la ville de Nantes – même pas depuis son apparition il y a plus de 3,5 milliards d’années, disons… depuis l’explosion de la vie au cambrien, il y a 540 millions d’années – , on pourrait partir de la Gare Maritime, à l’ouest côté mer, jusqu’à la Gare SNCF côté est, vers les terres. A chaque pas, vous parcourriez 200 000 ans.

A ce rythme vous pourrez marcher une bonne demi heure, 2 700m pour parcourir 540 millions d’années.

Rendez-vous compte du gigantisme de l’histoire de la vie sur Terre. Rendez-vous compte du temps qu’il a fallu à la lente dérive génétique des populations végétales et animales pour nous léguer la diversité fascinante de la biosphère actuelle.

Pour ne pas se faire peur, nous jetons tout cela sous un voile pudique, sous un mot : « Préhistoire ».
Si nous pouvions remonter le temps, nous verrions à quelle point la terre a changé. La carte du monde, le climat, les paysages, la composition de l’aire, la Terre a connu 1000 vies. »

Source : Le Labo des savoirs, « La Tram’ du temps #1 : tour du monde en 540 millions d’années »

La médiathèque Jacques Demy (où sont visibles les dessins originaux de Delphine Vaute, gratuitement), la Manufacture / Maison Fumetti et le Muséum d’Histoire Naturelle sont partenaires du projet. Ces différents lieux donnent aussi à voir des parties de l’exposition, en lien avec La Tram’ du temps. Sur ces trois lieux, mon amoureux et moi avons visité le Muséum d’Histoire Naturelle. Vous pouvez retrouver quelques photos de notre visite sur mon compte Instagram :

A quoi ça sert ? Est-ce vraiment utile ?

Quand la vulgarisation scientifique descend jusque dans la rue, dans des lieux que nous fréquentons chaque jour, on peut espérer qu’elle touche un public plus large que lorsqu’elle reste confinée dans les musées et autres lieux d’exposition.
Toutefois, on peut légitimement se demander si cela fonctionne vraiment. L’exposition aurait-elle attiré mon regard si j’étais une habituée de Nantes ? Ou si je n’avais pas une formation artistique ? De fait, nombre d’œuvres d’art public urbain sont parfaitement invisibles aux yeux du public. Qui parmi vous n’est jamais passé aux pieds d’une sculpture sans même la voir ? C’est ce qui fait parfois dire aux mauvaises langues que les monuments publics et autres expositions de ce genre sont inutiles, de l’argent jeté par les fenêtres… (En général, comme Léodagan, je réponds « merde », ça colle à peu près avec tout… et aussi à ce type de mauvaises langues. Après, c’est vous qui voyez.)

On pourrait disserter des heures sur le sujet. Allez savoir si ça ne fera pas un jour l’objet d’un article sur Studinano… Pour l’instant, revenons-en à nos moutons.

Dans le cas de La Tram’ du temps, l’idée d’avoir vraiment intégré l’exposition aux transports de la ville est, selon moi, ce qui fait qu’elle a toutes les chances de fonctionner (comprenez d’être visible d’un maximum de personnes, ce qui n’est d’ailleurs pas toujours le but recherché par une œuvre d’art public). En effet, ce qui a d’abord attiré notre attention de touristes, c’est que chaque fois que nous descendions près d’un arrêt de tram (que ce soit en bus ou en tram), les indications sonores nous donnaient non seulement le nom de notre arrêt mais aussi une mystérieuse indication temporelle comme, par exemple « -440 millions d’années ». De quoi nous intriguer.

Néanmoins, l’art public urbain n’a pas vocation à vous contraindre (la plupart du temps, car il existe toujours des exceptions, bien entendu). Vous avez autant la liberté d’ignorer l’exposition que d’y prêter attention. L’idée n’est pas de déranger vos habitudes ou votre rapport à l’espace public mais de vous amener à poser un regard différent sur ce qui vous entoure. En l’occurrence, La Tram’ du temps vous invite à imaginer à quoi pouvait ressembler le territoire de Nantes à des époques extrêmement lointaines, très différentes de la nôtre.  Ainsi, le tramway se transforme en machine à voyager dans le temps et nourrit votre imaginaire autant que votre culture.

Illustration de Delphine Vaute pour La Tram' du temps.
Illustration de Delphine Vaute pour La Tram’ du temps.

Et pour prolonger la tram’ ?

Heureusement, nous vivons une époque où, non seulement, nous pouvons apprendre des choses en prenant le tram mais aussi, quand notre ville n’a pas d’aussi bonnes idées, en quelques clics sur internet.

Léo Grasset, créateur de la chaine Dirty Biology, est titulaire d'une licence en biologie des organismes et écosystèmes, d'un master en biologie évolutive et d'un diplôme d'études supérieures universitaires (DESU). Parce que vulgarisation scientifique ne rime pas avec méconnaissance, bien au contraire !
Léo Grasset, créateur de la chaine Dirty Biology, est titulaire d’une licence en biologie des organismes et écosystèmes, d’un master en biologie évolutive et d’un diplôme d’études supérieures universitaires (DESU). Parce que vulgarisation scientifique ne rime pas avec méconnaissance, bien au contraire !

En effet, des chaines de vulgarisation scientifique, il en existe des tas sur Youtube ! Pour rester dans le thème, si vous souhaitez en apprendre davantage sur la biologie en général, je vous conseille de vous rendre sur la chaine de Dirty Biology.   Vous y apprendrez notamment que vous feriez de bien beaux enfants avec vos cousins ou à quoi sert un pénis dans le règne animal. Stupide, vous pensez ? Ne vous fiez pas aux apparences et vous apprendrez des tas de choses tout en vous marrant bien.

Pour conclure, la seule ombre au tableau dans tout cela est que vous ne pourrez voir La Tram’ du temps que jusqu’au 31 août. En effet, l’exposition est éphémère. Et ça, c’est quand même bien dommage.


Cet article vous a plu ? (Ou non ?) N’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous pour me le faire savoir !


Sources :
Page Facebook du projet La Tram’ du temps
La Tram’ du temps sur le site Le Voyage à Nantes
Le Labo des savoirs
Site officiel de Delphine Vaute
Article France 3 Région sur La Tram’ du temps
Page Wikipédia sur Léo Grasset

Charging Bull, Fearless Girl et Pissing Pug : Artception à Wall Street

Pour mon grand retour sur Studinano, après des mois plutôt… difficiles à surmonter, dirons-nous, j’ai décidé de vous parler d’une histoire artistique très actuelle et dont les rebondissements ne semblent pas s’arrêter, de mois en mois.

Nous partons pour New-York. Dans le quartier des affaires de Manhattan (rappelons au passage aux bacheliers de ne pas faire la même erreur que l’an dernier si, éventuellement, le nom de ce quartier apparaissait encore en pleine épreuve d’anglais : OUI C’EST À NEW-YORK ET OUI NEW-YORK EST AUX ÉTATS-UNIS ). Plus précisément encore, nous nous rendons tout près de la bourse de New-York, à Wall Street.

Charging Bull : Le taureau de Wall-Street

Dans ce quartier pour le moins connoté, se trouve, depuis 1989, une œuvre de l’artiste Arturo Di Modica : Charging Bull. Aussi surnommé « le taureau de Wall Street ». Il s’agit d’une sculpture en bronze d’un (je vous le donne en mille) taureau assez imposant étant en train de se préparer à charger.

Le Taureau de Wall Street (Charging Bull), Arturo Di Modica, Sculpture en bronze, 3,4 m x 4,9 m, 1989, Bowling Green, Broadway & Morris St, New York, NY 10004, États-Unis.
Le Taureau de Wall Street (Charging Bull), Arturo Di Modica, Sculpture en bronze, 3,4 m x 4,9 m, 1989, Bowling Green, Broadway & Morris St, New York, NY 10004, États-Unis.
Le Taureau de Wall Street (Charging Bull), Arturo Di Modica, Sculpture en bronze, 3,4 m x 4,9 m, 1989, Bowling Green, Broadway & Morris St, New York, NY 10004, États-Unis.
Le Taureau de Wall Street (Charging Bull), Arturo Di Modica, Sculpture en bronze, 3,4 m x 4,9 m, 1989, Bowling Green, Broadway & Morris St, New York, NY 10004, États-Unis.
We Can Do It ! J. Howard Miller pour Westinghouse Electric, 1943, affiche de propagande américaine.
We Can Do It ! J. Howard Miller pour Westinghouse Electric, 1943, affiche de propagande américaine.

Cette œuvre a la particularité de ne pas être une commande de la ville, ni d’aucun organisme ou mécène particulier. C’est l’artiste qui, en 1989, a fait « livrer » l’œuvre sous un sapin de Noël, devant la bourse de New-York. C’était peu après le krach boursier de 1987 (qui a donné lieu au Black Monday) et il s’agissait, en quelque sorte, d’un cadeau aux habitants de la ville, célébrant leur esprit « can-do » (WE CAN DO IT § Ca vous dit forcément quelque chose, la dame en bandana, qui remonte fièrement sa manche avec l’air déterminé, tout ça, tout ça, je vous la mets sur le côté parce que je suis très gentille et on y reviendra plus tard). Bref, leur esprit « on peut » ou « nous pouvons » le faire (je vous épargne la conjugaison complète du verbe même si, à nouveau, j’ai une pensée pour les futurs bacheliers qui, par malheur, passeraient par ici en ces jours sombres… sortez un Bescherelle, bordel.) (On va croire que j’ai un truc contre les bacheliers mais, ne vous formalisez pas, c’est juste thématique, hein, en vrai : bon courage les gars \o/ YOU CAN DO IT § Comme ça, c’est doublement thématique.) (Et ça suffit, les parenthèses qui se succèdent, merde).

Arturo Di Modica posant près de son taureau.
Arturo Di Modica posant près de son taureau.

Pour l’artiste, ce taureau représente la force et le courage. Il est censé être un symbole pour New-York, ses habitants et ses visiteurs : vous pouvez le faire, vous pouvez réussir parce que vous êtes forts et courageux, et non pas parce que vous avez ou non de l’argent ! Car n’oublions pas qu’initialement, le taureau avait été déposé par Arturo Di Modica juste devant la bourse de New-York.

Bref, une œuvre comme on les aime. Pleine de bons sentiments et d’American Dream (encore que, j’admets, ce taureau a quand même une certaine gueule).

Mais tout cela a bien changé ! Les années ont passé et même si l’œuvre est devenue une véritable attraction touristique dans le quartier, on peut dire que son sens originel s’est un peu perdu en chemin. Beaucoup voient aujourd’hui dans ce taureau le symbole de l’argent, du système capitaliste, prêt à foncer et à écraser tout ce qui se dresserait sur son passage. Disons qu’il ne plaît plus forcément à la même population qu’au départ, vous voyez ?

Le Taureau de Wall Street (Charging Bull), Arturo Di Modica, Sculpture en bronze, 3,4 m x 4,9 m, 1989, Bowling Green, Broadway & Morris St, New York, NY 10004, États-Unis.
Le Taureau de Wall Street (Charging Bull), Arturo Di Modica, Sculpture en bronze, 3,4 m x 4,9 m, 1989, Bowling Green, Broadway & Morris St, New York, NY 10004, États-Unis.

Notons quand même que le taureau représente alors déjà l’économie qui remonte, qui repart à la hausse. Il est déposé par l’artiste après l’un des plus importants krachs boursiers qu’ait connu le pays. En 1989, les choses sont rentrées dans l’ordre et ce taureau chargeant, du bas vers le haut, représente bien ce mouvement ascendant, cette amélioration. De plus,  à l’origine, le mot « bullish » en anglais signifie « hausse de la bourse ». Bull, bullish, de là à y voir un lien, il n’y a qu’un pas.

C’est dans ce contexte qu’en mars 2017, les new-yorkais ont la surprise de découvrir qu’une nouvelle statue a pris place juste en face de leur cher taureau. C’est une petite fille qui se dresse fièrement devant l’énorme animal. Elle a les mains sur les hanches et semble le défier du regard. On surnomme rapidement cette sculpture la Fearless Girl (la fille sans peur). Et c’est là que les ennuis commencent !

Fearless Girl, Kristen Visbal pour la State Street Global Advisors, Sculpture en bronze, 121, 92 cm de haut, 2017, Bowling Green, Broadway & Morris St, New York, NY 10004, États-Unis.
Fearless Girl, Kristen Visbal pour la State Street Global Advisors, Sculpture en bronze, 121, 92 cm de haut, 2017, Bowling Green, Broadway & Morris St, New York, NY 10004, États-Unis.

Fearless Girl : Une femme pour les contrôler tous !

La Fearless Girl est une oeuvre de Kristen Visbal. Contrairement à l’œuvre de Arturo Di Modica, il s’agit d’une commande. Et pas de n’importe qui ! De la State Street Global Advisors (SSgA). Une firme qui fait dans l’investissement. Une firme dans la pure veine de Wall-Street, donc.

On est bien loin du message initial censé être porté par l’œuvre de Arturo Di Modica : vous pouvez tous réussir, même sans argent !… Mais, quand même, investir, c’est bien pour devenir encore plus riche, c’est-à-dire réussir encore plus (comment ça, réussir c’est pas forcément être riche ? Allons dont ! Petits bisounours !) et ça fait tourner l’économie pour faire encore plus de super riches (et de super pauvres). Non, le sens initial de Charging Bull a été zappé avec le temps.

Fearless Girl, Kristen Visbal pour la State Street Global Advisors, Sculpture en bronze, 121, 92 cm de haut, 2017, Bowling Green, Broadway & Morris St, New York, NY 10004, États-Unis.
Fearless Girl, Kristen Visbal pour la State Street Global Advisors, Sculpture en bronze, 121, 92 cm de haut, 2017, Bowling Green, Broadway & Morris St, New York, NY 10004, États-Unis.
Fearless Girl, Kristen Visbal pour la State Street Global Advisors, Sculpture en bronze, 121, 92 cm de haut, 2017, Bowling Green, Broadway & Morris St, New York, NY 10004, États-Unis.
Fearless Girl, Kristen Visbal pour la State Street Global Advisors, Sculpture en bronze, 121, 92 cm de haut, 2017, Bowling Green, Broadway & Morris St, New York, NY 10004, États-Unis.

Contre toute attente (la mienne, en tout cas), la Fearless Girl devient, aux yeux du grand public, le symbole de la femme forte, se dressant sans peur devant le grand méchant taureau qui, vous l’aurez compris, a désormais tout du symbole capitalo-patriarcal (« l’homme blanc riche » pour ceux qui n’ont pas encore le dico des tendances linguistiques de 2017). Ca ne vous rappelle rien ? La nana forte de l’affiche « We can do it », un peu plus haut ? Tiens, tiens… Le message semble glisser d’une œuvre à l’autre. C’est super bien joué de la part de la Fearless Girl.

Résumons. Les gens voient désormais une petite fille qui se dresse sans peur face au taureau, représentation de l’homme viril, colérique, sans aucune finesse. Girl power ! La Fearless Girl devient un symbole féministe et, plus encore, un symbole humaniste : l’enfant, autrement dit les générations futures, renverseront tôt ou tard le système capitaliste, et la société qui l’accompagne, car ils n’en ont pas peur.

Mais que fait-on de ce pourquoi les artistes ont, respectivement, fait ces œuvres au départ ? Arturo Di Modica n’a jamais dit que son taureau était un symbole du capitalisme triomphant. Encore moins de l’homme blanc viril, sans peur et sans reproche. Quant à Kristen Visbal, elle a réalisé cette petite fille pour répondre à la commande d’une firme capitaliste. Pis encore ! Sa sculpture était initialement accompagné d’un cartel qui disait : « Know the power of women in leadership. SHE makes a difference » (« Voyez le pouvoir des femmes dans le leadership. ELLES font la différence »). On pourrait croire, de prime abord, que SHE (elle en anglais) est en majuscule parce que ce mot est important dans la phrase et parce que l’on insiste sur l’importance des femmes. Que du bon, donc ! Sauf que SHE désigne aussi le code mnémonique (code, souvent formé de trois lettres,  permettant de désigner rapidement une action en bourse) de la firme State Street Global Advisors (SSgA), qui a passé commande de la statue afin de promouvoir son fonds indiciel. Alors, qui fait la différence ? She ou SHE ? Les femmes ou la firme SSgA ?

Comme par hasard, la plaque est retirée.

La plaque est là en mars... Elle n'est plus là en mai.
La plaque est là en mars… Elle n’est plus là en mai.

Et là, vous vous dites : BIM ! Le château de cartes s’écroule. La Fearless Girl perd toute crédibilité. Et on la retire pour laisser tranquille ce pauvre taureau.
Sauf que non. Parce que tandis que Big Flo et Oli chantent « Personne n’écoute les paroles » dans leur dernier clip (à écouter et à voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=ib_DmsyXBVA), j’ajouterai aussi que personne ne lit jamais rien avant de se lancer corps et âme sur Facebook ou Twitter pour lancer la réputation d’une chose ou d’une autre (j’avoue, ça rallonge un peu le refrain de la chanson…).
La Fearless Girl est toujours considérée, pour l’instant, comme un chouette symbole féministe et anti-capitaliste. Mieux encore, nombreux sont ceux qui considèrent qu’elle a besoin du Charging Bull pour exister car si on les sépare, le message porté n’a plus aucun sens (même si, en fait, il n’en a déjà pas… après Inception : Artception ! Des oeuvres d’art dans des oeuvres d’art et des messages artistiques dans des messages artistiques et, au final, un joyeux bordel pour savoir si cette foutue toupie se casse la gueule ou pas, à la fin du film, ce qui ne serait pas arrivé avec un hand spinner, qu’on se le dise).

MAIS ! Mais ! Mais. L’histoire ne serait pas croustillante à souhait si elle s’arrêtait là.

Pissing Pug : La pièce manquante ?

Le 30 mai dernier, c’est un troisième artiste qui vient mettre son grain de sel dans la controverse. Alex Gardega installe, ce jour-là, une troisième sculpture à l’ensemble : un chien (un carlin, soyons précis) venant, littéralement, pisser sur les chaussures de la Fearless Girl. L’artiste explique qu’il l’a volontairement fait très moche, de manière à ridiculiser complètement la fillette. Pour lui, elle dénature l’œuvre originelle (le Charging Bull) et cela constitue une atteinte au droit d’auteur.

La Fearless Girl désormais affublée de son Pissing Pug.
La Fearless Girl désormais affublée de son Pissing Pug.

Alex Gardega explique également que la Fearless Girl est une « absurdité institutionnelle ». En disant cela, on sent bien que c’est bien contre les initiateurs de la commande qu’il s’indigne en plaçant là son chien (déjà surnommé le « Pissing Pug« , soit dit en passant).

Mais c’est évidemment le geste iconoclaste que l’on retient : le Pissing Pug passe pour une attaque contre les femmes, contre le féminisme, contre l’idée qu’une femme pourrait avoir du pouvoir ou ne serait-ce que les mêmes droits et possibilités qu’un homme. Bref, contre tous ces symboles qui se sont attachés, au fil des mois, à la Fearless Girl.
Quant à Alex Gardega, on l’accuse non seulement d’être misogyne mais aussi de taper une colère qui n’a pas lieu d’être, comme un gros gamin (ce qui est rigolo parce qu’on parle de petite fille… et lui, on le taxe de gamin… ahah… je fais ce que je peux avec la dose d’humour qu’on m’a accordée à la naissance, ok !?). Autant vous dire que les insultes fusent sur les réseaux sociaux et jusque dans les médias !

Mais, attendez deux secondes : on parle bien de sculptures, non ? Pas d’une véritable petite fille sur laquelle un homme aurait poussé son chien à faire ses besoins. Pourtant, il est intéressant de constater que la Fearless Girl est devenue intouchable au fil des mois. Et d’aucuns la défendent vraiment comme s’il s’agissait d’une véritable petite fille :

Traduction du tweet : "Voici Alex Gardega, l'homme qui a ajouté "pissing dog" à côté de "Fearless Girl". C'est une oeuvre misogyne, quoi qu'il en dise."
Traduction du tweet : « Voici Alex Gardega, l’homme qui a ajouté « pissing dog » à côté de « Fearless Girl ». C’est une œuvre misogyne, quoi qu’il en dise. »
Traduction du tweet : "Votre acte est le reflet de la haine qui existe en Amérique envers les femmes et les filles. Nous avons le droit d’exister."
Traduction du tweet : « Votre acte est le reflet de la haine qui existe en Amérique envers les femmes et les filles. Nous avons le droit d’exister. »

L’amalgame qui est fait entre l’œuvre et ce qu’elle représente est assez troublant et assez intéressant à la fois. On sent bien que quelque chose se passe autour de la Fearless Girl. Comme si elle était l’œuvre que beaucoup attendaient. Le porte étendard d’une bataille qui s’éternise : la lutte pour les droits des femmes et l’égalité homme-femme.

On le sent bien quand, sous son premier tweet, cette personne ajoute :

Traduction du tweet : "Voyez cette petite fille debout, là. Qu'est-ce que cela lui dit ?"
Traduction du tweet : « Voyez cette petite fille debout, là. Qu’est-ce que cela lui dit ? »

La Fearless Girl est aussi devenue un message d’espoir pour les générations futures : elle représente toutes les futures femmes de demain. Du coup, quand Alex Gardega installe son Pissing Pug, ça passe mal. Très mal. Parce que ce qu’il vise en réalité, les gens l’ignorent totalement. Et il vient s’attaquer à bien plus fort que lui : une œuvre devenue un symbole. Son Pissing Pug ne pisse pas pour le droit d’auteur, il pisse contre les femmes. Et tout ce qu’il dira n’y changera rien parce que c’est ce que tout le monde voit.

Du coup, c’est qui-qui gagne à la fin ?

Toute cette histoire est finalement représentative d’une question très intéressante en Art : qui fait l’œuvre ? C’est l’artiste, me direz-vous. Et, en effet, c’est la plupart du temps l’artiste qui fait matériellement l’œuvre. C’est lui qui la fabrique. Mais qui lui donne son sens ? C’est celui qui la regarde ; celui qui la reçoit. L’œuvre finit toujours par échapper, plus ou moins totalement, à son auteur. Elle prend vit dans le regard de celui qui la découvre, qui l’admire, qui l’expérimente. Et c’est avec notre individualité, notre propre regard sur le monde, que nous donnons du sens à une œuvre – ou non. Tout dépend de notre façon de la recevoir.

Mais, du coup, qui a raison, dans cette histoire ? Est-ce ceux, comme moi, qui se sont penchés sur les histoires de ces œuvres pour connaître les raisons qui ont poussé ces artistes à les réaliser ? Ou est-ce le public, pas forcément au courant de toutes ces controverses, mais qui se fie à ses impressions, ses ressentis face aux œuvres ? Je dirais qu’il y a un peu des deux. Et qu’un peu des deux sont irréconciliables parce que personne ne s’écoute jamais, de toute façon (Big Flo et Oli, le retour, il faut que j’arrête avec cette chanson). Mais aussi, et surtout, parce que ça n’est jamais qu’une question de réception : je reçois une œuvre de telle façon parce que c’est ainsi que je suis. Cela peut être dû à mon éducation, à ma culture, à mes expériences dans la vie, à ce que je sais ou non au moment de voir une œuvre, et même à ce que je ressens au moment précis où je la vois. Si j’ai passé une journée géniale ou une journée pourrie, je ne saluerai pas forcément ma boulangère de la même façon (en fait, si, parce que je suis polie, mais dans ma tête, non).  C’est plus ou moins la même chose pour les œuvres d’art.

C’est plutôt pas mal, d’ailleurs, parce que ça veut dire que votre perception d’une œuvre peut toujours changer ! Alors, si j’étais vous, de temps en temps, j’irai me repencher sur des œuvres que j’ai trouvées inintéressantes, voire complètement nulles, juste pour voir si vous en tirez quelque chose de neuf. Si ça se trouve, vous étiez passés à côté de votre film, de votre livre, de votre artiste préféré sans le savoir ! (Oui, je suis optimiste, parfois.)

Quant à ces trois sculptures, je trouve pour ma part qu’il serait désormais dommage de les séparer. Elle forme un ensemble des plus intéressants. L’avenir nous dira quelle sera la décision de la ville de New-York. Ou, qui sait ? Peut-être qu’une quatrième statue viendra à son tour ruiner le Pissing Pug. Affaire à suivre !


Sources :
Un artiste en colère installe la sculpture d’un chien qui pisse à côté de la Fearless Girl de Wall Street
Arturo Di Modica with His Most Famous Creation — The Charging Bull


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